"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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2012 – Top Ten des films vus en salle

Posted by Axel de Velp sur 8 janvier 2013

De nouveau en ce début d’année, je vais me plier au jeu du Top Ten des films que j’ai vu en salles en 2012 (ne seront donc pas inclus les découvertes en DVD, BR,VOD ou à la télé).

Comme l’année dernière, je vais essayer de commenter mon choix par une ou deux phrases rapides, forcément réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour le film.

1/ Cosmopolis (réal. David Cronenberg)

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Parce que Cronenberg, bien qu’ayant été au top depuis plusieurs années, se surpasse ici, tout en renouant avec de vieux démons, et qu’il donne à Robert Pattinson son premier grand rôle de cinéma…

2/ Después de Lucía (réal. Michel Franco)

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Avec Después…, Franco donne une leçon de cinéma maîtrisé, où rigueur du cadre et des mouvements de caméra se conjuguent à merveille avec une écriture au cordeau et des comédiens habités, sur un sujet pas évident à traiter.

3/ La Chasse (réal. Thomas Vinterberg)

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Mads Mikkelsen nous prouve, avec l’aide de Thomas Vinterberg, quel acteur complet il peut être, dans une histoire sordide où l’innocence n’est pas toujours là où le sens commun bourgeois croit la percevoir…

4/ Les Bêtes du sud sauvage (réal. Benh Zeitlin)

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On ne peut s’empêcher de penser à Malick, même si le film de Benh Zeitlin, quoique très poétique, est bien plus politique qu’il n’y parait, et en ce sens arrive très largement à se démarquer de sa figure tutélaire !

5/ Piazza Fontana (réal. Marco Tullio Giordana)

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Le cinéma italien revient en force depuis quelques années (j’ai failli faire figurer dans ce Top Ten César doit mourir des frères Taviani) et Giordana nous redonne espoir avec ce film intelligent, riche et engagé, d’une qualité de reconstruction historique peu commune au cinéma transalpin.

6/ Moonrise Kingdom (réal. Wes Anderson)

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Wes Anderson reste un de mes cinéastes préférés et chacun de ses films sont des bijoux d’inventivité tant formelle que narrative. Avec Moonrise Kingdom, le cinéaste continue de travailler ses motifs habituels et de nous faire voyager dans des mondes chatoyants et magistralement orchestrés…

7/ La Vie sans principe (réal. Johnnie To)

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Impossible de passer à côté d’un Johnnie To sans en interroger la forme visuelle, mais quand en plus le réalisateur hongkongais double sa maestria habituelle d’une réflexion sur les conséquences à Hong Kong de la crise économique internationale, difficile de ne pas tomber sous le charme !

8/ Ernest et Célestine (réal. Benjamin Renner, Vincent Patar, Stéphane Aubier)

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Avec les « papas » de la série Pic Pic et André, Benjamin Renner propose, avec l’aide de Pennac au scénario, une somptueuse adaptation de l’oeuvre de Gabrielle Vincent. La qualité de l’animation n’a d’égale que la finesse du trait et la douceur des couleurs. On se croirait devant une aquarelle prenant vie à chaque instant.

9/ Dans la maison (réal. François Ozon)

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Même si j’avais apprécié Potiche, je dois avouer que le dernier film de François Ozon m’a surtout fait retrouver le cinéaste tant apprécié de Sous le sable : une écriture réussie, bien qu’adaptée, une mise en scène classique mais d’une très grande efficacité et par dessus tout une direction d’acteurs comme on en aimerait en voir plus souvent dans le cinéma français.

10/ Le Hobbit : un voyage inattendu (réal. Peter Jackson)

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Même si pour certains, cette dixième place sera incompréhensible, Peter Jackson m’a prouvé une fois de plus qu’il était à la fois un très grand cinéaste technicien (chapeau bas à la réalisation), mais aussi un excellent créateur, ou plutôt constructeur (puisque Tolkien est quand même à l’origine de tout cela) d’univers fantastique et imaginaire. J’attends avec impatience les suites à l’hiver 2013 et l’été 2014 et en 3D HFR, of course…!

