"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Deux semaines de films – du 18 juin au 1er juillet 2012

Posted by Axel de Velp sur 5 juillet 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Si la première des deux semaines critiquées ici fut chargée en « matériau », on ne peut pas en dire autant de la seconde, d’où l’idée de les réunir pour la publication. Finalement, en l’espace de 14 jours, je me serai baladé de films en films sur des cinématographies très variées tant par leur nationalité que par leur genre. Je vous laisse le soin de découvrir cette balade, qui va du film d’espionnage au film social anglais, en passant par les comédies potaches françaises et US, le film d’auteur mexicain et l’animation nippone !

Lundi 18 juin

L’Affaire Rachel Singer (réal. John Madden, 2010)

Remake d’un film israélien de 2007, Ha-Hov, de Assaf Bernstein, The Debt raconte comment 3 agents du Mossad, Rachel, David et Stephan, en mission en Allemagne de l’Est dans les années 60, vont tenter d’exfiltrer, après l’avoir enlevé, un ancien nazi, le « chirurgien de Birkenau » (surnom qui a été donné dans la réalité à Mengele »). 30 années plus tard, les protagonistes sont de nouveau confrontés à ce passé périlleux, dont le secret le plus retentissant n’appartient qu’à eux. Même si assez rapidement on peut se douter du secret de polichinelle que cache le récit, il faut avouer que le récit en flash-back est assez intelligemment mené, par le biais d’une narration limpide et bien structurée. On se trouve là devant un film d’espionnage assez classique, mais efficace. Je ne me prononcerai pas sur ses qualités ou ses défauts de remake, n’ayant pas vu l’original, mais au vu des articules publiés ici ou là sur la Toile, il semblerait que le film US mette plus l’accent sur le triangle amoureux entre les 3 agents que le film israélien, ainsi que sur quelques rares scènes d’action, dont une plutôt réussie (l’échec de l’exfiltration) et une autre assez ratée (la bagarre dans l’asile à la fin du film). Finalement, la mise en scène plate mais conventionnelle, le jeu des comédiens là aussi très attendu mais sans fausses notes, donne un film une efficacité et une facture de qualité. Pas inoubliable, The Debt permet néanmoins de renouer avec plaisir avec un cinéma d’espionnage, que les américains ont eu tendance à négliger cette dernière décennie, mais qui semble revenir en force depuis un ou deux ans.

Mercredi 20 juin

Le Filet (réal. Emilio Fernandez, 1953)

Réalisé par l’un grands noms du cinéma mexicain de la seconde moitié du XXème siècle, Le Filet est un film qui narre la vie à trois de deux brigands et de la femme de l’un d’entre eux (ancienne amante du second), vivant en reclus au bord de la plage, sur les falaises, survivant grâce aux poissons et aux éponges, qu’ils vendent sur le marché du village voisin. Film assez avare en dialogues, une grande partie des enjeux du triangle amoureux se situent dans le jeu tout en gestes, regards et attitudes des comédiens. Appuyé par une mise en scène classique (dont l’usage d’éléments de premier plan, comme perturbateur de la lecture du cadre, sont autant de clins d’œil à un Von Sternberg, pour ne citer que lui), le montage est d’une rare efficacité tant il sait appeler d’un plan à l’autre les enchaînements que la narration du récit imposent. Cependant, le film repose avant tout sur la présence ensorcelante de son actrice principale et de sa plastique envoutante (le cinéaste ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisqu’elle passe près des ¾ du film dans des tenues suggestives ou la mettant en valeur plus que de nécessaire ou de réaliste). Pour finir, le film, et son histoire somme toute banale, est également sublimé par une photographie magnifique, qui rend parfaitement justice à cette côte mexicaine, faîte de jungles éparses, de falaises rocheuses et peu arborées, de plages aux vagues incessantes, dont le ressac scande le passage lent des heures du jour. Seul élément du récit qui sort quelque peu du schéma habituel auquel on peut être habitué pour ce genre de films : la protection offerte par la ville aux brigands en cavale, réfugiés près de la mer, est le signe profond d’une méfiance du Mexique populaire et rural face à son État et le gouvernement et les instances qui le représentent (en particulier la police fédérale).

