"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Entre fin du monde et fin de Bond…

Posted by Axel de Velp sur 29 novembre 2012

Entre un film quasi-inconnu du début des années 80 et le dernier James Bond à être sorti sur les écrans, je fais donc le grand écart dans cette publication, mais quelque soit le film, je les recommande tous les deux vivement !

Virus

(réal. FUKASAKU Kinji, 1980 – vu le 18 octobre 2012)

Curiosité cinématographique, le film de FUKASAKU est une production nippone internationale, dont le casting est à 90% anglo-saxon et dont l’action se situe pour l’essentiel hors de l’Archipel. Film de fin du monde, Virus raconte comment l’humanité trouve sa perte dans la libération accidentelle d’un virus mortel créé par l’homme. Dépeignant un anéantissement global de la population (seuls quelques centaines individus survivent au Pôle Sud), le film du cinéaste nippon ne s’épargne aucune situation découlant de cette situation extrême : scènes d’apocalypse urbain, obligation de concertation internationale, mais surtout peut-être la scène la plus impressionnante du film, celle où il faut débattre de la condition des 11 seules femmes survivantes au sein de la population humaine et qui vont devoir servir de « vivier » pour rebâtir une humanité et satisfaire à l’épanouissement sexuel des hommes survivants. Le film malgré ses deux heures quarante en version intégrale se regarde sans broncher de bout en bout et par le biais d’une narration en flash-back ne ménagent aucunement le spectateur sur les tenants et les aboutissants de l’évolution des motivations de chacun des personnages. Le final est peut-être le plus impressionnant où un survivant japonais parcourt tout le continent américain, de Washington D.C. jusqu’au tréfonds de la Patagonie, dans l’unique espoir de revoir la femme qu’il aime. FUKASAKU va aux limites de la logique du film et termine sur des plans somptueux d’apocalypse, peuplés uniquement par la silhouette d’un homme seul, avant de redonner quelque espoir et de dire sa profonde croyance en l’avenir de l’humanité dans la survivance des femmes et de leur prédominance sur les cultures à venir.

Skyfall

(réal. Sam Mendes, 2012 – vu le 29 octobre 2012)

Avec Skyfall, la saga Bond revient à un film de grande qualité après l’oubliable Quantum of Solace. Si Casino Royale réinventait le mythe (héros blond, amoureux d’une seule femme, admis à devenir un « double zéro », etc.), Skyfall ancre le mythe dans le réel par le biais d’une plongée dans son passé et dans la constitution de sa légende. Passons sur la supposée « mort » de 007, puisque Skyfall n’est pas le premier film à la mettre en scène, bien que cette fois-ci à l’exception de Bond lui-même, tout le monde pense qu’il est effectivement décédé. Là où Skyfall se démarque vraiment et vient renouveler la saga, c’est dans l’établissement implicite de relations intimes et non-dénuées d’une certaine tension affective entre Bond et M. Renouvellement aussi dans la figure du méchant, sorte de double maléfique (et gay, le jeu exagéré) de 007, « enfant illégitime » de M (si Bond est considéré comme un enfant « légitime »). La distribution est excellente : Craig toujours aussi impassible dans son rôle du plus grand agent secret de l’histoire du cinéma, Judi Dench incroyable de sensibilité dissimulée derrière le masque froid de son interprétation et bien entendu Javier Bardem qui, bien que cabotinant quelque peu, remplit l’écran avec une facilité déconcertante, presque à en voler la vedette à Craig. Au-delà de l’excellente qualité scénaristique et narrative du film, Skyfall est qui plus-est très bien réalisé. Sam Mendes ne déroge pas à sa réputation et à la qualité de ses précédents films (American Beauty, Les Sentiers de la perdition, Jarhead, etc.). La photographie est aux petits oignons et quelques scènes relèvent purement d’une esthétique quasi sur-réelle (la bagarre dans le building chinois, l’entrée en scène de Craig dans le casino, les landes écossaises et leur ambiance « primitive »). L’emploi de la profondeur de champ et du passage du flou au net comme révélateur des enjeux du cadre sont omniprésents et ce dès le début du film : ainsi ce plan superbe où la silhouette de Bond floue arrive du fond du cadre, avant qu’il ne le remplisse quasi entièrement au premier plan et que son visage devenu net ne vienne se découper sur des jeux d’ombres et de lumière francs, que le spectateur ne pouvait imaginer au départ.

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