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« Anime – La philosophie de l’animation japonaise » – The Philosopher’s Zone

Posted by Axel de Velp sur 29 décembre 2010

The Philosopher’s Zone
Émission de radio sur ABC.net.au, présentée par Alan Saunders.
Émission du 16 octobre 2010.

Alan Saunders : Bonjour, et bienvenue sur The Philosopher’s Zone. Je suis Alan Saunders.

Thème musical de Kimba, the White Lion[1]

Alan Saunders : C’était le thème musical d’ouverture de Kimba, the White Lion[2], un anime produit dans les années 1960 par Osamu Tezuka[3], communément reconnu comme l’inspiration de base pour Le Roi Lion de Walt Disney. L’histoire suit Kimba dans sa quête de création d’un refuge pour tous les animaux de la jungle.

Dialogues extraits de Kimba

Jungle Taitei, 1965 (réal. YAMAMOTO Eiichi)

Alan Saunders : Aujourd’hui nous continuons notre série sur le Japon et nous questionnons la présence ou non de philosophie dans les anime.

Montage sonore d’extraits d’anime

Heisei Tanuki Gassen Ponpoko, 1994 (réal. TAKAHATA Isao)

Alan Saunders : Aujourd’hui au Japon, le terme anime fait référence à toute forme d’animation, mais pour les spectateurs occidentaux, cela représente l’animation dans un style japonais très distinctif. Les anime repoussent les frontières de ce qui est acceptable, parce qu’ils peuvent se le permettre. Ils sont totalement contrôlés et créés par l’imagination des animateurs. Comme notre invité du jour va en témoigner, les anime n’appartiennent pas seulement au royaume de l’enfance ; ils peuvent être sombres, incroyablement violents, et très explicites sexuellement.
Mais représentent-ils une vision du monde japonaise distinctive ? Le traitement du corps, le mélange de l’ancien, du magique et de la haute-technologie constitue-t-il une philosophie ? Ou bien n’est-ce qu’un loisir inoffensif ?
Pour en savoir plus, nous sommes accompagnés par Jane Goodall, Chargée de cours dans le programme d’Écriture et de Recherche à l’Université Western Sydney. Jane, bienvenue dans l’émission.

Jane Goodall : Bonjour.

Alan Saunders : Commençons par préciser si vous admettez qu’il existe une philosophie de l’anime, ou bien si vous pensez plutôt qu’il existe des thèmes philosophiques ou des lectures philosophiques dans les anime.

Jane Goodall : Je devrai probablement répondre qu’il y a de bien différentes façons de faire de la philosophie. Et peut-être que dans les programmes universitaires de philosophie, nous avons pris l’habitude de penser que cela commen ce par la photocopie de textes argumentés très denses d’un penseur européen très renommé, ou encore d’un Classique. Mais la philosophie peut aussi être une sorte de spéculation intellectuelle libre et l’on trouve aussi des cultures populaires dans la philosophie. Peut-être qu’au Japon est plus présent un mélange plus harmonieux entre une pensée institutionnalisée, et plus rigoureuse, à propos de la signification du monde et entre la structure du cosmos. Et la réflexion populaire.
Mais peut-être pour démarrer, je suis intéressé par le fait que le mot anime et le mot occidental « animation » partagent la même racine que le mot « animisme », où l’univers est investi par les esprits et une sorte de pouvoir divin investissant la nature, les substances. Il s’agit d’une pensée dont les scientifiques occidentaux ne veulent pas en entendre parler ; ça appartient à la vision alchémique du monde de l’époque de la Renaissance. Mais c’est fascinant de simplement permettre aux gens de librement l’imaginer : que les arbres puissent parler et que des pierres vous fassent volontairement trébucher.

Alan Saunders : Et est-ce que cet intérêt pour l’animisme ; reflète-t-il  des origines prises, je le suppose, dans la religion nationale du Japon, le shintoïsme ?

Jane Goodall : Je ne suis pas une spécialiste du shintoïsme, mais il existe effectivement une tradition au Japon d’organiser la conception du monde autour des Éléments naturels. Nous avons la Terre, l’Air, le Feu et l’Eau, ainsi qu’un cinquième élément que les japonais ont tendance à ajouter et que l’on pourrait grossièrement traduire par Vide ou Néant. C’est l’élément le plus « élevé » car il implique une certaine discipline spirituelle pour l’atteindre. Mais le plus puissant c’est le Feu, il existe donc une hiérarchie de pouvoir entre les éléments. Et cela est relié à l’animisme, parce que les Éléments sont les forces du monde, quelque soient leurs formes et la combinaison de ces forces.

