"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Trois semaines de films – du 9 au 29 juillet 2012

Posted by Axel de Velp sur 4 août 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Ah les vacances… ! Je réunis donc trois semaines de visionnages de film en un post pour me rattraper sur mon retard. Les vacances n’étant pas encore terminées (je ne m’en plains pas d’ailleurs), le rythme risque de continuer à ralentir encore un peu. Mais la diversité reste de mise pour un été 2012, qui réservera, je pense, plus de surprises sur le petit écran que le grand. Qu’importe, l’important c’est de s’enrichir visuellement, quel que soit la méthode. Profitez bien du beau temps, si vous en avez, et n’oubliez pas quand même de vous perdre dans un film ou deux, les vacances c’est aussi fait pour cela.

Lundi 9 juillet

Dark Shadows (réal. Tim Burton, 2012)

Avec Dark Shadows, on pourrait croire que Burton revient à ses premiers amours. Ambiance gothique et monstrueuse, romance impossible, personnages hauts en couleur, mise en scène baroque et kitsch en même temps, univers barré et fantastique mais séduisant et parfois amusant… Burton ne fait d’ailleurs pas que retrouver le chemin et les inspirations qu’il avait perdu (selon moi) avec La Planète des singes, Big Fish ou encore Alice ou Charlie et la chocolaterie, il sait aussi quelque peu se renouveler : Dark Shadows parle et met en scène le sexe comme rarement Burton ne l’aura fait auparavant. Le spectateur peut donc s’enthousiasmer face à ces annonces de retrouvailles, enrichies et augmentées, avec le cinéaste perdu en chemin. Seulement voilà, l’école buissonnière qu’a suivie Burton ces dernières années, n’avait pas fait que le détourner de ses thématiques et figures stylistiques, malheureusement elle a aussi émoussé son sens de l’écriture et de la mise en scène. Combien de personnages secondaires, attachants au demeurant, mais dont on aurait pu se passer dans ce dernier film, tellement ils sont peu travaillés ? Combien de lenteurs et de lourdeurs, y compris dans son renouvellement : la scène de « cul » entre Johnny Depp et Eva Green est à ce titre exemplaire, excellente idée, bien mise en scène, drôle et irrévérencieuse, elle est malencontreusement bien trop longue et répétitive… Et cette dégradation se retrouve dans la mise en scène : la scène du bal (avec la présence anachronique, de par son étrangeté, d’Alice Cooper à l’âge qu’il a aujourd’hui replacé dans les années 70, alors même que le film ne propose aucune lecture de l’idée de la star de rock’n’roll comme icône immortelle), cette scène est d’une mollesse accablante et la caméra a du mal à décoller des plans classiques d’un filmage de mauvais concert, même pas digne d’un live de MTV ! Au final, Tim Burton nous propose quelque chose de plus « Burtonien » que ses dernières œuvres mais aussi moins achevé, plus mou. Le film confirme une chose que j’ai toujours pensée le concernant : Burton est moins un cinéaste qu’un conteur…

Mercredi 11 juillet

Les Lyonnais (réal. Olivier Marchal, 2011)

Ancien flic, Olivier Marchal a toujours su donner à ses films un ton naturaliste, pour ne pas dire réaliste, aux ambiances de films de flics qu’ils dépeignent. Mais avec Les Lyonnais, le cœur du sujet change de camp et les flics ne sont plus le centre de l’histoire mais bien au contraire les voyous. Et là, malgré l’inspiration directe du livre « autobiographique » de Edmond Vidal, on ne peut pas dire que Marchal s’en tire avec autant d’efficacité que pour ses précédents films. Si Gangsters reste à mes yeux son film le plus réussi, Les Lyonnais n’en demeure pas moins un film de qualité, avec quelques scènes très bien emmenées et un casting intelligent. Le problème vient plus de la crédibilité de cette vieille rengaine d’une forme d’honneur ou de code qui régirait la mafia (quelle  qu’elle soit) : miroir aux alouettes des scénaristes de films et de romans policiers, tentative de réécriture de la vérité par ceux qui l’ont vécue, aujourd’hui il reste difficile de faire croire un instant que le milieu de la pègre ait jamais fonctionné ainsi. Cependant, le film travaille aussi bien le mythe que le réalisme et cette conjonction d’opposés donne dans l’ensemble un très bon résultat (d’autres avant Marchal s’y étaient aussi frottés, pour certains avec succès). Alors pour le plaisir de retrouver du polar français de qualité avec un casting bien choisi, pour une modernité de la mise en scène, qui ne cède en rien au trop spectaculaire, je ne saurai que trop conseiller ce film qui, pour les amateurs de polar, ne sera pas une déception, sans pour autant être la révélation de l’année.

