"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Une semaine de films – du 4 au 10 juin 2012

Posted by Axel de Velp sur 14 juin 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Enfin une semaine bien chargée comme on les aime. Principalement du ciné US, plutôt orienté blockbuster, avec une entorse à la toute fin et un film « identifié » d’auteur, qui a fait l’ouverture du dernier festival de Cannes. Beaucoup d’extra-terrestres quand on y pense, et l’envie aussi de réfléchir sur le cinéma et la vie…

Lundi 4 juin

Men In Black III (réal. Barry Sonnenfeld, 2012)

Retour à cette franchise initiée à la fin des années 90 et qui avait su en son temps mêler science-fiction et humour avec talent, au moins pour son premier épisode, le second se situant quand même en deçà de son prédécesseur. Dans ce troisième opus, on ne change (presque) pas une formule qui gagne et les extraterrestres délirants sont toujours aussi présents ainsi que la relecture sauce « Men In Black » de l’histoire US contemporaine (excellent clin d’œil à Warhol dont le « travestissement » est utilisé en contre-pied de ce que la série aurait pu faire deviner au spectateur). Le film est suffisamment drôle pour que l’on ne s’embête pas devant, la mise en scène est de qualité, sauf quelques plans d’ensemble parfois un peu malheureux en termes de composition de cadre… Le « remplacement » de Tommy Lee Jones par Josh Brolin est une excellente idée de casting car, tout en donnant sa carrure au personnage, Brolin donne vraiment l’impression d’être Jones plus jeune, dans les regards, la voix, et l’attitude. Il vole la vedette à Smith (dont la carrière est un peu sur la pente déclinante depuis quelques années), et dont on peine à ressentir chez lui la même fraicheur et la même propension ludique dans son jeu que dans le premier MIB. Le choix de faire un bond dans le passé ménage quelques effets comiques bien sentis, même si là aussi on peut dire que la fraîcheur et le ton décalé ne sont pas assez présents et l’on aurait souhaité plus de jeu encore sur les différences d’époque ou la vision « MIB » de la fin des années 60.

Cowboys & Aliens (réal. Jon Favreau, 2011)

Dans la plus pure tradition hollywoodienne moderne, quand deux genres sont en pertes de vitesse (la SF et le western), mais que temps à autre un film ou un autre arrive à redonner ses lettres de noblesse au genre déclinant, alors les pontes des studios n’ont pas d’autres idées que de mixer l’un avec l’autre, en espérant en faire quelque chose de commercial. Si l’argument de Cowboys & Aliens prête à sourire, voire à donner envie de découvrir cette fusion étrange, l’on peut dire que l’on est très vite déçu. Les clichés du western appelés par le film sont très rapidement écartés ou trahis sans même que cela soit l’objet d’une déconstruction mythologique intéressante. Idem pour ce qui est des références SF que le film utilise. Finalement le plus navrant est sans doute l’attachement aux bons sentiments que le film véhicule comme objectif final à atteindre. Le méchant patron local (Ford plus monolithique que jamais dans son jeu d’acteur) n’est finalement qu’un ancien militaire traumatisé dont l’incapacité à gérer sa progéniture l’a transformé en un homme méchant et autoritaire. Le fils idiot et imbu de lui-même se rachètera une conduite, après son passage en tant que prisonnier des extraterrestres. Jusqu’aux hors-la-loi qui finissent par « gentiment » ripailler dans le bar du coin, mais savent se tenir quand on le leur demande. Quant au personnage principal (interprété par un Daniel Craig peu inspiré), son amnésie lui donne le droit de racheter à moindre frais sa conduite passée de brigand. Un film décevant, dont la mise en scène mollassonne (voir la ridicule bataille finale autour du vaisseau-mère) ne rattrape même pas un traitement de son sujet que l’on aurait souhaité plus inventif, vu la mixité de ses origines…

Mardi 5 juin

Moonrise Kingdom (réal. Wes Anderson, 2012)