Alan Saunders : Il s’agit donc d’une exploration complètement désinhibée dans laquelle l’imagination d’un créateur peut l’emmener ?

Jane Goodall : En effet, c’est possible. Et évidemment, si l’imagination humaine est complètement désinhibée, elle va vous emmener dans des directions que que le bon sens réprouve. Et l’une des directions les plus sensibles c’est lorsque l’innocence va à la rencontre de la limite de l’éventail des expériences ; je veux parler là des limites les plus décadentes. Donc des personnages mignons et innocents attirent des prédateurs et lorsque cela devient sexuel, c’est particulièrement troublant : comme par exemple avec une jeune innocente et charmante écolière, épiée par le trou de serrure de la porte des vestiaires des filles, par un personnage, dont le design est malsain, avec un corps, clairement plus âgé, plus puissant. En animation, il faut très peu de choses pour le réaliser. Il n’y a personne pour vous arrêter, vous ne faites que dessiner sur une page et l’animer ensuite.

Alan Saunders : Nous avons déjà mentionné le shintoïsme, et vous avez précédemment évoqué les disciplines nécessaires pour atteindre le Néant, ceux qui sont des idées trsè boudhistes. Pouvons nous voir cela comme un mélange de ces anciennes philosophies dans la vie moderne ? Comme un mélange entre thématiques classiques shintoïstes ou boudhistes et la haute technologie ?

Jane Goodall : Oui, cela m’intéresse que dans ce que l’on appelle communément la culture occidentale, il existe cette très forte critique envers la pensée animiste au sein de la science. Vous savez les scientifiques européens et américains, n’aiment pas cette façon de penser. Ils trouvent cela ignorant et superstitieux. Alors qu’au Japon, la tradition de l’anime lui a permis une complète continuité et a ainsi rendu possible l’exploration d’une certaine sophistication de la pensée animiste du monde dans une culture électronique.

Alan Saunders : Sans aucun doute, les anime les plus célèbres en dehors du Japon sont les films de Hayao Miyazaki et du Studio Ghibli. Des films comme Le Voyage de Chihiro[4] et Mon voisin Totoro[5]. Puisant dans cette vision animiste du monde, les films de Miyazaki abordent des thèmes aussi divers que la tradition, l’environnement, le féminisme ou la passivité. Souvent, les personnages humains sont les causes de la destruction et de la rédemption. Un film en particulier, Nausicaä de la vallée du vent[6], est l’un de ses premiers travaux sur ces questions.

Extraits sonores de film

Kaze no Tani no Nausicaa, 1984 (réal. MIYAZAKI Hayao)

Jane Goodall : Vous avez cette vision d’un monde divisé et Nausicaa appartient à un royaume des vents, localisé dans une vallée des vents, donc son élément principal est le Vent. Elle est un esprit aérien, une sorte d’Arial moderne, une jeune fille ayant juste atteint l’âge de puberté, ce qui lui donne une jolie image d’innocence intérieure. De plus, elle maîtrise sa propre technologie. Elle pilote une sorte de planeur très léger, dépourvu de moteur. Enfin, elle « murmure », plus exactement elle parle aux monstres, entre autres ces sortes de trilobites géants, qui causent énormément de troubles dans son monde et qu’elle calme par ses murmures. Mais le véritable danger vient de l’invasion d’une culture « high-tech », qui veut s’emparer des lieux et utiliser leurs ressources, et qui après avoir tué le Roi de ce peuple (celui de Nausicaä), lui tient un discours, comme quoi leur culture appartient au passé et qu’il va leur falloir changer et avancer dans une nouvelle ère.