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Pour revenir rapidement sur la question de la source…

Posted by Axel de Velp sur 7 décembre 2012

C’est après avoir écrit ces trois critiques de manière séparée que je me suis rendu compte de la question commune qu’elles soulevaient : la source d’un film. Si Pakula ou Snyder, à leur manière respective, réussissent à dépasser le matériau de base de leurs films, à proposer une vision de « cinéma » à partir de ce dont ils s’inspirent (qu’il s’agisse aussi de cinéma, le problème n’est pas dans la nature de la source d’ailleurs), c’en est moins le cas pour les trois autres films regroupés dans la critique qui termine cette publication. Et bien que ces trois derniers films ne soient pas foncièrement mauvais (au contraire même, ils sont très regardables), ils font quand même preuve d’une absence flagrante d’intelligence du « cinéma »…

Les Hommes du président

(réal. Alan J. Pakula, 1976 – vu le 31 octobre 2012)

Certainement l’un de mes films cultes sur la politique et le journalisme, le film de Pakula, au-delà de l’histoire captivante qu’il raconte, est aussi une véritable leçon de cinéma. D’abord dans le jeu des comédiens, où Redford et Hoffman exploitent tout leur potentiel d’acteur « classique » américain, épaulés par une ribambelle de seconds rôles campés par des acteurs tous aussi compétents les uns que les autres (Jack Warden, Hal Holbrook, Jason Robards…). Il y a ensuite l’extraordinaire travail d’écriture qui rend parfaitement explicite, sans jamais en simplifier les enjeux, une enquête journalistique particulièrement longue et ardue. Mais ce qui à chaque fois me fascine, est la mise en scène proprement dite, le travail sur le caméra, le cadre et le son. Dans une veine réaliste et classique, Pakula glisse régulièrement de très belles idées de filmage. Il y a une fluidité de la caméra assez inhabituelle qui alterne avec de longs plans fixes qui laissent les acteurs s’exprimer pleinement. Mais la composition du cadre n’est jamais laissé au hasard du jeu des comédiens, au contraire. Il y a d’ailleurs plusieurs plans assez « fous » pour ce type de film : d’un côté du cadre l’on peut voir le visage d’un comédien en premier plan, net, puis lorsque le regard se pose sur le reste du cadre, il y a une zone de flou qui découpe assez bien ce visage des arrières-plans, mais à l’opposé du cadre, il y a un arrière-plan assez lointain qui lui aussi est net. Outre l’exercice technique simple mais toujours agréable à souligner, cette composition particulière du cadre donne tout son sens à l’un des sujets du film : la solitude du journaliste dans son travail d’enquête, mais son appartenance à un univers (celui de sa rédaction) qui le soutient, l’entoure, le porte dans sa quête de la vérité. Le journaliste est un solitaire qui travaille en groupe, aussi étrange que cela puisse paraître. On le voit aussi dans la manière dont « Wood-stein » (contraction amusante du nom des deux protagonistes par le rédacteur en chef du Washington Post) travaillent : chacun avançant seul de son côté sur un élément ou un autre, mais ayant irrémédiablement besoin de l’autre pour que tout fasse sens.

Les hommes du président

Dawn of the Dead

(réal. Zack Snyder, 2004 –  vu le 2 novembre 2012)

Remake du film de Romero, Snyder signe ici une excellente reprise du chef d’œuvre du cinéaste de Night of the Living Dead. Même si le réalisateur de 300 et Sucker Punch, s’éloigne un peu des enjeux politiques qui faisaient tout le sel du film d’origine, Snyder nous en propose une relecture bien plus violente et bien plus dynamique (les années 2000 aidant bien entendu). On peut dire peut-être même plus intime, dans la caractérisation des personnages, en particulier autour de la figure du couple mixte et du bébé à naître. Par ailleurs, le film s’ouvre et se clôture sur deux séquences particulièrement réussies : au début du film, le spectateur est projeté rapidement au cœur des enjeux de survie et de choix cornéliens à faire face aux zombies (celle de la transformation d’une enfant de moins de 10 ans), démarrant comme une simple scène de film d’horreur pour se terminer en vision apocalyptique de la banlieue américaine entourant un grand centre urbain (appuyé par un formidable plan aérien illustrant la chose). A la toute fin du film, au contraire, par le biais du procédé du « found footage », et en particulier avant l’arrivée sur l’île, Snyder revient à un presque huis-clos. Bien que brefs, ces quelques plans ramènent « manu militari » ces mêmes enjeux politiques que le réalisateur avait délaissé dans le reste du film, dont la défiance de l’homme envers l’homme en situation de survie est le plus évident d’entre eux.