Décidément plus Wes Anderson fait de films et plus je les aime… À chaque fois que je me retrouve devant un de ces films (à l’exception de Fantastic Mr. Fox, que je n’ai toujours pas vu), je me sens transporté dans un ailleurs poétique, une sorte de parenthèse dans l’univers réel, où les choses sont bien ordonnées, même quand elles dérapent. Avec Moonrise Kingdom, Anderson une fois encore organise, ordonne, arrange, déploie sous nos yeux une vision alternative d’un monde, dans lequel les rêves et les désirs peuvent et doivent devenir des réalités. Et même si la réalité finit toujours par rattraper ses protagonistes, leur détermination et leur conviction dans la réussite de leur entreprise leur fait surmonter leurs obstacles ou les contourner ou s’en accommoder… Mais ce que je trouve fascinant chez Anderson, c’est comment la mise en scène vient appuyer ces principes de récit et de narration. Son usage abondant de plans fixes à hauteur des yeux, avec des personnages près de l’écran, mais avec un large champ net derrière eux, les placent au centre du processus de vision du spectateur. Lorsque la caméra bouge c’est souvent à la faveur de lents travellings (ou panoramiques mais c’est plus rare), qui donnent à découvrir comment le monde qu’elle filme s’ordonne. Il arrive qu’une action ait lieu hors-champ mais dans ce cas la caméra finira toujours par revenir sur les conséquences de cette action. Il y a comme un didactisme dans la manière de filmer du cinéaste : chaque plan appelle l’autre et il n’est jamais très compliqué de deviner quel sera le prochain. Cela n’enlève en rien au plaisir du film, car le spectateur ne se trouve pas devant un travail évident, ni devant une leçon de cinéma, mais plutôt devant un apprentissage commun avec la caméra de ce que la narration a à nous raconter. Elle nous y emmène en nous tenant la main. Il n’est pas étonnant que les enfants dans le film écoutent un disque qui apprend comme un orchestre de musique classique se compose et joue. Ce clin d’œil à sa manière de filmer, Anderson ira même jusqu’à en contaminer son compositeur (Alexandre Desplat) : le morceau final sur le générique de fin du film est lui-même commenté par la voix d’un enfant.

Jeudi 7 juin

Sucker Punch (version longue, réal. Zack Snyder, 2011)

Je l’avais choisi comme deuxième film de l’année 2011 et je reste encore aujourd’hui convaincu de ce choix, même après un deuxième regard sur le film. J’avoue avoir un faible pour Snyder, car, mis à part Legend of the Guardians: The Owls of Ga’Hoole que je n’ai pas encore vu, aucun de ses films ne m’a jamais déçu… Outre un scénario qui est bien plus subtil qu’il ne paraît de prime abord, le film bénéficie surtout d’une mise en scène époustouflante de technicité, de maîtrise et de cohérence artistique et esthétique, faisant bien évidemment la part belle aux effets numériques. Les influences nombreuses du jeu vidéo sur la structure de la narration, sur l’ambiance esthétique et sur le jeu de la caméra viennent aussi beaucoup jouer dans mon appréciation du film. Par ailleurs, la musique choisie pour le film colle parfaitement à l’ambiance et il faut voir à ce sujet la version longue, dont le principal ajout est une scène de « comédie musicale » toute particulière. Mais là où Snyder est véritablement inspiré, c’est que sa réalisation n’échappe jamais à l’ennui ou la facilité. Que les plans et les mouvements de caméra soient étonnants lors des scènes d’action, c’est le moins que l’on puisse attendre d’un tel film. Mais que la même inventivité soit à l’œuvre lors de scènes plus conventionnelles de dialogues ou d’exposition du récit est déjà beaucoup moins fréquent. Si je ne devais retenir qu’une seule scène pour illustrer ce point particulier, ce serait certainement celle de la discussion dans la loge entre les filles devant le miroir, dans le premier tiers du film. Le spectateur « absorbé » par la discussion peut ne pas vraiment se rendre compte du jeu particulièrement jouissif de la caméra avec le regard et les corps des actrices via leur reflet dans le miroir : il faut voir la scène pour en comprendre toute l’inventivité visuelle, en parfaite harmonie avec le sujet du film et la discussion entre les protagonistes à ce moment-là !

Vendredi 8 juin

X-Men, le commencement (réal. Matthew Vaughn, 2011)

Si les deux premiers X-Men m’avaient bien plu (Singer avait bien réussi l’adaptation), on ne peut pas en dire autant du troisième opus, réalisé par le médiocre Brett Ratner. J’avoue alors que l’annonce d’une prequel de la trilogie, ne me faisait ni chaud ni froid. Mais après plusieurs avis enthousiastes de mon entourage et la présence derrière la caméra du réalisateur de deux films assez réussis (n’ayant pas vu Stardust), Layer Cake et Kick-Ass, l’envie de découvrir les origines de nos super héros me titillait de plus en plus. Le film est finalement bien plus réussi que ne l’était son prédécesseur chronologique et je dois reconnaître que le choix d’inscrire la trame du film dans l’Histoire est une excellente idée. On retrouve les thématiques chères à la saga sur la tolérance et l’ouverture aux autres, l’acceptation des différences : en ce sens, je pense que l’on oublie trop souvent que la littérature du super héros est avant tout une littérature sur l’Autre et le rapport de chacun à l’Étranger et ce qu’il y a d’Étrange en lui, une littérature de fraternité humaine ; et les films qui s’en font l’adaptation sont bien évidemment aussi pétris de ces idées là. Après la mise en scène est efficace, même si Vaughn paraît moins inspiré qu’il ne l’était dans Kick-Ass, la faute peut-être au carcan d’une saga dont les passages obligés sont parfois évidents en termes de narration. Reste également une sympathique distribution (ah Kevin Bacon en super méchant…), dont le plus éminent des représentants est bien évidemment Fassbender, dont la prestation, comme à son habitude, écrase littéralement James McAvoy, dont l’ interprétation de Charles Xavier n’est pas à la hauteur de son « rival ».

