"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Une semaine de films – du 4 au 10 juin 2012

Posted by Axel de Velp sur 14 juin 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Enfin une semaine bien chargée comme on les aime. Principalement du ciné US, plutôt orienté blockbuster, avec une entorse à la toute fin et un film « identifié » d’auteur, qui a fait l’ouverture du dernier festival de Cannes. Beaucoup d’extra-terrestres quand on y pense, et l’envie aussi de réfléchir sur le cinéma et la vie…

Lundi 4 juin

Men In Black III (réal. Barry Sonnenfeld, 2012)

Retour à cette franchise initiée à la fin des années 90 et qui avait su en son temps mêler science-fiction et humour avec talent, au moins pour son premier épisode, le second se situant quand même en deçà de son prédécesseur. Dans ce troisième opus, on ne change (presque) pas une formule qui gagne et les extraterrestres délirants sont toujours aussi présents ainsi que la relecture sauce « Men In Black » de l’histoire US contemporaine (excellent clin d’œil à Warhol dont le « travestissement » est utilisé en contre-pied de ce que la série aurait pu faire deviner au spectateur). Le film est suffisamment drôle pour que l’on ne s’embête pas devant, la mise en scène est de qualité, sauf quelques plans d’ensemble parfois un peu malheureux en termes de composition de cadre… Le « remplacement » de Tommy Lee Jones par Josh Brolin est une excellente idée de casting car, tout en donnant sa carrure au personnage, Brolin donne vraiment l’impression d’être Jones plus jeune, dans les regards, la voix, et l’attitude. Il vole la vedette à Smith (dont la carrière est un peu sur la pente déclinante depuis quelques années), et dont on peine à ressentir chez lui la même fraicheur et la même propension ludique dans son jeu que dans le premier MIB. Le choix de faire un bond dans le passé ménage quelques effets comiques bien sentis, même si là aussi on peut dire que la fraîcheur et le ton décalé ne sont pas assez présents et l’on aurait souhaité plus de jeu encore sur les différences d’époque ou la vision « MIB » de la fin des années 60.

Cowboys & Aliens (réal. Jon Favreau, 2011)

Dans la plus pure tradition hollywoodienne moderne, quand deux genres sont en pertes de vitesse (la SF et le western), mais que temps à autre un film ou un autre arrive à redonner ses lettres de noblesse au genre déclinant, alors les pontes des studios n’ont pas d’autres idées que de mixer l’un avec l’autre, en espérant en faire quelque chose de commercial. Si l’argument de Cowboys & Aliens prête à sourire, voire à donner envie de découvrir cette fusion étrange, l’on peut dire que l’on est très vite déçu. Les clichés du western appelés par le film sont très rapidement écartés ou trahis sans même que cela soit l’objet d’une déconstruction mythologique intéressante. Idem pour ce qui est des références SF que le film utilise. Finalement le plus navrant est sans doute l’attachement aux bons sentiments que le film véhicule comme objectif final à atteindre. Le méchant patron local (Ford plus monolithique que jamais dans son jeu d’acteur) n’est finalement qu’un ancien militaire traumatisé dont l’incapacité à gérer sa progéniture l’a transformé en un homme méchant et autoritaire. Le fils idiot et imbu de lui-même se rachètera une conduite, après son passage en tant que prisonnier des extraterrestres. Jusqu’aux hors-la-loi qui finissent par « gentiment » ripailler dans le bar du coin, mais savent se tenir quand on le leur demande. Quant au personnage principal (interprété par un Daniel Craig peu inspiré), son amnésie lui donne le droit de racheter à moindre frais sa conduite passée de brigand. Un film décevant, dont la mise en scène mollassonne (voir la ridicule bataille finale autour du vaisseau-mère) ne rattrape même pas un traitement de son sujet que l’on aurait souhaité plus inventif, vu la mixité de ses origines…

Mardi 5 juin

Moonrise Kingdom (réal. Wes Anderson, 2012)