dawn of the dead

Twilight – Breaking Dawn – part 1

(réal. Bill Condon, 2011 – vu le 2 novembre 2012)

Twilight – Révélation 2ème partie

(réal. Bill Condon, 2012 – vu le 16 novembre 2012)

Hannibal

(réal. Ridley Scott, 2001 – vu le 5 décembre 2012)

Si l’on ne peut pas dire que Stephenie Meyer soit une auteure particulièrement douée, on ne peut pas lui enlever le fait d’avoir relancer auprès des jeunes les mythes du vampirisme et des loups-garous avec sa quadrilogie Twilight (comme Anne Rice l’avaient fait en son temps avec la série des Lestat, avec peut-être plus de talent que sa jeune consœur). Les différentes adaptations filmiques de ses livres n’ont pas jusqu’ici été particulièrement réussies, même si le lecteur, séduit par les livres (comme moi par exemple), a pu y trouver une vision assez respectueuse (peut-être un peu trop en fait) du matériau d’origine. Avec les deux derniers films de la saga, qui retrace le dernier tome de la romancière, on assiste quand même aux meilleurs épisodes de cette adaptation rigoureuse. Si le cinéaste Bill Condon a une carrière iconoclaste de faiseur correct (plusieurs téléfilms dans les années 90, puis Candyman 2, Dr. Kinsey et Dreamgirls dans les années 2000), on ne peut pas dire que ce soit son approche du film qui le rendent intéressant, il y a même quelques idées assez horribles de réalisation et quelques ratés flagrants par rapport au texte originale. Ce qui donne son charme à cette fin de la saga, ceux sont les choix dans le récit, les enjeux que Meyer dévoilent entre les personnages, les logiques présentes à l’œuvre dès le début de ses livres. Ceux sont les thématiques sur le monde des vampires, tel qu’elle l’a inventé et décrit. Mais à mon sens rien de tout cela n’est le fait du cinéaste et par extension du film lui-même et ni lui ni la proposition filmique qu’il en donne ne viennent les magnifier ou les sublimer. On touche là un des problèmes fondamentaux de l’adaptation au cinéma. Problème que j’ai de nouveau rencontré en visionnant très récemment Hannibal de Ridley Scott. Même situation : excellent thriller comme matériau de base, le film de Scott en est une adaptation correcte mais sans plus. Tout ce qui trouve grâce à mes yeux dans le film est le fait du travail d’Harris et des deux scénaristes du film, excellents eux aussi, Zaillan (Mission Impossible, Gangs of New York, Moneyball…) et Mamet (Le Verdict, Les Incorruptibles, La Prisonnière espagnole, Ronin…). En revanche, rien dans la proposition de mise en scène de Scott ne me convainc vraiment. Au contraire même, les scènes d’actions sont poussives, la violence gore est platement filmée et l’apparition des soi-disant « monstres » comme Mason Verger ou ses horribles porcs de Sardaigne confinent au ridicule dans la manière dont le cinéaste les met en avant (surabondance d’effets de caméra ou de lumière, etc.). Mêmes les comédiens cabotinent, de Hopkins (dont on sent bien que seul le chèque a du le motiver) à Julianne Moore (que j’admire généralement) mais qui ne cherche ici qu’à recréer la Clarice Starling, « inventée » par Jodie Foster, en passant par Ray Liotta, qui rend la scène de fin ridicule alors qu’elle était particulièrement réussie dans le livre. Au final donc le film est intéressant parce que le livre dont il est issue l’était et que son adaptation est correcte. Mais ces exemples sont aussi des exemples d’adaptation ratée à mon sens, car il n’apporte finalement rien ou très peu au matériau d’origine. Ces films ne magnifient pas, ne subliment pas, ne développent pas ce qu’ils proposent de mettre en image. Si je ne suis pas surpris par l’incompétence relative de Bill Condon, je le suis beaucoup plus par celle de Scott, qui avait pourtant su nous donner l’une des meilleures adaptations filmiques de SF qui soit, Blade Runner.

Affiche thaïlandaise

Affiche thaïlandaise 

Affiche japonaise

Affiche japonaise

Affiche polonaise

Affiche polonaise

Autres films vus à cette époque :
Dikkenek (réal. Olivier van Hoofstadt, 2006)

dikkenek

Sinister (réal. Scott Derrickson, 2012)

sinister

The Others (réal. Alejandro Amenabar, 2001)

the others

Baaria (réal. Giuseppe Tornatore, 2009)

baaria

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Les années 60, la drogue et la religion…

Posted by Axel de Velp sur 30 novembre 2012

Cette fois-ci, trois films vous sont proposés et l’on peut dire que si le sujets et les qualités de chacun (ou leurs défauts) divergent, il y a quand même bien un point commun : tous trois font la part belle à l’image et à son esthétisme.