Samedi 14 juillet

Le Château de Cagliostro (réal. Hayao Miyazaki, 1979)

Deuxième long métrage issu de la série télévisée Lupin III, elle-même adaptée du manga éponyme de KATÔ Kazuhiko, le film fut réalisé par Miyazaki pour ce qui fut sa première expérience de réalisateur de long métrage d’animation. Dans cette œuvre de commande, répondant aux exigences d’une bible scénaristique très arrêtée (comme souvent pour les longs métrages adaptés d’anime ou de manga), on peut déjà sentir poindre les particularismes de Miyazaki qui se développeront lors de sa future carrière : les inspirations internationales (qui ne manquaient pas cela dit dans la série puisque le héros est censé être le petit-fils d’Arsène Lupin) dont la plus emblématique est certainement dans le design du château lui-même dont nombre d’éléments esthétiques et architecturaux ne sont pas sans rappeler le château du Roi et L’Oiseau de Paul Grimault. Le film suit un rythme très nerveux pendant ses 100 minutes, les rebondissements sont légions, là encore dans une parenté évidente à la série, mais sans que jamais cela ne soit ridicule. L’intelligence de l’écriture d’ailleurs revient à petit à petit faire comprendre la place de chaque rebondissement par des indices préalables à leur avènement. La fin digne d’une « catastrophe naturelle » et la valeur non-pécuniaire du trésor des Cagliostro annoncent déjà les opinions environnementales de Miyazaki qui seront plus explicitement démontrées dans ses films suivants : Nausicaä, Le Château dans le Ciel, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, etc. Le film est réalisé avec beaucoup d’audace visuelle et plusieurs séquences sont de petits bijoux d’animation, encore aujourd’hui (mention spéciale à la poursuite en voiture au début du film). Qui plus-est le film est bourré d’humour et comme souvent dans ce type de production, plusieurs niveaux de lecture permettent aux petits comme aux grands de savourer le film.

Dimanche 15 juillet

Zarafa (réal. Rémi Bezançon & Jean-Christophe Lie, 2011)

Rattrapage un peu tardif pour ce film, mais la bande-annonce m’avait à tort un peu refroidi, alors qu’en réalité le film est un petit bijou. Histoire sympathique, intelligente et bien rythmée, dessins fins, travaillés et bénéficiant d’un style bien identifié, qui donne à l’œuvre une cohérence esthétique forte, animation de qualité avec quelques scènes très impressionnantes, Zarafa est un film à découvrir pour les petits, mais aussi pour les grands. Les différents niveaux de lecture du scénario donnent à chacun matière à réflexion et à se divertir. Le film ne s’éternise pas non plus et alternent agréablement les scènes sérieuses, voire dramatiques, avec des séquences plus légères, voire hilarantes… Zarafa est l’exemple même de film français d’animation sans grande ambition, du moins sans grande opération marketing, mais qui démontre le savoir narratif, esthétique et technique de grande qualité, qui remonte jusqu’au Roi et l’Oiseau de Grimault et plus loin encore…

Toy Story 3 (réal. Lee Unkrich, 2010)

Décidément ce fut la semaine de l’animation. Que dire de ce troisième opus de la série la plus célèbre de Pixar ? Malgré la réputation déclinante du studio (certains de leurs derniers films sont quand même un cran en-dessous des précédents), malgré les nombreuses années écoulées entre cet opus et le précédent, malgré les inquiétudes qu’une telle suite pouvait soulever, il faut bien admettre que Pixar nous surprend une fois encore. D’abord, techniquement le film est une perle d’animation en images de synthèses. Le rendu des matières, textures, couleurs, est certainement l’un des plus aboutis de tous les films d’animation 3D (je ne parle pas ici de 3D Relief bien sûr), de même pour leurs mouvements. Ensuite l’intelligence du scénario, d’avoir su faire mûrir autant ses personnages que son public, est une trouvaille qui permet à tout un chacun d’y trouver son compte. De plus, comme souvent chez Pixar, le film est rempli d’humour, de tolérance, et de bonnes intentions, sans que jamais cela verse dans la mièvrerie. Que l’on soit petit ou grand, le film sait parfaitement aller nous chercher, pour nous attendrir, nous faire rire. Qui plus-est le film sait faire appel à notre culture cinématographique, le film étant rempli de clins d’œil cinéphiliques comme c’est l’habitude chez Pixar. Au final, le film clôt avec brio une trilogie du cinéma d’animation moderne et nous donne l’espoir que Pixar soit capable de se reprendre à l’avenir.