Décidément plus Wes Anderson fait de films et plus je les aime… À chaque fois que je me retrouve devant un de ces films (à l’exception de Fantastic Mr. Fox, que je n’ai toujours pas vu), je me sens transporté dans un ailleurs poétique, une sorte de parenthèse dans l’univers réel, où les choses sont bien ordonnées, même quand elles dérapent. Avec Moonrise Kingdom, Anderson une fois encore organise, ordonne, arrange, déploie sous nos yeux une vision alternative d’un monde, dans lequel les rêves et les désirs peuvent et doivent devenir des réalités. Et même si la réalité finit toujours par rattraper ses protagonistes, leur détermination et leur conviction dans la réussite de leur entreprise leur fait surmonter leurs obstacles ou les contourner ou s’en accommoder… Mais ce que je trouve fascinant chez Anderson, c’est comment la mise en scène vient appuyer ces principes de récit et de narration. Son usage abondant de plans fixes à hauteur des yeux, avec des personnages près de l’écran, mais avec un large champ net derrière eux, les placent au centre du processus de vision du spectateur. Lorsque la caméra bouge c’est souvent à la faveur de lents travellings (ou panoramiques mais c’est plus rare), qui donnent à découvrir comment le monde qu’elle filme s’ordonne. Il arrive qu’une action ait lieu hors-champ mais dans ce cas la caméra finira toujours par revenir sur les conséquences de cette action. Il y a comme un didactisme dans la manière de filmer du cinéaste : chaque plan appelle l’autre et il n’est jamais très compliqué de deviner quel sera le prochain. Cela n’enlève en rien au plaisir du film, car le spectateur ne se trouve pas devant un travail évident, ni devant une leçon de cinéma, mais plutôt devant un apprentissage commun avec la caméra de ce que la narration a à nous raconter. Elle nous y emmène en nous tenant la main. Il n’est pas étonnant que les enfants dans le film écoutent un disque qui apprend comme un orchestre de musique classique se compose et joue. Ce clin d’œil à sa manière de filmer, Anderson ira même jusqu’à en contaminer son compositeur (Alexandre Desplat) : le morceau final sur le générique de fin du film est lui-même commenté par la voix d’un enfant.

Jeudi 7 juin

Sucker Punch (version longue, réal. Zack Snyder, 2011)

Je l’avais choisi comme deuxième film de l’année 2011 et je reste encore aujourd’hui convaincu de ce choix, même après un deuxième regard sur le film. J’avoue avoir un faible pour Snyder, car, mis à part Legend of the Guardians: The Owls of Ga’Hoole que je n’ai pas encore vu, aucun de ses films ne m’a jamais déçu… Outre un scénario qui est bien plus subtil qu’il ne paraît de prime abord, le film bénéficie surtout d’une mise en scène époustouflante de technicité, de maîtrise et de cohérence artistique et esthétique, faisant bien évidemment la part belle aux effets numériques. Les influences nombreuses du jeu vidéo sur la structure de la narration, sur l’ambiance esthétique et sur le jeu de la caméra viennent aussi beaucoup jouer dans mon appréciation du film. Par ailleurs, la musique choisie pour le film colle parfaitement à l’ambiance et il faut voir à ce sujet la version longue, dont le principal ajout est une scène de « comédie musicale » toute particulière. Mais là où Snyder est véritablement inspiré, c’est que sa réalisation n’échappe jamais à l’ennui ou la facilité. Que les plans et les mouvements de caméra soient étonnants lors des scènes d’action, c’est le moins que l’on puisse attendre d’un tel film. Mais que la même inventivité soit à l’œuvre lors de scènes plus conventionnelles de dialogues ou d’exposition du récit est déjà beaucoup moins fréquent. Si je ne devais retenir qu’une seule scène pour illustrer ce point particulier, ce serait certainement celle de la discussion dans la loge entre les filles devant le miroir, dans le premier tiers du film. Le spectateur « absorbé » par la discussion peut ne pas vraiment se rendre compte du jeu particulièrement jouissif de la caméra avec le regard et les corps des actrices via leur reflet dans le miroir : il faut voir la scène pour en comprendre toute l’inventivité visuelle, en parfaite harmonie avec le sujet du film et la discussion entre les protagonistes à ce moment-là !

Vendredi 8 juin

X-Men, le commencement (réal. Matthew Vaughn, 2011)