Alan Saunders : Le traitement du corps et des expériences dans les anime est aussi très intéressant et parfois assez extrême ; d’ailleurs vous tissez des liens, n’est-ce pas, avec les idées de William Blake sur la métamorphose et le changement. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jane Goodall : Oui, cela nous fait aborder la question de que l’on peut penser d’une frontière Est Ouest. Mais la philosophie japonaise est en réalité très éclectique et c’est aussi le cas de Blake. Et lorsque des personnes s’interrogent sur la mythologie et la cosmologie, vous obtenez beaucoup de croisement entre des traditions. C’est pour cette raison que je me permets d’évoquer Blake dans ce contexte. Mais c’est vrai que je suis fascinée par la façon dont caractérisation de Blake de ce dualisme, innocence et expérience, sied parfaitement à la tradition de l’anime. Parce qu’être innocent, c’est être vraiment bon, les yeux grands ouverts et être mignon, ne faire de mal à personne, être avenant et aimant.
Mais même la tradition japonaise du kawai (mignon) a été critiquée comme une mentalité engendrant l’absence d’affirmation. C’est comme cela que l’a défini une féministe japonaise. Et c’est effectivemment ainsi que Blake voit les choses. Il symbolise l’innocence par des petits agneaux, des enfants qui pleurent, des garçons perdus, des ramonneurs, toutes ces figures du pathos. Elles sont peut-être bonnes, en effet, elles ne font certainement aucun mal dans le monde, mais elles attirent des prédateurs et elles n’ont aucun pouvoir et ne peuvent rien changer. Donc comme principe, l’innocence fait de la bonté un principe très faible. Mais avec l’expérience qui s’occupe d’accomplir toutes les choses interdites, cela devient très sexuel, très violent, cela joue avec toutes les énergies très fortes de la vie et c’est ce qui fait changer le monde. Donc Blake veut en quelque sorte valider l’expérience et l’énergie, l’énergie est la seule vie et elle provient du corps, selon lui. Ce qui l’intéresse, c’est une vision très physique d’un univers basé sur l’énergie.

Alan Saunders : C’est intéressant car vous avez parlé de la manière dont la sqcience moderne ne veut pas entendre parler de l’animisme, or Blake ne voulait rien savoir de la science de son époque. Il était très critique de la science Newtonienne.

Jane Goodall : Il est contre la raison. Il pense que la raison créé des frontières autour de la manière dont l’esprit travaille. Il a cette sorte de dualisme entre force et forme. La raison est une question de forme et il est plus intéressé par les forces qui changent ces formes, ce qui était une ambition de la pensée révolutionnaire pré-scientifique, l’alchémie qui s’intéressait au changement des formes par le jeu de forces, de forces élémentaires. Et c’est exactement la manière dont l’animation fonctionne. Si vous regardez les buts les plus complexes de l’animation, comme par exemple la série japonaise des Urotsukidoji[7]. Les éléments naturels y sont en jeu et cela ne parle que de changement de formes et de l’altération de formes et de valeurs.

Alan Saunders : Vous avez un écrit de Blake qui est significatif ici, non ?

Jane Goodall : Cela provient de Le Mariage du Ciel et de l’Enfer. Un autre de ses principes est que vous pouvez comprendre le monde en termes de dualités, mais si vous en restez là, vous obtenez une « stase » artificielle. Et vous ne commencez à obtenir de choses intéressantes dans le monde, qu’à partir du moment où vous autorisez ces dualités à se rencontrer, se mêler et se troubler les unes les autres. Il dit donc :
« Sans contraires, il n’y a pas de progression. Attraction et répulsion, raison et énergie, amour et haine, sont nécessaires à l’existence humaine. »
Vous pourriez en faire le motto de cette série japonaise, Urotsukidoji.

Extraits sonores de film

Choujin Densetsu Urotsukidoji, 1987 (réal. TAKAYAMA Hideki)

Alan Saunders : C’était la scène d’ouverture d’Urotsukidoji, une série à propos de laquelle vous avez écrit, Jane Goodall, et il s’agit d’un genre particulièrement violent d’anime. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette série et que retenez-vous de ce type d’anime ?

Jane Goodall : C’est une histoire imposante. Rien que la folie du projet est fascinante. Il s’agit d’un drame cosmologique autour d’une créature, un avatar. Dans les anime mythologiques, il y a toujours un avatar, un personnage qui voyagent à travers les mondes. Et ce genre d’être bestial est l’envoyé d’un monde surnaturel. Ce serait compliqué de dire lequel, tellement il y en a. Il est venu sur Terre pour trouver cet être mystique, caché, le Shojin, qui naît à chaque ère dans le but de changer le monde. Il naît sous la forme d’un être humain, ou sous la forme de toute autre être vivant et doit être révélé. Entre temps, il y a d’autres créatures aux maléfiques desseins qui sont à la recherche du Shojin.
Voilà le récit de base et autour il y a une prolifération de différents types d’êtres vivants : des créatures bestiales, d’autres à moitié surnaturelles, certaines pleinement surnaturelles. Mais ce qui donne une énergie à tout cela, c’est qu’il est difficile de savoir si ce système est bon, mauvais ou mélange des deux.

Choujin Densetsu Urotsukidoji, 1987 (réal. TAKAYAMA Hideki)

 

Alan Saunders : Et ce film dont nous parlons, Urotsukidoji, démarre en quelque sorte la tradition « adulte » de l’anime, et il repousse les limites de ce qui est acceptable et évoque nos peurs les plus profondes, non ?