Paperboy

(réal. Lee Daniels, 2012 – vu le 24 octobre 2012)

Troisième film du cinéaste Lee Daniels (Shadowboxer, 2005 et Precious, 2009), Paperboy raconte l’histoire de deux frères qui enquêtent sur un meurtre dans le but d’innocenter l’accusé du crime, alors condamné à la peine de mort. Thriller au scénario attendu et dont on devine assez facilement les rebondissements, le film est sans prétention aucune quant à son intrigue (si ce n’est de n’éviter aucun sujet, jusqu’à l’homosexualité refoulée d’un des personnages). En revanche, l’ambiance délétère des années 60 en Louisiane, sur fond de racisme établi et de revendication pour les droits civiques des noirs-américains, est plutôt bien rendu. La mise en scène est classique mais efficace et la photographie baigne avec justesse les personnages dans leur environnement respectif : la moiteur du Sud, l’humidité stagnante du bayou. Film sans prétention, qui se laisse voir avec plaisir, Paperboy est loin de marquer mais confirme néanmoins les qualités de son cinéaste, en attendant que celui-ci ne s’attaque un jour à un film plus ambitieux, qui lui permettra peut-être de confirmer son véritable talent.

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Les Paradis artificiels

(réal. Marcos Prado, 2012 – vu le 29 octobre 2012)

Bénéficiant d’une diffusion en direct sur Dailymotion juste avant sa sortie en salles, Les Paradis artificiels s’était ainsi attiré les foudres de certains exploitants et avait été retiré d’un nombre de salles non négligeables, en guise de « représailles ». Au-delà de l’épisode économico-politique de sa sortie, le film malheureusement ne représentait pas grand intérêt. L’histoire relativement convenue et racontée en flashback de deux jeunes gens qui se perdent et se retrouvent à quelques années d’écart, avec de la musique techno et de la drogue en ligne de fond, peine à donner au film son intérêt et sa force. Le message moralisateur du film à destination de la jeunesse brésilienne peine aussi à convaincre, en grande partie à cause de « l’hyper esthétisation » du film, qui ne fait rien pour l’ancrer dans une veine réaliste ou naturaliste. Reste pour le film une interprétation correcte des comédiens principaux et surtout une photographie particulièrement réussie qui rend tout à fait hommage aux paysages urbains ou balnéaires du Brésil (mais aussi Amsterdam).

Paraísos-Artificiais

Des hommes et des dieux

(réal. Xavier Beauvois, 2010 – vu le 30 octobre 2012)

J’ai tardé à voir ce film pour plusieurs raisons. L’ayant manqué juste à sa sortie, l’engouement généralisé pour le film m’avait ensuite quelque peu refroidi. Non pas que je puisse être déçu par lui, mais peut-être par les attentes que la bonne presse et l’accueil du public auraient pu faire naître en moi. Par ailleurs, ayant moi-même été en novembre 2010 à Tibhirine, aux portes du monastère (mais n’ayant pas pu y pénétrer), ma soudaine, quoique relative, relation intime au sujet créait bizarrement de la distance avec mon désir de voir le film. J’ai enfin franchi le pas et je dois reconnaître que j’ai été agréablement surpris. Proposant une lecture historique de l’événement assez précise, le film ne tombe jamais pour autant dans un souci profond de réalisme ou de « vérisme ». Sans fournir de point de vue sur la question des auteurs du massacre, Beauvois traite surtout des enjeux qui ont poussé les moines à rester à Tibhirine alors que la guerre civile algérienne faisait rage autour d’eux. Les questions que traitent le film sont nombreuses et profondes : la liberté d’action face à l’oppression, le refus de prendre parti dans une lutte qui ne concerne pas complètement les moines, mais sans jamais perdre de vue leur attachement à la population locale, leur fraternité avec leurs frères musulmans. Tous ces enjeux, les moines les questionnent, les interrogent tout au long du film. Mais Beauvois traite aussi d’enjeux plus personnels : la peur, l’idée de sacrifice, la vanité possible du refus de céder à une autre autorité que celle de Dieu, l’engagement de la foi dans un sacerdoce particulier, autant de questionnements intimes et personnels que le film déroule et propose à ses spectateurs. Le rythme lent et apaisant du film peut rebuter certains, il est vrai, mais il est en parfaite adéquation à mon sens, avec ses enjeux scénaristiques. La mise en scène accompagne cette relation de la forme au fond. Le cadre est posé avec calme et le travail sur sa composition a d’autant plus d’importance que Beauvois fait un certain nombre de références à des œuvres picturales religieuses tout au long du film, dont la plus évidente est la citation « textuelle » du Christ à la colonne du Caravage (circa 1607). La photographie restitue avec brio l’environnement particulier des contreforts de l’Atlas algérien de la région de Médéa. Enfin, et ce n’est pas le moindre des points forts du film, la distribution est d’une très grande qualité. Si Lambert Wilson devait encore prouver à certains quel grand comédien il est, c’est chose faite espérons-le avec le rôle qu’il tient ici. Quant à Michael Lonsdale, il est comme à son habitude habité par le personnage. Les rôles secondaires ne sont pas en reste et tous campent avec justesse leurs rôles, des autres moines aux rebelles du GIA, jusqu’aux villageois voisins.