Si les deux premiers X-Men m’avaient bien plu (Singer avait bien réussi l’adaptation), on ne peut pas en dire autant du troisième opus, réalisé par le médiocre Brett Ratner. J’avoue alors que l’annonce d’une prequel de la trilogie, ne me faisait ni chaud ni froid. Mais après plusieurs avis enthousiastes de mon entourage et la présence derrière la caméra du réalisateur de deux films assez réussis (n’ayant pas vu Stardust), Layer Cake et Kick-Ass, l’envie de découvrir les origines de nos super héros me titillait de plus en plus. Le film est finalement bien plus réussi que ne l’était son prédécesseur chronologique et je dois reconnaître que le choix d’inscrire la trame du film dans l’Histoire est une excellente idée. On retrouve les thématiques chères à la saga sur la tolérance et l’ouverture aux autres, l’acceptation des différences : en ce sens, je pense que l’on oublie trop souvent que la littérature du super héros est avant tout une littérature sur l’Autre et le rapport de chacun à l’Étranger et ce qu’il y a d’Étrange en lui, une littérature de fraternité humaine ; et les films qui s’en font l’adaptation sont bien évidemment aussi pétris de ces idées là. Après la mise en scène est efficace, même si Vaughn paraît moins inspiré qu’il ne l’était dans Kick-Ass, la faute peut-être au carcan d’une saga dont les passages obligés sont parfois évidents en termes de narration. Reste également une sympathique distribution (ah Kevin Bacon en super méchant…), dont le plus éminent des représentants est bien évidemment Fassbender, dont la prestation, comme à son habitude, écrase littéralement James McAvoy, dont l’ interprétation de Charles Xavier n’est pas à la hauteur de son « rival ».

Samedi 9 juin

The Thing (réal. Matthijs van Heijningen Jr., 2011)

L’idée de ne pas vouloir faire un remake, comme c’est la mode depuis quelques années, de ce grand classique de l’horreur qu’est le film de John Carpenter a poussé la production et le jeune réalisateur du film vers l’idée d’une prequel, centrée autour de la base norvégienne, évoquée dans le film de 1982. Bonne idée, si ce n’est que pour ceux qui ont vu le film de Carpenter, la fin en est déjà écrite (mais elle en accord avec celle du film de 1982, donc cela aussi est cohérent). Reste alors à meubler le film avec des événements dont certaines scènes clés devront être présentées au spectateur pour que la « jonction » des récits se fassent sans problème. Si le fan est plus que satisfait sur ce point (le film ne présente quasiment aucun « défaut de continuité »), il faut reconnaître que sur d’autres points, on a quand même passablement à faire à un ersatz médiocre de l’original. Beaucoup de similitudes (tempêtes de neige, lance-flammes à gogo, autopsies peu ragoutantes et une Chose bien plus entêtée et visible que précédemment), des différences un peu farfelues (toute la fin dans le vaisseau de la Chose) et une mise en scène pas toujours très inspirée. Le casting n’a pas la qualité de celui de 1982 et la protagoniste centrale du film n’a clairement pas le panache d’un Kurt Russell. Finalement, la seule « bonne » idée du film reste celle qui consiste à découvrir ceux des personnages qui ne sont pas contaminés, en vérifiant l’état de leur dentition, comme contrepoint du « test sanguin » du film de Carpenter. Amis de la brosse à dents régulièrement appliquée et de l’héritage génétique dentaire de qualité, méfiez-vous, vous n’êtes peut-être pas qui vous prétendez être… !

Dimanche 10 juin

Le Caïman (réal. Nanni Moretti, 2006)

Finalement, quand je fais le compte, je n’ai pas vu beaucoup de films de Moretti. Cela faisait un petit moment que je voulais voir Le Caïman, que l’on m’avait « vendu » comme un film sur Berlusconi, et avec Moretti, je m’attendais à quelque chose de politiquement très « musclé ». On ne peut pas dire que je fus servi à la hauteur de mes espérances. Non pas que le film ne m’ait pas plu, mais je n’irai pas jusqu’à dire que le film parle vraiment de Berlusconi. Il parle plutôt de l’Italie sous Berlusconi, d’un producteur qui veut faire un film sur Berlusconi, de ces italiens qui ont voté ou pas pour lui, mais qui se rendent bien compte (à l’époque du film en 2006) au bout de 30 ans, que leur pays a sensiblement glissé dans la ploutocratie. En réalité, le film parle avant tout de cinéma et du métier de producteur : le petit, celui qui se bat contre vents et marées, au milieu de ses déboires personnels, pour faire les films qui lui plaisent, ceux pour lesquels il se réveille en pleine nuit et en continue inlassablement la lecture du scénario. C’est au travers de ce prisme du producteur qui mêle vie privée et vie professionnelle, que Moretti montre l’Italie de Berlusconi et de l’influence de cette évolution sur la vie des gens. Alors que pour certains la société s’ouvre et se développe, d’autres s’enferment dans l’argent, le vice, la démesure ou la bêtise crasse et ne respecte même plus leurs engagements quand il est question d’argent (l’attitude du « grand comédien » censé jouer le rôle de Berlusconi est à ce titre éloquente). Finalement, le héros, comme il produisait des films de série B ou Z avec tout son cœur, va se mettre à produire un film politique, voué aux gémonies par l’establishment audiovisuel financier italien, avec toute l’énergie qu’il peut déployer, car comme disait une très grande comédienne française : « le cinéma, c’est la vie » ! Et Moretti d’en donner une leçon plus que réussie, d’autant qu’il choisit « d’enfermer » son récit dans une boucle de film : au début, une imitation de nanar italien et à la fin, un brûlot politique engagé ; entre ces deux moments de cinéma, la vie tout simplement…