Death Race 2 (réal. Roel Reiné, 2010)

Suite à ma redécouverte du premier volet de la série par Paul W. S. Anderson, et sur les conseils d’un ami, j’ai voulu approfondir cet univers en regardant ce direct-to-video, ou DTV, (y compris aux Etats-Unis). Force est de constater que l’univers du film est bien développé (ce deuxième volet propose de voir comment la Death Race a été créée) et donne une ampleur au scénario, classique (par moments même un peu trop attendu) mais efficace dans le genre ; la présence d’Anderson en production n’y est certainement pas pour rien. Pour ce qui est du casting, bien que l’absence d’un acteur à la hauteur de Jason Statham soit un vrai manque, le reste du casting s’en tire bien. La mise en scène est globalement très moyenne, voire médiocre par moments, mais quelques scènes viennent véritablement racheter le film dans son entier. Je ne dirai pas que le film est un must-see (loin de là, même), mais si le premier film vous avait plu et que vous n’êtes pas contre un bon film de série B de temps à autre, alors il ne faut pas hésiter à vous plonger dans les joies et les violences de ce DTV fort sympathique…

Lundi 16 juillet

Les Trois Mousquetaires (réal. Paul W. S. Anderson, 2011)

On enchaîne avec le dernier film d’Anderson. Toujours dans la série B à grand spectacle, le film revient sur cette histoire très connue des Trois Mousquetaires, mais avec un environnement à la steampunk avant l’âge. Navires volants, appareillages sophistiqués, le film sort volontairement de la représentation médiévale classique pour coller à un modernisme visuel finalement assez réussi. Comme toujours chez Anderson, la mise en scène est de très bonne facture, rythmée, inventive et au service de l’action. Pour ce qui est du scénario, on a là quelque chose de pas très novateur, voire même par moments ennuyeux. Le casting fait ce qu’il peut (parfois très bien comme Christoph Waltz) mais souvent il est à la limite du correct (le très mou d’Artagnan en est l’exemple parfait). Encore une fois, Anderson signe un film efficace d’action, dans une ambiance relativement originale, mais peine cela dit à se montrer à la hauteur de premières, voire ses dernières productions. N’ayant pas vu le film en 3D Relief, je ne me prononcerai que sur ce qui semblait évident comme effets et qui paraissait exploiter essentiellement les effets de surprise et de « flêches vers le spectateur », à l’exception d’une ouverture du film en images de synthèses, très appréciables déjà en 2D et qui devait l’être encore plus en Relief…

Mardi 17 juillet

John Carter (réal. Andrew Stanton, 2012)

Réalisé par un cinéaste tout droit venu de l’animation (1001 pattes, Le Monde de Némo, Wall-E), John Carter est une adaptation des œuvres du romancier américain de fantastique et de science-fiction, Edgar Rice Burroughs. Si l’on peut reprocher au film son côté Disney (et pour cause puisque le film est produit par la société de Mickey) – costumes flashys et kitsch, décors par moments en carton-pâte, mièvrerie consommée pour certains aspects du scénario – le film n’en demeure pas moins une agréable surprise, surtout quand on repense à la campagne marketing qui l’avait entouré. Bien moins simplet qu’il ne pouvait paraître, le film prend le temps de bien exposer les enjeux de chaque faction martienne face à laquelle Carter va devoir survivre. Les effets spéciaux sont assez réussis et finalement, porté par une mise en scène classique mais redoutablement efficace, le film nous entraîne dans cette épopée martienne avec facilité et plaisir. On regrettera un casting un peu en demi-teinte, particulièrement le rôle principal qui malheureusement peine à nous convaincre, alors que le film repose largement sur ses épaules.

Jeudi 19 juillet

Moneyball (réal. Bennett Miller, 2011)

Réalisé par le cinéaste qui nous avait donné Truman Capote (avec l’excellent Philip Seymour Hoffman), Le Stratège (Moneyball dans son titre original) raconte l’épisode récent qui secoua le monde du baseball aux Etats-Unis. Moins un film de sport qu’un film sur le monde qui gravite autour d’un sport, peu connu hors des USA, Moneyball est avant tout un film sur la détermination d’un homme à changer son destin et celui de son équipe. Bien écrit, prenant, même quand on ne connaît rien au baseball, le film déploie une énergie calme et lente, portée par des comédiens efficaces et habités par leurs personnages. Qu’il s’agisse de Brad Pitt, Jonah Hill, ou dans des rôles plus secondaires Robin Wright et Philip Seymour Hoffman, le casting est réussi. Le film, classique dans sa forme, reste correct sur la mise en scène, la caméra est posée et laisse le temps aux comédiens de déployer tout leur art. Reste alors un film mineur sur un sujet peu populaire hors de son pays, mais qui a le mérite de parler des hommes qui gèrent ce sport et le font (ou pas) évoluer…