des hommes et des dieux

Autre film vu à cette période :
La Guerre des Miss (réal. Patrice Leconte, 2008)

guerre des miss

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Entre fin du monde et fin de Bond…

Posted by Axel de Velp sur 29 novembre 2012

Entre un film quasi-inconnu du début des années 80 et le dernier James Bond à être sorti sur les écrans, je fais donc le grand écart dans cette publication, mais quelque soit le film, je les recommande tous les deux vivement !

Virus

(réal. FUKASAKU Kinji, 1980 – vu le 18 octobre 2012)

Curiosité cinématographique, le film de FUKASAKU est une production nippone internationale, dont le casting est à 90% anglo-saxon et dont l’action se situe pour l’essentiel hors de l’Archipel. Film de fin du monde, Virus raconte comment l’humanité trouve sa perte dans la libération accidentelle d’un virus mortel créé par l’homme. Dépeignant un anéantissement global de la population (seuls quelques centaines individus survivent au Pôle Sud), le film du cinéaste nippon ne s’épargne aucune situation découlant de cette situation extrême : scènes d’apocalypse urbain, obligation de concertation internationale, mais surtout peut-être la scène la plus impressionnante du film, celle où il faut débattre de la condition des 11 seules femmes survivantes au sein de la population humaine et qui vont devoir servir de « vivier » pour rebâtir une humanité et satisfaire à l’épanouissement sexuel des hommes survivants. Le film malgré ses deux heures quarante en version intégrale se regarde sans broncher de bout en bout et par le biais d’une narration en flash-back ne ménagent aucunement le spectateur sur les tenants et les aboutissants de l’évolution des motivations de chacun des personnages. Le final est peut-être le plus impressionnant où un survivant japonais parcourt tout le continent américain, de Washington D.C. jusqu’au tréfonds de la Patagonie, dans l’unique espoir de revoir la femme qu’il aime. FUKASAKU va aux limites de la logique du film et termine sur des plans somptueux d’apocalypse, peuplés uniquement par la silhouette d’un homme seul, avant de redonner quelque espoir et de dire sa profonde croyance en l’avenir de l’humanité dans la survivance des femmes et de leur prédominance sur les cultures à venir.

Skyfall

(réal. Sam Mendes, 2012 – vu le 29 octobre 2012)