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Deux semaines de films – du 21 mai au 3 juin 2012

Posted by Axel de Velp sur 4 juin 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Une fois de plus, je réunis les films visionnés sur deux semaines au lieu d’une. Entre deux « redites » de qualité et trois découvertes, on va de l’intimité des êtres et de des couples, à la bêtise humaine et la folie obsessionnelle, en passant par l’immensité spatiale, l’horreur de ce qui nous est étranger et la décadence de la société humaine contemporaine. Il n’y a vraiment que le cinéma pour vous transporter aussi près et aussi loin de soi, sans jamais quitter son champ de vision restreint…

Jeudi 24 mai

7h58 ce samedi-là (réal. Sidney Lumet, 2007)

Décidément Lumet est à la fête avec moi en ce moment. Je n’avais pas revu ce film depuis sa sortie en salles, mais la très bonne impression qu’il m’avait laissée à l’époque s’est confirmée lors de cette seconde vision. Baignant dans son genre de prédilection, le « polar dramatique », le cinéaste, qui signait ici son dernier film, nous fait plonger une fois de plus dans les affres de petits criminels sans grande intelligence. La déchéance morale des personnages principaux est trop grande pour qu’elle ne contamine pas toute la trame : l’aîné qui sans vergogne s’attaque à sa famille, le cadet incapable de surmonter son complexe d’infériorité et son statut de chouchou, la femme mariée qui trompe parce qu’elle ne sait pas comment traduire autrement son angoisse, le père qui cherche dans la vengeance son ultime salut d’avoir manqué l’éducation de ses fils. Lumet montre comment l’engrenage du jeu, des dettes, de la drogue, du mensonge, mais surtout la bêtise humaine et l’incommunicabilité des hommes entre eux poussent au désespoir, au crime et à la violence. Il le fait avec une mise en scène très classique dans sa forme visuelle (le cadre est toujours très bien composé, la photo est bien calquée sur les émotions des personnages, les mouvements de caméra sont fluides – le 1er long plan dans l’appartement du dealer est à ce titre une vrai leçon de mise en scène) et une construction déstructurée mais jamais confuse pour ce qui touche à la narration. De plus, le film est servi par des acteurs au mieux de leur forme : Hoffmann, Hawke, Finney sont impressionnants par leur présence à l’écran et la crédibilité de leur jeu. Tous les cinéastes ne nous disent pas adieu avec autant de panache et de talent. Chapeau bas, M. Lumet !

Dimanche 27 mai

The Pledge (réal. Sean Penn, 2001)

Sean Penn est incontestablement un très grand comédien. Pour ce qui est de son statut de réalisateur, il est indéniable qu’il restera secondaire, mais pour autant, il nous a donné jusqu’à présent des films très réussis. The Pledge est avant tout un film d’ambiance, reposant sur son acteur principal (excellent Jack Nicholson), mais Sean Penn, comme à son habitude, a su s’entourer de collaborateurs qualifiés. La photo met très bien en valeur cette Amérique profonde où la forêt, les montagnes enneigées, les rivières, les diners, les gros trucks sont à mille lieux d’une Amérique technologique et impersonnelle et la bande originale s’en fait l’écho en une harmonique quasi parfaite. Sean Penn est fasciné par les espaces ouverts (son choix d’adapter Into The Wild en est un autre exemple) et les personnages complexes dont l’esprit est comme un paysage à découvrir et à analyser… Si l’on peut regretter que la « vérité » du récit appartienne au seul spectateur (Nicholson n’est pas vraiment fou), car cela vient brouiller quelque peu l’écriture de la progression psychologique du personnage, on ne peut s’empêcher d’accompagner ce flic à la retraite sur la pente douce des plaisirs simples de la vie. Malheureusement la violence sourde qui est tapi au creux de la nature en bordure de la vie des hommes ne manque jamais de rattraper la normalité d’un monde, où de plus en plus de nos aïeux finissent comme Jack, délaissé sur le bord d’une route, où plus personne ne s’arrête et où la folie et la mémoire sont les seuls compagnons qu’ils leur restent pour la fin du voyage.