Vendredi 27 juillet

La Vie sans principe (réal. Johnnie TO, 2011)

Réalisateur de plus d’une cinquantaine de films, Johnnie TO est certainement l’un des cinéastes hongkongais les plus prolifiques de cette génération. Du polar à la comédie romantique ou loufoque, TO est un touche-à-tout talentueux, dont les enjeux scénaristiques sont toujours à la hauteur de ses recherches formelles en matière de mise en scène et de jeux de caméra. Qu’il soit question de remettre en question la manière dont le cinéma de Hong-Kong a filmé l’action avec The Mission, Running out of Time ou Breaking News (pour ne citer que ceux-là), de considérer la question des triades (la mafia chinoise) avec les deux Election, ou encore de s’intéresser aux mésaventures d’un moine repenti (Running on Karma) ou d’un couple de cambrioleurs (Yesterday Once More), TO a toujours à cœur de s’intéresser autant à la psychologie de ses personnages qu’à leurs actions et conséquences. Avec La Vie sans principe, le cinéaste s’intéresse aux effets de la crise financière sur la vie de gens plus ou moins ordinaires : un flic, une banquière et un voyou. L’objectif est de montrer comment l’appât du gain a pu, ou su, transformer la morale de vie des habitants de Hong-Kong. Alternant scènes d’une rare intelligence dans l’écriture dramatique des tensions dévoilées par cette crise et des scènes plus légères où l’humour est omniprésent (figure de style propre à TO), le cinéaste ne laisse jamais la caméra supplanter le jeu des comédiens, lui pourtant virtuose des mouvements de mise en scène. Il utilise sa capacité à étirer les plans pour laisser les comédiens évoluer, tout en hésitant pas à accentuer le rythme quand la narration le suggère, en s’appuyant sur une bande originale dont la mélodie en boucle est plus hypnotisant qu’entêtante…

Samedi 28 juillet

The Dark Knight Rises (réal. Christopher Nolan, 2012)

Que dire sur ce ratage complet ? Même si Nolan n’est pas un de mes réalisateurs préférés (bien loin de là même), je dois reconnaître que chaque tentative du cinéaste de confirmer son statut de chouchou de Hollywood me donne envie de revoir mon jugement. Je n’ai jamais boudé mon plaisir potentiel et, mise à part Le Prestige, j’ai toujours pris le temps d’aller voir en salles les films du réalisateur. Les deux premiers Batman m’avaient déçu, pour des raisons différentes chacun, mais ce troisième volet cumule les erreurs des deux précédents. Absence totale de dimension fantastique (manquement inacceptable à mes yeux en ce qui concerne le vengeur masqué), écriture brouillonne manquant cruellement de profondeur (les « mois » écoulés sous le règne de Bane n’ont aucune valeur dans le film), personnages secondaires faisant plus de la cameo qu’autre chose (à l’exception peut-être du personnage de Robin) ou bien la complète dédramatisation de la figure du méchant (la mort de Bane est complètement éclipsée dans un plan rapide et confus, alors que celle de Miranda est sur-jouée et sur-dramatisée, aux antipodes de ce que fut l’attention apportée à chacun d’entre eux dans le film). Que dire du ridicule de l’anonymat de Batman dans cet opus, où le moindre péquin peut connaître la double identité de Wayne. Mais le pire reste à mon sens l’écueil éternel des films de Nolan, son incapacité à filmer correctement une scène d’action. Que l’on regarde la course poursuite en voiture ou les combats de rue entre flics et « voyous-rebelles », tout cela est toujours aussi confus, peu rythmé, manquant cruellement de naturalisme d’un côté ou alors de souffle épique de l’autre. La caméra est souvent mal posée ou mal cadrée, le montage pas assez nerveux ou inventif et dans la scène de combat final entre Bane et Batman, quelques grossières erreurs de montage sont venus me piquer les yeux. De plus, la critique sociale du film d’une certaine forme de capitalisme sauvage (le braquage de Wall Street) est finalement évacuée comme un acte de pure piraterie financière, Nolan passant complètement à mon sens sur ce sujet potentiel. Ce troisième opus était l’occasion de pointer la toujours très ambiguë position de Batman quant à la liberté et l’ordre dans la société, faisant de lui selon les premiers comics de Bob Kane, un personnage oscillant entre le Bien et le Mal, l’Ordre et le Chaos (plus encore que la plupart des autres super-héros). Ici, il n’en est point question, Batman est soit un opportuniste vieillissant, soit un bras armé d’une certaine Justice, qui ne rend de compte à personne, au service de l’Ordre et de la Morale… Il serait opportun de considérer à quel point les films de Nolan sont des films conservateurs, voire réactionnaires, mais là c’est un pas que je n’oserai franchir ici et que peut-être un jour je creuserai, dans un post spécifiquement dédié à cette question.