Jane Goodall : C’est un film très extrême. Lorsque je l’ai vu pour la première fois, certaines scènes m’ont particulièrement choquée, comme celles des viols par tentacules. Le film est d’ailleurs célèbre à cause de le première scène de viol par tentacule, et tous ces gros plans d’actes érotiques et violents. Mais je pense que l’on est là en face d’une authentique expérimentation. Là encore, si je puis citer Blake :
« La route de l’excès mène au Palais de la Sagesse ».
Et apparemment, le créateur original du manga Urotsukidoji, la version papier, un certain Toshio Maeda, était lui-même choqué par la version animée, et avait du mal à l’accepter, tout en reconnaissant qu’elle proposait des choses vraiment intéressantes.

Choujin Densetsu Urotsukidoji, 1987 (réal. TAKAYAMA Hideki)

Alan Saunders : Beaucoup d’anime traitent de thèmes similaires de dystopie, d’apocalypse et de destruction du monde. Bien entendu, ces thématiques sont aussi beaucoup et intensivement explorées en philosophie, n’est-ce pas ?

Jane Goodall : Bien sûr. Ce qu’il y a de très oriental dans les anime, c’est l’idée de la réincarnation, incluant jusqu’au monde lui-même qui semble en nécessiter. Une ère naît et meurt. La figure de l’avatar dans l’anime est ainsi instrumentale dans la possibilité de la renaissance d’une ère, mais avant cela, il faut qu’elle « meure » et cette mort est représentée par cette étonnante et sensationnelle explosion de violence et de destruction. Et parce que l’animation nécessite pour ce type d’image moins de ressources qu’un décor en prise de vues réelles ne le ferait, c’est véritablement un test sur les capacités de l’imagination humaine en termes cinématographiques. Les animateurs japonais sont réellement de très grands créateurs d’images.

Alan Saunders : Le Japon lui-même fut à l’agonie. Le pays fut énormément bombardé durant la Seconde Guerre Mondiale, rien que les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais sans oublier que les bombardements traditionnels sur Tokyo furent au moins aussi meurtriers. On dit souvent que le plus célèbre des monstres nippons, Gojira ou Godzilla comme nous l’appelons, est un reflet de ces destructions de la Seconde Guerre Mondiale. Pensez-vous que cette expérience trouve sa place dans les anime ?

Jane Goodall : J’en suis certaine. Une des choses que l’on peut voir dans Urotsukidoji est cette image d’une mégalopole qui fond tout simplement. Cette vision est héritée directement d’Hiroshima : une bombe atomique lâchée sur une ville, où (et là on retrouve le principe de l’élément Feu) tout brûle à une telle température que toute substance connue se met à fondre.

Alan Saunders : Si nous abordons le sujet de la référence, on peut trouver des dualismes typiques dans les contes d’apprentissage entre mythe et folklore, le Bien et le Mal, et si l’on pense ici à Blake, entre l’Innocence et l’Expérience. On retrouve tout cela dans les anime, mais selon vous, les japonais ont tendance à opposer ces dualismes et à souvent les compliquer ou les rendre moins lisibles.

Jane Goodall : Oui et je pense que cela vient de l’idée de la création artistique. Si l’on pense à quelqu’un qui travaille avec un crayon et du papier, il peut transformer un lapin en un canard en un coup de crayon. Avec quelqu’un qui « dessine » sur un écran, la sophistication du geste est démultipliée. Il peut décider en quelques photogrammes de transformer un petit lapin mignon en un monstre érotique, dangereusement musclé et réellement puissant. Cela vient de cette liberté accordé à l’esprit de changer de la forme de quelque chose en autre chose. Le rôle et le thème du transformiste, celui qui change de forme, nous les retrouvons dans les rêves.

Alan Saunders : Je suis ravi que vous ayez utilisé l’image du canard et du lapin, parce que c’est certainement l’illustration la plus connue dans l’histoire de la philosophie. Wittgenstein s’en est servi dans ses investigations philosophiques, avec une illustration qui selon l’angle d’où on la regarde peut soit ressembler à un canard, soit à un lapin.

Jane Goodall : On est dans le sujet, parce que l’on peut dire que l’on habitue son esprit à un certain type de perception, et lorsque l’on veut passer à un autre, on ne peut faire cohabiter les deux ensembles. Et l’animation ne vous demande pas nécessairement de rester sur cette ambiguité, mais vous propose d’en faire un véritable hybride et de voir ce que cet hybride fait.