Mardi 29 mai

The Deep Blue Sea (réal. Terence Davies, 2011)

J’avoue être toujours partagé devant les mélos. En effet, je ne peux m’empêcher la plupart du temps d’être happé par la force des sentiments déployés dans ces films (du moment qu’un minimum de talent en est à l’origine), tout en ayant du mal à ne pas ressentir une certaine distance envers ce genre, dont beaucoup de références appartiennent aujourd’hui à la Grande Histoire du Cinéma. J’avoue également que le mélo britannique ne m’est pas très familier, il est donc probable que je sois passé à côté de références spécifiques ou culturelles ; cependant pour ce qui est du film de Davies, plusieurs éléments en font sa force et sa qualité. Tout d’abord les comédiens sont exemplaires. Le film gagne énormément par leur jeu, tout en mélange de finesse et de force brute (selon les scènes), alors que la narration complique à dessein l’identification et la compréhension. C’est une des autres forces du film, sa structure. Construit sur des flash-backs (en particulier le début du film), le récit se déploie progressivement et ne dévoile que par à-coups les ressorts dramatiques qui poussent les personnages à agir (ou pas…). Enfin, la mise en scène est d’une très bonne facture classique (bien que la photo soit très inégale), même si par moments le réalisateur ose s’essayer à de très beaux effets de caméra : la scène de « lit » au début du film ou le « souvenir » du métro en sont des exemples frappants.

Jeudi 31 mai

Prometheus (réal. Ridley Scott, 2012)

Que dire de ce film que beaucoup auront attendus pendant très longtemps… Je dois avouer que depuis près d’une semaine que je l’ai vu, j’ai très souvent été amené à en discuter ou à y réfléchir et que je suis loin, alors que j’écris ces lignes, d’avoir complètement arrêté mon avis sur lui. Il me semble d’abord important de ne pas oublier que le projet initial du film ne devait rien avoir de commun avec la saga Alien, mais l’insistance de la production aura eu raison des hésitations de Scott. Cette double parenté, le film la porte en lui comme une tare qui n’a de cesse de venir compliquer son déploiement. Chaque scène est travaillée par deux logiques : celle propre au film Prometheus et à son sujet sur la création de l’Humanité (qui, soit dit en passant, fait un clin d’œil scientiste au garants du créationnisme version technologique) et celle propre à la saga Alien, avec tout son lot de référents « à venir » qu’elle est censée mettre en place. Ce double travail génère d’abord querelles ou remarques des fans (dont je fais partie), sur le nom de la planète (LV-223) qui n’est bien évidemment pas celle du premier Alien, sur les parentés de Peter/Charles Weyland, etc. La FOX a toujours su jouer de cet univers (déjà les deux Aliens vs. Predator étaient bourrés de clins d’œil aux fans), il n’est pas étonnant que là encore ce soit le cas. D’ailleurs cela se fait intelligemment et la grande qualité de la direction artistique dans les décors, les costumes, les effets visuels, ne nous mettent à aucun moment face au syndrome « Star Wars prequel » (où la technologie d’avant semblait bien plus opérante, fonctionnelle et moderne que ne le sera celle d’après…). Mais au-delà de tous ces détails (non négligeables mais secondaires quant au véritables enjeux du film et à son discours), cette double origine vient à mon sens grandement perturber le film. D’abord dans l’écriture des personnages, car ils sont pour la plupart monolithiques au possible (exception faite bien entendu de David – Fassbender étant décidément un acteur sur lequel compter) et beaucoup d’entre eux sont mêmes complètement inutiles au regard de l’importance que le film semble vouloir leur accorder (Charlize Theron et Idriss Elba en sont ici pour leurs frais). Ensuite beaucoup de scènes clés du film font les frais aussi de cette parenté bicéphale. Certaines font implicitement appel aux scènes clés identiques de la saga (je pense ici par exemple à celle du retour au vaisseau et de la question de la quarantaine) dans une logique de référence intelligente tandis que d’autres ne sont là que pour servir le rattachement du film à la saga, minant ainsi son discours central. Mes dernières remarques négatives seront pour la musique du film que je trouve particulièrement mal choisie et pour les comédiens. Si ce n’est Fassbender, aucun ne trouve grâce à mes yeux, la faute à une écriture des rôles que j’ai déjà qualifié de ratée, et la performance la pire de toutes me semble malheureusement bien être celle de Noomi Rapace, sous Sigourney Weaver dont l’ombre plane sur le film du début à la fin (bien malgré elle – mais là encore le rapprochement avec Alien est obligatoire de par l’univers du film et son ontologie). Après tout cela, on ne peut pas ne pas reconnaître la maestria de Scott à la mise en scène. Qu’il s’agisse de l’intégration des effets visuels numériques, des choix de mise en scène, du traitement 3D reflief postproduit, tout est de très grande qualité. Le film ne nous lâche pas de la première à la dernière minute, le rythme est soutenu et les ambitions « sci-fi » sont suffisantes pour faire rêver et/ou réfléchir à cette idée très répandue dans le genre de « grands Ingénieurs » qui auraient créé l’Humanité. On enchaîne quelques séquences mémorables : la découverte de la base des Ingénieurs, la « césarienne », la carte des étoiles, la naissance du « premier » Alien… Mais s’il ne fallait retenir qu’une seule chose du film de Scott, c’est bien entendu le personnage de David, parfaite synthèse (avant l’heure) d’Ash et Bishop, reflet inquiétant de l’humain et de l’inhumain, parfaitement incarné par un acteur de plus en plus surprenant. Au final, un très grand film de SF, qui souffre malheureusement d’ambitions contradictoires, et dont la pire des conséquences se concrétise dans une très mauvaise écriture des personnages…

