"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Archive for mai 2012

Deux semaines de films – du 7 au 20 mai 2012

Posted by Axel de Velp sur 26 mai 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

J’ai traîné quelque peu alors je vous propose deux semaines réunies en un seul compte-rendu, d’autant que sur chacune je n’ai pas vu beaucoup de films. La tendance est cependant très clairement au polar en ce moment, dans des directions différentes et sur des époques de production diverses, il y en a donc pour presque tous les goûts dans le genre. Seule incartade à cette orientation, un film d’animation plaisant et sympathique que j’ai un peu tardé à voir mais que je conseille à tous, et en particulier à ceux qui aiment les félins. A bon entendeur, chat-lu !

Mercredi 9 mai

Basic Instinct (réal. Paul Verhoeven, 1992)

Film sulfureux du début des années 90, alors que Verhoeven était au mieux de sa forme, Basic Instinct reste aujourd’hui un excellent polar. Même si le caractère vaguement érotique peut toujours contribuer à son intérêt – Verhoeven sait très bien filmer la chair, surtout lorsqu’elle s’expose lors d’ébats suggestifs… – le film est avant tout servi par une intrigue policière très réussie et qui scotche le spectateur sans interruption de rythme, du début à la fin du film. Alors évidemment tout cela a quelque peu vieilli, surtout l’esthétique des costumes, coiffures et maquillages (les lunettes de Michael Douglas sont un modèle du genre), qui font encore un peu 80’s, avec quand même ce souci du début des années 90 de tendre à l’aseptisation. L’idée est appuyée en cela par la photographie très léchée de Jan DeBont (futur réalisateur de Speed et Twister). Les comédiens sont à l’honneur et pas seulement les deux rôles principaux, tout le casting est d’excellente composition, avec une mention spéciale aux différents flics qui campent leurs rôles à merveille : inoubliables scène d’interrogatoire de Sharon Stone (pas seulement pour son jeu de jambes érotique), et celle de Douglas, dont les joutes verbales sont particulièrement appréciables. Mais ce qu’il faut remarquer, c’est la mise en scène. Verhoeven utilise sa caméra avec une aisance et une fluidité qui vient coller à la dynamique des personnages. Elle accompagne quasiment en permanence leurs mouvements, les précédant ou les suivant. Elle se fait souvent aérienne et plane au-dessus des protagonistes pour ensuite rapidement revenir au ras-du-sol ou à leur hauteur d’épaule. On retiendra ainsi quelques scènes très emblématiques du film sur cette mise en scène nerveuse et dynamique : la poursuite sur la côte californienne entre la Lamborghini de Stone et la voiture miteuse de flic de Douglas, la poursuite dans les rues de San Francisco, et bien sûr les différentes scènes de sexe, qui sont plus filmées comme des scènes « d’action » que véritablement comme des scènes érotiques…

Vendredi 11 mai

Inside Man (réal. Spike Lee, 2006)

Peut-être pas aussi exemplaire que pouvait l’être 24 heures avant la nuit de la grande qualité de Spike Lee en tant que cinéaste, Inside Man (dont il faudrait vérifier le statut de film de commande ou non) reste malgré tout un excellent polar, non pas un whodunit, mais plutôt un « howdunit » : l’un des principaux plaisir du film étant de découvrir comment les braqueurs vont faire pour s’en sortir… Au-delà d’une caméra très ludique avec quelques effets bien sentis (le plan sur Denzel Washington après l’exécution de l’otage en fait partie), le film est surtout très appréciable par tout le discours au second degré qu’il porte sur l’Histoire et la Politique en générale. Un certain nombre de problèmes sociétaux sont approchés : le racisme, le machisme, une certaine forme de lutte des classes à l’américaine (dont Denzel est l’un des représentants les plus emblématiques de ces dernières années – il faut revoir sous cet angle L’Attaque du métro 123 ou Unstoppable du même réalisateur Tony Scott), mais surtout c’est l’héritage d’une forme d’immoralité de la classe dominante qui est ici démontré. Les grands de ce monde, qu’ils soient banquiers ou maires, font leur fortune sur la misère des petits et des opprimés et règlent les problèmes à leur avantage et entre eux. Mais Spike Lee, dans la foulée des événements de 9/11 qui chez lui ont recomposé sa façon de penser la société américaine (revoir The 25th Hour à ce sujet), et en précurseur de la dénonciation du grand manque de moral du monde de la finance, élève au même statut flics, peut-être pas incorruptibles, et voyous, certainement pas sans cœur ou du moins sans moralité. C’est la revanche des classes moyennes, ou quasi moyennes, qui s’exprime dans Inside Man et dont la qualification de tous les otages comme braqueurs potentiels fait de ce groupe une seule et même victime, non pas des preneurs d’otages eux-mêmes, mais avant tout de la société hyper sécuritaire (et pourtant l’une des plus violentes du monde occidental) et paranoïaque que l’Amérique a engendrée ces dernières décennies.