Choujin Densetsu Urotsukidoji, 1987 (réal. TAKAYAMA Hideki)

Alan Saunders : Pour finir, je voudrai que l’on s’intéresse aux différences entre l’animation japonaise et occidentale et cette notion de dualisme entre expérience et innocence. Vous avez écrit que nous sommes dans un champ de « sur-expérience » très angoissante et que cela est exploré de façon très différente par les animateurs japonais et américains. Qu’avez-vous à en dire ?

Jane Goodall : Oui, encore une fois, je pense qu’au Japon, il y a cette liberté de fusionner, « d’hybridiser », de métamorphoser, qui s’applique bien aux expérimentations sur la dissolution des dualismes. Donc vous appréhendez le monde en termes opposés, parce que cela vous aide à organiser la façon dont vous voyez les choses. Mais alors vous autorisez ces termes opposés à fusionner et à se transformer. En Amérique, je pense qu’avec l’influence de la science rationaliste, il y a un besoin de s’accrocher à ces taxinomies, et pour beaucoup, cela peut être très déstabilisant de ne pas arriver à distinguer le canard du lapin, d’autant que si vous vous intéressez à l’évolution, cela est primordial.
Et il y a une tradition morale qui n’apprécie pas que l’on ne puisse pas faire la différence entre le Bien et le Mal. Mais tout cela freine l’imagination. Cependant Avatar de Cameron est très révélateur à ce sujet et la manière dont les mondes dans le film sont séparés est la dynamique même du film, son mode de fonctionnement. Vous ne pouvez aller du monde militaro-industriel technologique au monde des êtres « écologico-forestiers » sans changer de dimension. Vous avez besoin d’un changement mental et corporel complet pour réaliser la transition. Vous devenez littéralement une autre personne. Finalement les avatars envoyés du monde industriel au monde de l’innocence, décident qu’ils préfèrent ce dernier. Alors leurs esprits ne peuvent subsister dans la forme qui les a vu naître.

Extraits sonores de film

Alan Saunders : Jane Goodall est Professeur Adjointe au Programme d’écriture et de Recherche à la University of Western Sydney.

 

Affiche française du film Avatar, 2009 (réal. James Cameron)

Note du Traducteur (NdT) : cette traduction a été réalisée avec l’aimable autorisation de Kyla Slaven, productrice de l’émission.


[1] NdT : Jungle Taitei, 1965, Japon, série télévisée de 52 épisodes, réalisée par YAMAMOTO Eiichi.
[2] NdT : Le Retour de Léo en France.
[3] NdT : la série télévisée de 1965 n’avait pas satisfait Tezuka, qui a également participé à une adaptation en film de son manga en 1966 (dont seulement quelques minutes sont reprises de la série), Chouhen Jungle Taitei, réalisé par YAMAMOTO Eiichi.
[4] NdT : Sen to Chihiro no kamikakushi, MIYAZAKI Hayao, 2001.
[5] NdT : Tonari no Totoro, MIYAZAKI Hayao, 1988.
[6] NdT : Kaze no Tani no Nausicaa, MIYAZAKI Hayao, 1984.
[7] NdT : Choujin Densetsu Urotsukidoji, TAKAYAMA Hideki, 1987.
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4 Réponses to “« Anime – La philosophie de l’animation japonaise » – The Philosopher’s Zone”

  1. Martin said

    jolie trouvaille et retranscription! :)

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Wax . Wax said: RT @asiafilmfr: « Anime – La philosophie de l’animation japonaise » http://tinyurl.com/4d6x2hm via @CinemaJapan […]

  3. Timmy ! said

    Merci de nous faire partager cette discussion forte intéressante dans les intentions, mais qui à mon grand regret revient trop sur le côté violent et sexuel de l’animation japonaise. Certes, c’est peut-être dans les courants extrêmes que l’on trouve les exemples les plus flagrants mais je trouve toujours que c’est très réducteur.
    En tout cas, le parallèle avec « l’animation occidentale » (vive l’américano-centrisme) met très bien en relief les différences de culture.
    Sinon attention aux coquilles, elles rendent parfois difficile la compréhension de la phrase. Et l’article manque de liens pour approfondir le sujet (une bio de Jane Goodall, quelques pages web et ouvrages sur le sujet).
    Le Canard-Lapin de Wittgenstein : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canard-lapin
    Jane Goodall : http://www.uws.edu.au/writing_society/writing_and_society/key_people/professor_jane_goodall
    pour les ouvrages consultés le SUDOC.com.

  4. stéphane said

    merci, très intéressant votre blog. Je ne connais pas grand-chose à l’anim japonaise(à part Samourai Champloo), et cette discussion met pas mal de choses en lumière.
    Cordialement
    Stéphane

    P.S: On a échangé quelques mails récemment autour d’une commande d’anciens numéros de la revue Positif!

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