Dimanche 3 juin

Cosmopolis (réal. David Cronenberg, 2012)

Très difficile d’écrire sur un film aussi dense et aussi particulier que peut l’être le dernier chef d’œuvre de Cronenberg. Cinéaste inattendu ces dernières années, lorsqu’il prenait avec succès le virage initié par A History of Violence, il revient avec force et conviction sur des terrains plus connus avec Cosmopolis. Flirtant avec la philosophie empirique qu’il a toujours interrogée, Cronenberg pose avec Cosmopolis sa vision du monde moderne et ses dérives face aux errances morales du capitalisme et de la finance. Mais au-delà de la critique simpliste d’un monde fasciné par les apparences et la vacuité, Cronenberg pose aussi la question plus large du rapport de l’homme à lui-même et à ses semblables : la question des rapports de force qu’ils soient professionnels, amicaux, sexuels, amoureux, ou familiaux… Finalement avec le choix de Robert Pattinson (Eric Packer) comme symbole du male dominant, Cronenberg ne fait qu’entériner un choix que la mode du marketing global aurait imposé d’elle-même. Seulement ce symbole est petit à petit dominé par les événements ou par ceux qui l’entourent, et malgré quelques sursauts de réaffirmation de sa suprématie supposée (le meurtre du garde du corps, son choix du coiffeur – qui n’est pas innocent puisqu’il le renvoie à une soumission ancienne, celle de son père, son choix d’en partir avant que la coupe ne se termine), il finira par être complètement submergé par un environnement qu’il ne peut contrôler. Cet environnement est à l’opposé de ce qu’était sa voiture ultramoderne et aseptisée, huis-clos mobile dans et hors le monde, bulle où entrent et sortent toutes sortes de gens et de choses mais uniquement selon le bon vouloir de celui qui le contrôle. L’environnement final où Eric vient se perdre et comprendre l’inanité de sa condition est un grand « foutoir » où se mêlent poussière, déchets, objets défectueux. C’est dans cette ruine où s’amoncellent les traces d’une grandeur passée et d’une organisation révolue des hommes qu’Eric essaie de repousser l’inévitable. L’homme qu’il y trouvera n’est que le miroir de ce qu’il aurait pu devenir : en un sens la fin non résolue du film à l’écran n’a pas besoin de s’inventer ou de se deviner car elle est dans la logique même des choses. Tout ce qu’Eric représente n’a qu’une fin possible, la destruction de la vie : telle est la finalité du capitalisme sauvage, y compris sa propre auto-destruction.

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Une semaine de films – du 19 au 25 mars 2012

Posted by Axel de Velp sur 27 mars 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Encore une semaine peu fournie, qui démarra fort mal sur un « presque » navet, mais qui continua avec deux films très bons, chacun avec ses qualités et des discours différents.