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2011 – Top Ten des films vus en salle

Posted by Axel de Velp sur 20 décembre 2011

Alors une fois n’est pas coutume, je vais me plier au jeu du Top Ten des films que j’ai vu en salle en 2011 (ne seront donc pas inclus les découvertes en DVD, BR ou à la télé).

Et je vais essayer de commenter mon choix par une ou deux phrases rapides, forcément réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour le film.

1/ The Tree of Life (réal. : Terrence Malick)

Pour moi, l'une des plus belles affiches de cette année.

Un monument à la gloire de l’univers et un conte intimiste sur l’adolescence. Seul Malick pouvait réussir ce grand écart a priori impossible.

2/ Sucker Punch (réal. : Zack Snyder)

Zack Snyder nous propose sa vision déjantée, post-moderne et « gamer » du psychisme d’une jeune fille (laquelle ?) qui se rêve autrement qu’elle n’est… Visuellement splendide, bien plus sérieux et intriguant qu’on ne pourrait le supposer au départ.

3/ L’Exercice de l’état (réal. : Pierre Schoeller)

Sans concession sur une forme ou une autre de démagogie ou d’orientation politique, le film de Schoeller propose l’expérience politique comme voyage intime à travers les errances, les doutes et les questionnements qui font des hommes des êtres humains.

4/ Angèle et Tony (réal. : Alix Delaporte)

Quand le cinéma français sort de son nombrilisme parisien, il peut nous donner de très grands films intimes et populaires à la fois (au moins dans le discours et l’ambition – le résultat en salle c’est autre chose malheureusement…). Alix Delaporte donne ici à ses comédiens la chance d’un scénario et d’une mise en scène justes et mesurés.

5/ Drive (réal. : Nicolas Winding Refn)

Quand Refn donne à Gosling son meilleur rôle à ce jour (n’en déplaise aux détracteurs du comédien), il le fait avec l’un des plus beaux hommages aux films des années 80 de cette décennie (avec Miami Vice, bien sûr). Hommage transcendé par la Refn touch, toujours aussi surprenante quelque soit son sujet…

6/ Pater (réal. : Alain Cavalier)

Si le cinéma français est forcément trop parisien, cela ne me pose aucun problème lorsqu’il mélange l’acteur – propriétaire du VI° arrdt. – Vincent Lindon, et son rôle de premier ministre dans une séquence hallucinante de « cinéma-vérité ». Mais Cavalier ne fait pas que mélanger les réalités et rendre les frontières plus floues des limites du cinéma, il propose en plus un discours politique ! Chapeau bas, l’artiste !

7/ Winter’s Bone (réal. : Debra Granik)

Des hillbillys perdus dans leur misère et leur survie quoi qu’il en coûte (morale pour certains, pitoyable pour d’autres), Debra Granik se sert de son sujet (un thriller) pour dépeindre une Amérique que nous avons trop tendance à ignorer. Et puis la séquence de la voiture arrêtée par le shériff vaut à elle seule tous les discours sur une mise en scène magistrale !

8/ The Artist (réal. : Michel Hazanavicius)

Parce que Dujardin y fait la démonstration de son talent multiforme et déjà envisagé précédemment comme dérivant du burlesque. Parce que le cinéma est à l’honneur au cinéma. Parce que Bérénice Bejo est irrésistible. Parce que Hazanavicius fait redécouvrir le muet et le noir et blanc à tous ceux qui les auraient oubliés (à en croire le box office, ils furent nombreux).

9/ Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme (réal. : Tsui Hark)

Tsui Hark nous revient plus en forme que jamais et propose au-delà de l’éblouissant spectacle pyrotechnique une parabole ingénieuse sur la Chine d’aujourd’hui et ses nombreuses complexités. Et puis difficile de ne pas être sous le charme (comme toujours) d’Andy Lau (ci-dessus) et Tony Leung Ka Fai.

10/ Hugo Cabret (réal. : Martin Scorsese)

En un plan, Scorsese résume tout son film et son amour du cinéma. Hugo Cabret au-delà du film pour enfants réussi qu’il est, nous rappelle une autre enfance, celle du 7ème Art et nous fait comprendre que ce qui définit si bien la nature de toute chose, c’est l’innocence imaginaire de son commencement !

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