Avec Skyfall, la saga Bond revient à un film de grande qualité après l’oubliable Quantum of Solace. Si Casino Royale réinventait le mythe (héros blond, amoureux d’une seule femme, admis à devenir un « double zéro », etc.), Skyfall ancre le mythe dans le réel par le biais d’une plongée dans son passé et dans la constitution de sa légende. Passons sur la supposée « mort » de 007, puisque Skyfall n’est pas le premier film à la mettre en scène, bien que cette fois-ci à l’exception de Bond lui-même, tout le monde pense qu’il est effectivement décédé. Là où Skyfall se démarque vraiment et vient renouveler la saga, c’est dans l’établissement implicite de relations intimes et non-dénuées d’une certaine tension affective entre Bond et M. Renouvellement aussi dans la figure du méchant, sorte de double maléfique (et gay, le jeu exagéré) de 007, « enfant illégitime » de M (si Bond est considéré comme un enfant « légitime »). La distribution est excellente : Craig toujours aussi impassible dans son rôle du plus grand agent secret de l’histoire du cinéma, Judi Dench incroyable de sensibilité dissimulée derrière le masque froid de son interprétation et bien entendu Javier Bardem qui, bien que cabotinant quelque peu, remplit l’écran avec une facilité déconcertante, presque à en voler la vedette à Craig. Au-delà de l’excellente qualité scénaristique et narrative du film, Skyfall est qui plus-est très bien réalisé. Sam Mendes ne déroge pas à sa réputation et à la qualité de ses précédents films (American Beauty, Les Sentiers de la perdition, Jarhead, etc.). La photographie est aux petits oignons et quelques scènes relèvent purement d’une esthétique quasi sur-réelle (la bagarre dans le building chinois, l’entrée en scène de Craig dans le casino, les landes écossaises et leur ambiance « primitive »). L’emploi de la profondeur de champ et du passage du flou au net comme révélateur des enjeux du cadre sont omniprésents et ce dès le début du film : ainsi ce plan superbe où la silhouette de Bond floue arrive du fond du cadre, avant qu’il ne le remplisse quasi entièrement au premier plan et que son visage devenu net ne vienne se découper sur des jeux d’ombres et de lumière francs, que le spectateur ne pouvait imaginer au départ.

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« Manie Manie » : de la folie des hommes et de leurs sociétés

Posted by Axel de Velp sur 28 novembre 2012

Produit par MARUYAMA Masao (fondateur du studio Madhouse), Manie Manie Meikyu Monogatari est un film à sketch en 3 segments, réalisés par trois grands cinéastes d’animation japonaise : OTOMO (Akira, Steamboy), KAWAJIRI (Ninja Scroll, Wicked City) et Rintarô (Metropolis, Albator).

Manie Manie (collectif, 1986)

1. Labyrinth Labyrinthos – réal. Rintarô
2. Hashiru Otoko (Le Coureur) – réal. KAWAJIRI Yoshiaki
3. Construction Cancellation Order – réal. OTOMO Katsuhiro

Le film commence, dans « Labyrinth Labyrinthos », par raconter l’histoire d’une fillette qui joue à cache-cache avec son chat et qui va pénétrer un univers fantastique, inspiré de la fête foraine et du cirque, lieu où elle finira par assister à un spectacle, composé des deux autres segments du film. A la fin du troisième segment, le spectateur retrouve la fillette dans l’enceinte du cirque et se lance dans une farandole folle, avec le mime qui l’avait guidé jusque là et une foule de monstres gluants et tentaculaires qui les suivent. Le dernier plan montre la fillette et son chat assis devant une télévision en train de se regarder paradant.

L’obsession et le dépassement

Le film nous parle d’obsession, de rêveries infinies et de buts jamais atteints ou alors à un prix incommensurable. Dans le premier segment, la fillette et son chat veulent jouer inlassablement (à cache-cache ou à autre chose), mais comme le suggère l’espace curieux de la maison où ils habitent, le jeu est un univers sans fin qui n’a de cesse de s’étendre. Aucun recoin de la maison ne lui échappe, ni l’intérieur d’une horloge, ni le dessous de table d’une cuisine, encore moins un bureau peuplé de jouets automates. Au final, la maison n’est pas assez grande pour le jeu, et la fillette et son chat vont alors entrer dans un univers fantasmatique, inspiré des fêtes foraines, des attractions comme la maison hantée ou le train fantôme et jusqu’au chapiteau d’un cirque. Obsédés par le jeu et suivant ainsi de manière inconsidérée un mime, la fillette et son chat vont croiser moult figures circassiennes toutes aussi délurées les unes que les autres.

Dans « Le Coureur », le personnage principal est obsédé par la victoire et se pousse au suicide, en dépassant les limites psychiques et physiques que le contrôle sur son bolide lui impose. Dans son désir de se dépasser lui-même et de tenir son rang face à ses adversaires, il est contraint à aller trop loin : à faire de son obsession sa raison de vivre et au final sa « raison de mourir ». Cette quête du dépassement de soi et de ce à quoi l’on se destine (ou l’on s’obsède, c’est au choix…), est au cœur de la motivation implacable qui guide les robots du troisième segment. Le projet 444 doit être terminé « à temps », même s’il faut pour cela sacrifier quelques robots. Pour le superviseur humain, venu remplacer son prédécesseur mystérieusement disparu, son but sera d’abord de faire fermer le projet, puis ensuite de simplement survivre face à la folie obsessionnelle de la machine centrale qui guide la construction du projet 444.