Jeudi 21 juin

The Dictator (réal. Larry Charles, 2012)

Sacha Baron Cohen fait certainement partie des grands comiques américains apparus ces 15 dernières années : l’acteur est excellent (revoir le dernier Scorsese sur ce point pour le comprendre) et les déploiements comiques qui sont les siens sont toujours assez osés. Si je n’ai pas encore vu Brüno (mais je vais vite me rattraper), Borat en revanche m’avait laissé une impression mitigée, mais globalement positive. Quelques séquences (comme celle qui se déroule dans une église protestante fondamentaliste si je me souviens bien) en rattrapaient largement d’autres. Par des effets comiques s’appuyant sur les principes de l’excessif, de l’outrage ou de l’opposition à la bienséance et le politiquement correct, Baron Cohen nous force à regarder nos propres travers et à nous remettre en question sur nos excès de bonne volonté ou de bons sentiments. Mais avec The Dictator, il nous force aussi à être critique sur les excès inverses : à trop vouloir parfois s’affranchir d’une « bien-pensance », cela nous pousserait à oublier les raisons de tel ou tel contrat social aujourd’hui établi. Il en va ainsi dans The Dictator, lorsqu’il est très évident pour lui que c’est l’environnement qui détermine l’homme (jusqu’à un certain point). Là aussi le film passe d’une scène comique à l’autre, mais avec une intelligence du « liant » scénaristique et narratif bien plus réussi que ça ne l’était dans Borat. Le film joue également très bien de son image et de tout l’environnement qu’il a su créer autour, qui en font à la fois un élément subversif et en même temps une énorme machine de marketing très bien huilée… C’est la force du cinéma de Baron Cohen : savoir remettre en causes les autres et jusqu’à soi-même. Se montrer comme l’étape ultime du travail de dérision, auquel rien ne doit échapper, pas même la dérision en propre.

Vendredi 22 juin

Adieu Berthe, l’enterrement de Mémé (réal. Bruno Podalydès, 2012)

Pour moi Denis Podalydès est l’un des plus grands acteurs français de ces vingt dernières années. Avec d’autres, comme Jean-Pierre Darroussin par exemple, il propose une présence, une subtilité différente de l’ancienne garde d’acteurs français. Chez lui, c’est un jeu, hérité du théâtre, mais affranchi des limites des planches et de la scène, et qui sait allier sophistication et naturel immédiat. En tandem avec son frère, ils ont proposé des films de qualité variée mais toujours d’une intelligence délicate et spontanée, même quand ils adaptent Gaston Leroux. Avec Adieu Berthe, les frères Podalydès nous proposent de réfléchir sur des sujets sérieux (la mort, la séparation, l’adultère, l’indépendance), au travers de personnages loufoques et un peu barrés, à tout le moins paumés. Le film aborde ces questions sérieuses avec beaucoup d’humour, tant dans les dialogues que dans les situations comiques, et ce qui fait le lien entre tout cela, c’est une touche de poésie, incarnée par la référence constante à la magie. La réalisation comme souvent chez Bruno Podalydès n’est pas sans efficacité avec un certain classicisme, cependant quelques scènes viennent donner un léger grain de folie visuelle. Il ne faut cependant pas se leurrer, il s’agit là avant tout d’un cinéma centré sur le récit et la narration, par le biais des dialogues et du jeu des comédiens, et dans ce genre-là, il faut reconnaître que le film est une réussite complète. Je ne saurai que trop le conseiller…

La Vérité si je mens ! 3 (réal. Thomas Gilou, 2011)

Si je reconnais que les deux premiers opus étaient disposés à me faire rire, le plus souvent de bon cœur, je ne peux pas en dire autant de ce troisième volet. J’ai pu sourire à l’occasion, peut-être même rigoler franchement sur une ou deux scènes, mais ça s’arrête là. On sent les acteurs fatigués par des accents et des situations comiques qui se répètent. La réalisation est peu inspirée, parfois même bancale et supporte mal quelques grossières erreurs de montage. Mais ce qui est sûrement le plus désagréable c’est l’indécence de valeurs du film et l’ignorance de la réalité sociale de la France d’aujourd’hui dans laquelle baigne le film. Il est des comiques dont il ne faut pas rire à certains moments, quand bien même je pense que l’on peut rire de tout, encore faut-il savoir comment on doit le faire. Les années écoulées entre le deuxième et le troisième film ont changé certaines donnes. Le « bling-bling » ne fait plus rire ou fantasmer de la même façon qu’avant et même dans l’idée qu’il faudrait proposer au spectateur morose une évasion de sa triste réalité, la mise en scène de cette évasion ne fait pas vraiment rêver…