Mardi 20 mars

Blood Creek (réal. Joel Schumacher, 2009)

Je n’ai jamais été vraiment convaincu du talent de Schumacher, mais je dois avouer que certains films au fil de sa carrière ont su me séduire : Génération perdue (question bête de nostalgie), L’Expérience interdite (un peu la même chose…), Chute libre (là c’est déjà plus sérieux et abouti), Tigerland (belle première prestation de Colin Farrell), Phone Booth (drôle de huis clos plutôt réussi). Mais combien de films imparfaits inintéressants, ratés ou à la morale plus que douteuse (Batman Forever, Batman & Robin, 8mm, Le Nombre 23 pour ne citer qu’eux…). Alors quand j’ai repéré ce direct-to-video pour la France, j’avoue que j’étais à la fois curieux et aussi très réticent, une fois le synopsis lu. Et bien l’on peut dire que je n’ai pas été déçu… ou plutôt j’aurais préféré que mes craintes le soient ! Basé sur un scénario indigent, dont la plausibilité (même pour un film à l’univers fantastique) est quasi nulle, Blood Creek est l’exemple même de films de série B mauvais, comme les américains en produisent malheureusement beaucoup trop et qui nous arrivent chaque année dans des sorties vidéos, qui généralement ne sont pas distribuées ailleurs que dans les bacs de DVD à petits prix des grandes surfaces. Mais voilà, avec Schumacher au commande, même si le film a échappé à une sortie salles, il a eu les bénéfices d’une sortie DVD/Blu-ray (si, si !) un peu mieux servi que ses habituels congénères, avec une présence à la FNAC entre autres (cela dit, loin de moi l’idée de dire que tout film vendu à la FNAC serait d’une qualité minimum…). Tout cela pour dire que ce film est truffé d’idées de mauvais goût, que la mise en scène est molle (qu’est-il arrivé au réalisateur de Chute libre ?), le montage inconsistant (la scène de combat final est à ce titre un summum de l’étirement narratif irréaliste) et rempli de situations à la limite du ridicule tellement elles en deviennent risibles (la « mémorable » attaque du cheval zombie dans la cuisine vaut presque à elle seule le détour). Pour finir sur une note bien malheureuse, espérons que la récente reconnaissance professionnelle, dont jouit Michael Fassbender après des rôles aussi prestigieux que ceux de Shame, A Dangerous Method, ou encore Hunger, lui permette d’éviter à l’avenir de jouer à nouveau dans des films aussi misérables que celui-là…

Mercredi 21 mars

38 témoins (réal. Lucas Belvaux, 2012)

Huitième film du cinéaste d’origine belge, 38 témoins est adapté d’un livre de Didier Decoin, Est-ce ainsi que les femmes meurent ?, et propose d’explorer le sujet de la culpabilité. Témoin d’un meurtre, pour lequel il n’a rien fait, pas même appeler la police, comme 37 autres personnes de son voisinage, Pierre Morvand (excellent Yvan Attal) est rongé par sa double culpabilité : n’avoir rien fait et ne pas oser l’avouer. Confronté à ce que cette double absence d’humanité révèle de lui, il finira par aller voir la Police pour rechercher la justice, non pas celle du meurtre, mais celle qui doit s’intéresser à lui. Contrairement aux autres témoins qui auront affirmé officiellement n’avoir rien vu, ni rien entendu, Pierre ne dira rien aux autorités, il jouera aux abonnés absents et ne mentira qu’à sa femme. Il est plus profondément rongé par la culpabilité de son inaction cette nuit-là que par son incapacité à l’avouer, puisqu’il finira par le faire en pleine nuit à celle qu’il aime. Conscient de ce que cet aveu va révéler d’inhumain en lui (il utilise d’ailleurs lui-même ces mots), il a compris qu’à partir du moment où il n’a rien fait, il s’était condamné, lui, son couple, sa vie future, à vivre en sursis, dans l’attente d’un jugement qui ne semble pas venir et dont il a désespérément besoin. Il le dit lui-même à la journaliste (Nicole Garcia très bien choisie pour ce rôle) : il erre entre les vivants et les morts. Lucas Belvaux soigne très bien l’écriture de son film et sa lente progression vers deux issues inéluctables qui sont autant d’étapes du film : l’aveu de Morvand à la Police et la reconstitution du meurtre (non pas pour mieux comprendre comment le meurtre s’est déroulé, mais surtout pour mieux comprendre comment 38 personnes en arrivent à ignorer les souffrances d’une autre). L’aveu et les scènes qui l’entourent (la préparation de Morvand qui endosse son plus bel uniforme de marin pour aller affronter ses démons et dire la vérité) sont le point de bascule du film. Belvaux ne s’y trompe pas et traite radicalement sa mise en scène à ce moment là. Si auparavant, Morvand et sa fiancée habitent le cadre ensemble et leurs regards peuvent s’y croiser, ce n’est désormais plus le cas. Leurs regards ne se croisent que dans l’espace du montage, dans les champs-contrechamps, mais plus dans le même cadre. Dès lors, dans un plan donné, leurs regards sont opposés ou regardent dans la même direction, mais il ne leur est plus possible de se regarder directement. Ce n’est que l’annonce à venir d’une rupture impossible à éviter. Belvaux filme la culpabilité et son irrépressible engrenage avec le calme qui sied aux drames humains et aux décors emplis du désespoir du Havre et de la haute mer. Sur les étendues sans fin de la mer, face aux supercontainers que Morvand pilote à bon port jusqu’au Havre, c’est la désolation de son âme qu’il contemple. Comme ce labyrinthe que sa fiancée parcourt sans sembler savoir où elle est destinée à arriver, sauf face à l’homme qu’elle a aimée, mais qui n’est plus que l’ombre de lui-même. La résolution finale, sans arriver à approcher la vérité d’une expérience odieuse, être témoin du meurtre d’une femme et ne RIEN faire, parle avant tout de l’incapacité de nos sociétés modernes à appréhender la lâcheté collective. Belvaux parle ici de la faillite des sociétés humaines face à l’horreur du mal, de la facilité de l’oubli et du déni, mais de du mensonge caractérisé que serait leur capacité à soulager l’homme.