Traces de la folie

Qui dit obsession, dit folie. La folie ou plus exactement, des signes, des traces, des symptômes d’un état de folie parcourent tout le film et ses différents segments. La plus dangereuse est bien entendu celle du « Coureur » qui la laisse complètement l’envahir, à tel point que son objectif de victoire totale est intimement lié au mécanisme logique de justification de son état de folie avancée. Au moment de sa mort, il aperçoit les fantômes de ses anciens adversaires morts sur la piste. Dans une dernière tentative de les rejoindre, de les dépasser, son acte ultime sera de pousser son corps, sa machine et surtout son esprit au-delà des frontières possibles : il finira par y trouver la mort.

Sur le projet 444, c’est toute l’organisation robotique qui donne des signes de folie caractérisée : le travail jusqu’à la destruction, l’emprisonnement du responsable humain venu les superviser, la négligence de l’entretien du projet accolée à la détermination sans faille de le mener à son terme ; enfin, l’aveuglement face à l’impossibilité de lutter contre les éléments qui empêchent toute menée à bien du projet en lui-même. Cet état de folie est signifié à l’écran par le délabrement des installations, les ratés mécaniques du robot de gestion de la machine centrale, la détérioration progressive des repas servis au superviseur, l’emballement des machines à effectuer leur travail dans des conditions impossibles. Mais cette folie, non seulement semble fatale au système qui la subit, mais en plus elle est « contagieuse ». Le superviseur humain dans son souci de survie et de préservation, mais aussi certainement par esprit de vengeance, va s’attaquer au cerveau central de la machine, après avoir sauvagement détruit son robot de gestion. Alors même que le projet 444 ne doit plus être arrêté mais sauvegardé, il va quand même se lancer à l’assaut, muni uniquement d’un tuyau en fer…

Finalement, le segment où les traces de la folie sont le moins évidentes semble être le premier. Mais ce serait négliger toute part de désordre mental « contrôlé » que l’univers du cirque et des forains suggère naturellement. La succession des différentes figures circassiennes qui peuplent le segment sont autant de manifestations « autorisées » d’un état de folie que la société « spectatrice » accepte et reconnaît. La douce folie qui habite le monde forain est un prélude à celle plus crue et radicale que les segments suivants vont présenter. Cette entrée en matière progressive et la boucle narrative qui conclut le film permet de donner une unité à l’ensemble, alors même que la disparité est flagrante tout au long du film.

L’unité dans le désordre

Disparité de design, d’animation, de sujet de premier plan, le film ne présente pas une unité évidente de prime abord. Seuls les enjeux intellectuels et les questionnements « philosophiques » lui permettent de présenter un ensemble cohérent. Cependant, il ne faut pas croire pour autant que cette diversité soit celle d’un manque de coordination dans les choix des trois réalisateurs. Le premier segment, décisif dans son esthétique protéiforme et « irrationnelle » par moments, donne le ton de la diversité et du fouillis visuel, mais sert aussi d’étalon tout au long du reste du film.

D’autant plus que les deux segments suivants sont des « spectacles » auxquels assistent la fillette et son chat. Dès lors, la linéarité du second segment, son horizontalité même tranche avec la verticalité du troisième. Les lignes, pas forcément droites mais cassantes et abruptes du style de KAWAJIRI, mêlées à ses jeux d’ombre et de lumière très marqués sont autant d’ échos inversés qui annoncent l’esthétique plus courbe, plus fouillée et plus « à plat » de OTOMO.

Il y a là une logique de la thèse/antithèse qui est à l’œuvre, comme si la folie de l’homme individuel, comme manifestation d’une pensée unique, ne pouvait être que le pendant à venir d’une folie démultipliée des machines, manifestation programmatique de la pensée conformiste et collective. Rintarô offre ainsi à ses deux comparses la possibilité d’exprimer leur vision du sujet qui est la force narrative du sien : la folie encadrée et acceptée de la société n’est finalement que le reflet dans le monde du spectacle d’une folie rampante, plus dangereuse et qui guette autant les hommes que les sociétés qu’ils élaborent…

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