Samedi 23 juin

Romeo + Juliet (réal. Baz Luhrmann, 1996)

Près de quinze après sa sortie, le film de Luhrmann garde sa force toute particulière. Vidéoclip version longue pour les uns (dont je ne fais pas partie), sublime adaptation post-moderne de la pièce de Shakespeare (mon opinion bien entendu), il n’en demeure pas moins, quelque soit le côté vers lequel on penche, qu’il faut saluer dans la démarche de Luhrmann deux éléments qui ne peuvent que rendre l’entreprise singulière : premièrement le choix de coller au texte le plus possible, non pas dans la coupe de certaines scènes ou répliques, mais surtout dans le texte lui-même, ce phrasé si particulier de l’anglais de l’époque. Deuxièmement, le choix de placer ce texte dans un environnement qui lui semble étranger : une version moderne de Verona, à mi-chemin entre la ville californienne décadente et la cité balnéaire mexicaine, en proie à la fureur des armes et des gangs. Pour le moi, le charme opère : réalisation survoltée mais toujours à propos, esthétique kitsch en parfaite harmonie avec le décalage entre la « mise en place » et le texte d’origine, bande originale choisie avec une maestria digne d’un Tarantino ou d’un Kubrick dans leur genre et jusqu’au casting qui malgré beaucoup de seconds rôles à peine effleurés (les parents de Romeo, le Prince et d’autres) est d’une intelligence et d’une qualité rarement atteinte sur l’ensemble des rôles. Reste au final également la révélation de deux jeunes comédiens, DiCaprio et Danes qui livre ici un jeu total, d’une rare finesse et d’une juste emphase, jeu qui n’est jamais éclipsée par la mise en scène faste et halluciné de Luhrmann.

L’Étrange Noël de Monsieur Jack (réal. Henry Selick, 1993)

Pour des questions familiales (qui seront reproduites ci-dessous avec L’Ours), j’ai vu ce film en VF pour la première fois. Alors que je ne l’avais jamais vu autrement qu’en VO (j’ai découvert ce film en trailer sur une VHS importée d’Angleterre de Reservoir Dogs et lorsque je le vis pour la première fois, ce fut sur un support identique), je me suis rendu compte de deux choses : la première, c’est la force des textes d’Elfman inspiré par le scénario de Burton, McDowell et Thompson, qui malgré une traduction, reste entière. La seconde c’est la capacité de Burton à avoir créé un imaginaire à partir de contes, légendes et folklores, qui capte l’attention, met le spectateur en terrain connu, tout en lui ménageant de constantes surprises. Alors il ne faut pas oublier que la réalisation n’est pas de Burton, mais de Selick, dont la suite de la carrière (James et la pêche géante, Coraline) prouvera bien qu’il ne fut pas qu’un tâcheron à la solde de Burton sur le film, bien au contraire. La qualité de l’animation image par image est exemplaire et colle parfaitement aux chansons d’Elfman, qui prête d’ailleurs sa voix dans la version originale. La mise en scène est assez élégante et par moment très enlevée, le rythme du film ne s’essouffle jamais et sait toujours rebondir d’une situation à une autre.