Samedi 19 mai

Le Chat du Rabbin (réal. Joann Sfar & Antoine Delesvaux, 2011)

Adapté des BDs de Joann Sfar, le film homonyme et co-réalisé par l’auteur lui-même est une comédie à la fois légère et intelligente sur la religion (judaïque en premier lieu), ses travers, ses forces mais avant tout ses mythes et ses déconstructions. Pour les amoureux des chats, le film aura en plus la force d’être un condensé d’humour autour de l’image légendaire de cet animal qui n’a jamais cessé de fasciner les artistes. Si l’esthétique ne peut pas forcément plaire à chacun (on ne peut pas dire que le style de Sfarr soit très consensuel, bien que je sois moi tombé sous le charme), force est de reconnaître que le travail graphique est exemplaire. Les détails foisonnent, la richesse du trait donne vie avec énormément de force et de dynamisme à Alger et à cette Afrique ensorcelante, parcourue sur une chenille Citroën. On pourrait en revanche reprocher un travail d’animation assez incertain, surtout venant d’une production européenne, dont les standards et les codes d’animation ne sont généralement pas ceux que l’on retrouve ici. Reste sur ce point deux ou trois exceptions notables dans des scènes particulièrement réussies, comme celle du rêve du chat ou celle de la fin dans la Jérusalem « noire »…

Dimanche 20 mai

The Offence (réal. Sidney Lumet, 1972)

On ne peut pas dire que Lumet n’ait pas eu une filmographie cohérente tout au long de sa carrière. Très attaché au drame politique ou au policier d’ambiance, le cinéaste américain propose avec The Offence, une variation des plus surprenante dans son genre de prédilection. L’intrigue tourne autour de la déchéance d’un policier anglais (magistralement incarné par un Sean Connery stupéfiant dans un rôle à contre-emploi) qui obsédé par la violence d’un monde moderne en décrépitude perd ses repères et sa conduite morale. Le film est hypnotisant à plusieurs égards : d’abord le jeu de Connery est véritablement envoutant et les seconds rôles sont parfaitement distribués ; ensuite l’écriture et la construction narrative qui l’accompagne font la part belle à des scènes de confrontation de personnages des plus intenses. Mais c’est peut-être la réalisation qui est la plus surprenante à la fois pour le sujet (et le genre), mais aussi pour l’époque et son réalisateur. S’appuyant sur des effets divers (ralentis, « flares », sur- ou sous-exposition), le cinéaste cherche à nous faire rentrer dans l’univers torturé de son personnage principal, en cherchant toujours à le rendre humain sans jamais oublié de le confronter à sa propre violence et son dégoût de l’humanité. Un film coup-de-poing et dérangeant quelque peu mais à découvrir absolument !

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Une semaine de films – du 30 avril au 6 mai 2012

Posted by Axel de Velp sur 9 mai 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Encore une maigre semaine qui s’est achevée, mais le seul film que j’ai pu voir m’a agréablement surpris dans son genre et continue de conforter tout le bien que je pense du « papa » de Buffy contre les Vampires.

Vendredi 4 mai

La Cabane dans les bois (réal. Drew Goddard, 2011)

Ce sympathique film d’horreur est scénarisé par Joss Whedon (décidément très présent ces derniers temps) et Drew Goddard (aussi réalisateur ici), scénariste de Cloverfield (excellent film de found-footage). Cette double parenté est certainement ce qui a donné tout son sel au film et en particulier à son écriture. Revenons rapidement sur la réalisation qui est efficace, sans être transcendante et s’appuie sur des effets éculés, mais néanmoins toujours bons : mécanismes de frayeur et de désamorçages de la peur pour mieux quelques instant après, surprendre le spectateur. Outre l’ambiance visuelle dans toute la partie « cabane », c’est bien la réalisation (outre l’écriture que nous verrons en détail plus loin) qui fait grand hommage au plus « cabanesque » des films d’horreur, le bien nommé Evil Dead. Les plans au ras du sol, les jeux de caméra avec les fenêtres et les portes, la disposition scénique de la cabane elle-même, tout ramène au film de Raimi. Pour ce qui est de l’autre versant du film (et sans essayer de le « spoiler » le moins du monde, quoique sa malheureuse bande-annonce s’en charge très bien toute seule), la mise en scène est classique et cherche certainement à traduire la « normalité » que l’histoire veut installer quant à ces artisans du sacrifice que sont les protagonistes de la base souterraine. Venons en maintenant à la grande qualité du film, son écriture : d’abord les dialogues, dont pas une ligne n’est à la fois un hommage aux films d’horreurs des années 1980-1990 (mais pas dans le style explicite et finalement fatiguant d’un Scream) et en ce sens la scène d’ouverture du film jusqu’à l’apparition du titre est particulièrement jouissive, mais aussi aux séries fantastiques des années 1990-2000 (Buffy évidemment, mais aussi les X-Files et bien d‘autres). Ensuite la construction narrative et le rythme, qui alterne intelligemment scène de « cabane » et base souterraine, maintiennent constamment l’intérêt (d’autant que le film est court et qu’il ne se réduit pas à une série de saynètes accrochées les unes aux autres). Si l’on a réussi à ne pas être « spoiler » avant sa vision, la surprise que réserve le récit est de taille, relativement originale, et donne tout son sel à la narration et aux effets de rythme. Pour finir, le film est avant tout dans son écriture un melting-pot de références au films du genre. Tout y passe, des films de fantômes japonais à King Kong, en passant par Hellraiser, les films de monstres de série B, les films de zombies, les slashers, les survivals, et jusqu’au rares adaptations de Lovecraft : la résolution finale du film dans ses enjeux et son récit, bien qu’elle en soit visuellement éloignée, fait de La Cabane dans les bois, l’un des tous derniers représentants des films adaptés du maître de l’Horreur de Providence.

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