Dimanche 25 mars

Bellflower (réal. Evan Glodell, 2011)

Scénariste, monteur, acteur, réalisateur, Evan Glodell montre avec Bellflower, son premier long métrage, les prémisses d’un véritable talent. Le film raconte les mésaventures de deux amis obnubilés par un avenir apocalyptique à la fois redouté et désiré, qui les propulserait, eux, leur lance-flammes fabriqué et leur voiture remaniée en engin de guerre, dans une version de Mad Max modernisée. Mais en attendant que la prophétie se réalise, il faut bien vivre, tomber amoureux, essayer de se construire une vie, un avenir bien réel… Après un accident de la route, suite à la découverte d’un adultère, l’un d’entre eux, gravement blessé, va plonger dans les affres d’une vie résiduelle sans promesse de lendemains heureux. Ce sera l’occasion de contempler une vengeance à la violence extrême et la déchéance de ses rêves. On se retrouve face au récit de voyage intimiste dans l’amitié et l’amour de jeunes américains paumés dans leur banlieue californienne, rêvant d’un monde chamboulé qui leur permettrait (peut-être) de donner un sens à leur vie et leurs fantasmes. Le film est porté par une narration globalement classique, mais qui ne s’interdit pas des ellipses significatives, à la fois surprenantes et en même temps très efficaces : le temps passé entre un plan où le jeune couple se découvre et le suivant où ils habitent ensemble et l’homme a une barbe bien fournie, en dit long sur ce qui a pu exister entre eux ; mais en même temps la description rapide du quotidien et de l’environnement – identique d’un plan à l’autre – traduit bien l’immobilisme face auquel le spectateur est confronté. La narration est aussi éclatée sur quelques moments du film, en particulier la fin et le fantasme de vengeance, dont les plans finissent par s’intercaler avec la fin réelle du film et des plans de flash-backs. Coproduit par une bonne partie du casting, ce film indépendant américain, repéré à Sundance, fait l’effet d’une révélation de talents divers et variés. D’abord les comédiens sont tous convaincants et le jeu tout en subtilité des uns et toute en force des autres donne au film un dynamisme qui colle parfaitement à l’écriture. La réalisation, si elle n’est pas particulièrement inspirée, est quand même bien efficace et s’appuie intelligemment sur un traitement de l’image très poussé, qui permet certainement aussi par moments de cacher un certain amateurisme ou de manque de moyens dans la prise de vue. Rappelant les effets popularisés par les applications de smartphones, comme Hipstamatic ou le TiltShift, la photographie est triturée, saturée, décolorée, retouchée, tout au long du film (ce qui est un peu épuisant visuellement sur la longueur). Cependant ces effets sont intelligemment utilisés : tel personnage ou tel autre semble bénéficier lors des plans qui lui sont consacrés d’une colorimétrie particulière. L’effet TiltShift produit une mise en avant intéressante, rarement vue au cinéma, en isolant une zone de netteté entourée de flou au sein d’une même profondeur de champ de l’image, là où d’habitude on a l’habitude que les jeux sur flou et net se situent dans la profondeur elle-même, entre un premier plan, un plan moyen et un arrière plan de l’image. Elle permet au réalisateur d’attirer l’attention du spectateur sur tel ou tel élément de l’image, tout en renouvelant quelque peu les procédés habituellement utilisés.

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