Dimanche 24 juin

L’Ours (réal. Jean-Jacques Annaud, 1988)

Je n’avais pas revu ce film depuis ma tendre enfance et le redécouvrir en Blu-ray fut un vrai plaisir. J’avais le souvenir d’images marquantes et en effet la photographie (mais comme souvent chez Annaud) est magnifique et rend parfaitement justice à la montagne et aux animaux. L’intelligence du scénario réside dans sa capacité à nous faire comprendre les impératifs de l’ourson et de son « père adoptif », uniquement par le biais du montage et de l’excellent dressage des bêtes. Les séquences de rêves de l’ourson sont amusantes et le parti pris d’une animation image par image (réalisée par un spécialiste tchèque Bretislav Pojar) est un choix pertinent afin de créer une frontière entre les deux niveaux de récit, en particulier pour faire comprendre facilement à des enfants (public premier du film) le passage de l’un à l’autre. L’émotion que le film dégage est du aussi en partie au jeu des comédiens, en particulier Tchéky Karyo, qui trouve ici certainement l’un de ses meilleurs rôles. La narration ne fait preuve d’aucune erreur de rythme et le film se déroule implacablement jusqu’à sa fin, un peu idyllique mais ô combien positive. Le regarder reste donc une expérience visuelle et émotive très forte, autant pour les plus jeunes que les plus âgés…

Millenium Actress (réal. KON Satoshi, 2001)

Réalisateur de 4 films et d’une série télévisée (il a bien entendu participé à beaucoup d’autres productions animées que juste celles-là), KON Satoshi nous a quitté bien trop tôt pour que son œuvre semble achevée. En effet, le réalisateur de Perfect Blue, Millenium Actress, Tokyo Godfathers, Paprika et Paranoïa Agent, semblait vouloir toujours se faire télescoper réalité et monde imaginaire ou virtuel, fantasmé ou marginal. Dans Millenium Actress, il rend un hommage vibrant au cinéma japonais depuis les années d’avant-guerre jusqu’aux années 70, par le biais d’une histoire d’amour impossible et mythifiée par sa protagoniste principale. Si la narration est complexe, c’est parce que KON souhaite que le spectateur se perde dans la mémoire de cette actrice, dont le passage du temps a mélangé ses souvenirs avec les fantasmes de ses retrouvailles avec un homme qu’elle avait protégé de la police secrète japonaise. On passe de la réalité d’un plateau de tournage à celle d’un film de sabre ou bien à celle d’un drame romantique. Le saut qualitatif d’une image virtuelle ou fantasmée à celle qui dépeint une réalité (que celle ci soit souvenir ou le présent en train de se dérouler) se fait sans aucun problème, à la fois parce que le montage le permet (dans la résolution du passage dans la coupe d’un champ/contre-champ par exemple), mais surtout parce qu’il n’y pas de différence d’image dans le dessin lui-même (à l’exception d’une séquence qui montrerait un récit « en accéléré » des films tournés par la comédienne). C’est là une des grandes forces de l’animation. Le dessin d’une scène de réalité a la même « valeur » visuelle que celui d’une scène de souvenir, de fantasme ou d’imaginaire. Cela KON l’avait parfaitement compris et il n’est pas étonnant que dans tous ses films et projets, l’animation serve avant tout un propos sur le mélange des niveaux de réalité et de perception du monde de la part de ses personnages mais finalement aussi du spectateur. Le mélange entre rêve, récit, réalité, imaginaire, est le grand propos de l’œuvre du cinéaste de Paprika. Avec Millenium Actress, il y mêle un hommage appuyé au cinéma (japonais plus particulièrement), accompagnée d’une histoire d’amour contrarié aux accents lyriques.

Mercredi 27 juin

My Name is Hallam Foe (réal. David McKenzie, 2007)

