"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Des morts et du maïs…

Posted by Axel de Velp sur 26 novembre 2012

Je change un peu de formule étant donné que j’ai beaucoup de mal à rattraper mon retard sur les films que je visionne depuis la rentrée. Dorénavant, je publierai les critiques de façon plus ramassée, deux ou trois films à la fois, rarement plus. Il est possible aussi que je « saute » certains films parmi ceux que j’aurai vu, pour me concentrer sur ceux sur lesquels je souhaite vraiment écrire (par forcément d’ailleurs les « meilleurs » ou les plus emblématiques, ça dépendra surtout de mon envie). Dans ce cas, je ferai figurer en fin de publication les films que je ne critiquerai pas, vus dans la même période que ceux de l’article. En espérant que cette nouvelle formule continue de vous plaire… Enjoy !

Le Magasin des suicides (réal. Patrice Leconte, 2012 – vu le mardi 16 octobre 2012)

Premier film d’animation du cinéaste, adapté du roman de Jean Teulé, Le Magasin des suicides nous amène dans cet univers pessimiste où le suicide est le seul moyen de « réussir » sa vie. La famille Tuvache tient un magasin dont le fonds de commerce est l’exploitation de cette activité particulière et tout va pour le mieux (ou plutôt le pire), jusqu’à l’arrivée du dernier rejeton de la famille, Alan, dont la gaieté et la joie de vivre viennent compromettre l’avenir maussade de la famille. Le ton cynique, l’humour noir du roman est très bien retranscrit à l’écran : dans l’écriture, y compris celle des chansons (puisque le cinéaste a fait le choix de faire un film chanté par moments), mais aussi dans l’esthétique du film. Réalisé en 2D (avec quelques décors en 3D), retravaillé ensuite avec succès en 3D Relief, le film est une petite merveille de graphisme, avec une attention dans les détails particulièrement jouissives. Le chara design est aussi réussi et chaque personnage traduit bien sa propre psychologie. On regrettera que le film s’essouffle un peu vers la fin, la faute peut-être à un récit original assez court et à un dénouement final est en parfaite opposition avec celui du film. Leconte a certainement ici fait un choix cher à son cœur, mais il le contraint à des acrobaties scénaristiques malheureusement dommageables pour la cohésion narrative et le rythme du film.

Les Moissons du futur (réal. Marie-Monique Robin, 2012 – vu le mardi 16 octobre 2012)

Quatre ans après Le Monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin revient questionner les enjeux de l’agriculture de demain. Cette fois-ci, ce n’est plus l’angle de l’inquiétude d’un empoisonnement de l’agriculture intensive moderne qui est au centre de ses préoccupations, mais la recherche de solutions d’agroécologie de par le monde. Du Mexique au Japon, en passant par l’Allemagne ou l’Afrique, la journaliste-cinéaste questionne les pratiques et les hommes qui les mettent en œuvre, sans jamais oublier de donner la parole aux spécialistes (en particulier l’étonnant Olivier de Schutter, Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des Nations Unies). Le film nous convainc de la possibilité, sans perte de rendement, d’une agriculture qui se passerait des insecticides et pesticides (dont les coûts écologiques indirects ne sont jamais pris en compte par les multinationales qui les produisent). Plutôt réussi dans son propos, le film l’est également sur le plan de la mise en scène. Certains choix de montage et d’écriture documentaire peuvent sembler naïfs de prime abord, mais ils accompagnent parfaitement la sincérité des intervenants et la simplicité du message délivré (l’agroécologie est une science d’avenir héritée du passé traditionnel des cultures du monde).

Autres films vus à cette période :
Magical Mystery Tour (réal. Bernard Knowles & The Beatles, 1967)

Les Plages d’Agnès (réal. Agnès Varda, 2008)

 

Salut les cubains (réal. Agnès Varda, 1987)

The Mosquito Coast (réal. Peter Weir, 1986)

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2 Réponses to “Des morts et du maïs…”

  1. lamediathequedebabel said

    Le magasin des suicides m’a personnellement insuportée. S’il est vrai que l’esthétique était parfaite, Leconte a réussi à transformer une idée de base géniale en un malstrom rose bonbon et gluant de bons sentiments. Exit la profondeur, exit la réflexion. Dommage…

    • Il est vrai que les choix de Leconte par rapport au matériau d’origine sont surprenant et radicaux, cependant ils dénotent bien toute l’ambivalence du travail de l’adaptation artistique, entre trahison, respect et réappropriation. Ce qui est surprenant finalement c’est que Teulé est compris la position du cinéaste et ait accepté que son oeuvre soit ainsi « détournée » de son message profond et originel.

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