"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Deux semaines de films – du 18 au 30 septembre

Posted by Axel de Velp sur 18 octobre 2012

Toujours un peu de retard sur mes publications, mais je ne désespère pas de rattraper le train en marche. Trois films ici, dont deux véritablement excellents (SPL et Sur mes lèvres), mais un troisième qui n’aura pas su ni me convaincre, ni me toucher…

Mardi 18 septembre

SPL (réal. Wilson Yip, 2005)

J’ai tardé à voir ce film et je dois reconnaître que je m’en mord un peu les doigts. Excellent renouveau du film d’action Hong-kongais, supervisé par l’acteur – scénographe de combat Donnie Yen (à l’affiche aussi de Ip Man), SPL est aussi beau visuellement qu’il est violent et par moment amoral ou du moins ambigu… Tous les acteurs sont excellents, de Donnie Yen à Sammo Hung, en passant par le célèbre Simon Yam. Le film va jusqu’au bout de ses idées et de sa position « idéologique » et nous fournit un final retentissant, à la hauteur de tout le reste du film. Yip propose une relecture du film de gunfight, auquel il rajoute une dose de caractérisation psychologique des personnages assez poussée, tout en jouant aussi sur les clichés (la figure du boss est ici amenée à son paroxysme de méchanceté et de cruauté). Mais le style du film, dans sa mise en scène et ses combats, a aussi été influencé par l’expérience de Yen et sa manière de revisiter les arts martiaux au cinéma, en particulier l’abandon de tout artifice supplémentaire, tels que les câbles ou les matelas ; il en résulte une mise en scène d’action bien plus brute et une violence plus « primale » et moins « fabriquée », que ce que l’on avait vu jusqu’à présent.

Mercredi 19 septembre

Les Regrets (réal. Cédric Kahn, 2009)

Les films de Cédric Kahn sont assez inégaux. Si L’Ennui m’avait assez plu et Roberto Succo m’avait conquis, ses films plus récents m’avaient laissé un peu de marbre. Avec Les Regrets, je dois dire que je n’ai pas été là non plus particulièrement convaincu… Les personnages manquent de crédibilité, en particulier celui de Bruni Tedeschi, dont l’attitude et le jeu ne sont pas toujours en adéquation avec l’environnement décrit pour le personnage. Certaines scènes sont téléphonées tandis que d’autres sont tout simplement improbables. De plus, la mise en scène n’est pas particulièrement inspirée et manque cruellement de dynamisme et ce n’est pas le montage sur une bande-son faussement moderne qui réussit à racheter le tout. Reste peut-être une photographie plutôt jolie et qui rend justice aux paysages qui peuplent par moments le film.

Dimanche 30 septembre

Sur mes lèvres (réal. Jacques Audiard, 2001)

Troisième long métrage du réalisateur, après deux premiers excellents films, Sur mes lèvres est certainement aussi son plus abouti à ce jour, tant dans la forme que dans le sujet (bien que je n’ai pas encore vu De rouille et d’os). D’abord le casting est impeccable, le duo Cassel-Devos fonctionnant à merveille : entre le personnage féminin refermé sur son monde intérieur et l’ex-taulard en quête d’une rédemption, mais dont les anciennes habitudes reprennent vite le dessus, il se crée une alchimie explosive mais touchante et intrigante aussi. Olivier Gourmet en patron de bar louche et mafieux est lui aussi tout à fait dans son rôle, y compris dans la scène finale de « massacre » où son jusqu’au-boutisme est digne d’un drame flamboyant. La mise en scène est comme toujours chez Audiard à la fois très construite (les cadres ont une composition souvent sur plusieurs niveaux avec des jeux subtils de flous et d’arrière-plan) et en même temps suffisamment nerveuse pour ne pas paraître classique. Mention spéciale bien entendu au montage sonore, en parfaite adéquation avec le sujet du film et qui permet au cinéaste de plonger le spectateur dès les premières images du film dans l’univers du personnage de Devos. L’intrigue est digne d’un bon polar à la française, chiche, mais expéditive et permet aux délicates relations entre les personnages et à la profondeur psychologique de leur caractère de pouvoir s’épanouir pleinement. A aucun moment Audiard ne se perd en évènements ou scènes inutiles, le film est un bloc condensé de sens, tant sur son sujet, que sur ses aspirations d’ambiances et de psychologies des individus qu’il dépeint.

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