Quatrième long métrage du réalisateur anglais (qui en compte aujourd’hui sept à son actif), My Name is Hallam Foe narre les mésaventures d’un jeune homme perturbé par la mort de sa mère (dont il imagine sa belle-mère coupable) et qui va décider de fuguer de chez son père et de vivre par lui-même dans la capitale écossaise. Il va y rencontrer une jeune fille qui ressemble étrangement à sa mère dans sa jeunesse et va progressivement tomber amoureux d’elle. Si l’histoire d’amour raté que le film met en scène n’est pas particulièrement originale (sauf peut-être son dénouement qui évite au film d’être trop marqué par la tendance habituelle anglo-saxonne au happy ending), son environnement l’est déjà plus. En effet, le personnage, incarné par l’excellent Jamie Bell (Billy Elliot, King Kong, La Mémoire de nos pères), est un voyeur obsessionnel et  légèrement paranoïaque, en plus d’être gravement perturbé par la mort de sa mère, au point de sombrer dans une folie meurtrière. Cette écriture intéressante et complexe du personnage central du film, si elle plaide en faveur d’une certaine recherche de complexité dramatique, a malheureusement pour effet secondaire d’empêcher une identification facile au héros du film. Le spectateur oscille entre empathie et dégoût. Cela étant l’ensemble des personnages ne sont pas des enfants de chœur, y compris l’héroïne, et permet de fondre le personnage principal dans une masse à laquelle il semble plus ou moins bien appartenir. Le jeu des comédiens est pour beaucoup dans la qualité du film (la présence de Ciaran Hinds dans un rôle secondaire tardif est un vrai plaisir), car la mise en scène ne brille pas par son inventivité ou même son efficacité. Cela dit, elle n’est pas pour autant médiocre et fait le nécessaire, voire un peu plus si l’on ne s’arrête qu’à la photographie qui a le mérite d’être particulièrement réussie et rend un très bel hommage aux couleurs urbaines et campagnardes d’une Écosse, que l’on aperçoit que trop rarement sur nos écrans français…

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Une semaine de films – du 30 avril au 6 mai 2012

Posted by Axel de Velp sur 9 mai 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Encore une maigre semaine qui s’est achevée, mais le seul film que j’ai pu voir m’a agréablement surpris dans son genre et continue de conforter tout le bien que je pense du « papa » de Buffy contre les Vampires.

Vendredi 4 mai

La Cabane dans les bois (réal. Drew Goddard, 2011)

Ce sympathique film d’horreur est scénarisé par Joss Whedon (décidément très présent ces derniers temps) et Drew Goddard (aussi réalisateur ici), scénariste de Cloverfield (excellent film de found-footage). Cette double parenté est certainement ce qui a donné tout son sel au film et en particulier à son écriture. Revenons rapidement sur la réalisation qui est efficace, sans être transcendante et s’appuie sur des effets éculés, mais néanmoins toujours bons : mécanismes de frayeur et de désamorçages de la peur pour mieux quelques instant après, surprendre le spectateur. Outre l’ambiance visuelle dans toute la partie « cabane », c’est bien la réalisation (outre l’écriture que nous verrons en détail plus loin) qui fait grand hommage au plus « cabanesque » des films d’horreur, le bien nommé Evil Dead. Les plans au ras du sol, les jeux de caméra avec les fenêtres et les portes, la disposition scénique de la cabane elle-même, tout ramène au film de Raimi. Pour ce qui est de l’autre versant du film (et sans essayer de le « spoiler » le moins du monde, quoique sa malheureuse bande-annonce s’en charge très bien toute seule), la mise en scène est classique et cherche certainement à traduire la « normalité » que l’histoire veut installer quant à ces artisans du sacrifice que sont les protagonistes de la base souterraine. Venons en maintenant à la grande qualité du film, son écriture : d’abord les dialogues, dont pas une ligne n’est à la fois un hommage aux films d’horreurs des années 1980-1990 (mais pas dans le style explicite et finalement fatiguant d’un Scream) et en ce sens la scène d’ouverture du film jusqu’à l’apparition du titre est particulièrement jouissive, mais aussi aux séries fantastiques des années 1990-2000 (Buffy évidemment, mais aussi les X-Files et bien d‘autres). Ensuite la construction narrative et le rythme, qui alterne intelligemment scène de « cabane » et base souterraine, maintiennent constamment l’intérêt (d’autant que le film est court et qu’il ne se réduit pas à une série de saynètes accrochées les unes aux autres). Si l’on a réussi à ne pas être « spoiler » avant sa vision, la surprise que réserve le récit est de taille, relativement originale, et donne tout son sel à la narration et aux effets de rythme. Pour finir, le film est avant tout dans son écriture un melting-pot de références au films du genre. Tout y passe, des films de fantômes japonais à King Kong, en passant par Hellraiser, les films de monstres de série B, les films de zombies, les slashers, les survivals, et jusqu’au rares adaptations de Lovecraft : la résolution finale du film dans ses enjeux et son récit, bien qu’elle en soit visuellement éloignée, fait de La Cabane dans les bois, l’un des tous derniers représentants des films adaptés du maître de l’Horreur de Providence.

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