Samedi 9 juin

The Thing (réal. Matthijs van Heijningen Jr., 2011)

L’idée de ne pas vouloir faire un remake, comme c’est la mode depuis quelques années, de ce grand classique de l’horreur qu’est le film de John Carpenter a poussé la production et le jeune réalisateur du film vers l’idée d’une prequel, centrée autour de la base norvégienne, évoquée dans le film de 1982. Bonne idée, si ce n’est que pour ceux qui ont vu le film de Carpenter, la fin en est déjà écrite (mais elle en accord avec celle du film de 1982, donc cela aussi est cohérent). Reste alors à meubler le film avec des événements dont certaines scènes clés devront être présentées au spectateur pour que la « jonction » des récits se fassent sans problème. Si le fan est plus que satisfait sur ce point (le film ne présente quasiment aucun « défaut de continuité »), il faut reconnaître que sur d’autres points, on a quand même passablement à faire à un ersatz médiocre de l’original. Beaucoup de similitudes (tempêtes de neige, lance-flammes à gogo, autopsies peu ragoutantes et une Chose bien plus entêtée et visible que précédemment), des différences un peu farfelues (toute la fin dans le vaisseau de la Chose) et une mise en scène pas toujours très inspirée. Le casting n’a pas la qualité de celui de 1982 et la protagoniste centrale du film n’a clairement pas le panache d’un Kurt Russell. Finalement, la seule « bonne » idée du film reste celle qui consiste à découvrir ceux des personnages qui ne sont pas contaminés, en vérifiant l’état de leur dentition, comme contrepoint du « test sanguin » du film de Carpenter. Amis de la brosse à dents régulièrement appliquée et de l’héritage génétique dentaire de qualité, méfiez-vous, vous n’êtes peut-être pas qui vous prétendez être… !

Dimanche 10 juin

Le Caïman (réal. Nanni Moretti, 2006)

Finalement, quand je fais le compte, je n’ai pas vu beaucoup de films de Moretti. Cela faisait un petit moment que je voulais voir Le Caïman, que l’on m’avait « vendu » comme un film sur Berlusconi, et avec Moretti, je m’attendais à quelque chose de politiquement très « musclé ». On ne peut pas dire que je fus servi à la hauteur de mes espérances. Non pas que le film ne m’ait pas plu, mais je n’irai pas jusqu’à dire que le film parle vraiment de Berlusconi. Il parle plutôt de l’Italie sous Berlusconi, d’un producteur qui veut faire un film sur Berlusconi, de ces italiens qui ont voté ou pas pour lui, mais qui se rendent bien compte (à l’époque du film en 2006) au bout de 30 ans, que leur pays a sensiblement glissé dans la ploutocratie. En réalité, le film parle avant tout de cinéma et du métier de producteur : le petit, celui qui se bat contre vents et marées, au milieu de ses déboires personnels, pour faire les films qui lui plaisent, ceux pour lesquels il se réveille en pleine nuit et en continue inlassablement la lecture du scénario. C’est au travers de ce prisme du producteur qui mêle vie privée et vie professionnelle, que Moretti montre l’Italie de Berlusconi et de l’influence de cette évolution sur la vie des gens. Alors que pour certains la société s’ouvre et se développe, d’autres s’enferment dans l’argent, le vice, la démesure ou la bêtise crasse et ne respecte même plus leurs engagements quand il est question d’argent (l’attitude du « grand comédien » censé jouer le rôle de Berlusconi est à ce titre éloquente). Finalement, le héros, comme il produisait des films de série B ou Z avec tout son cœur, va se mettre à produire un film politique, voué aux gémonies par l’establishment audiovisuel financier italien, avec toute l’énergie qu’il peut déployer, car comme disait une très grande comédienne française : « le cinéma, c’est la vie » ! Et Moretti d’en donner une leçon plus que réussie, d’autant qu’il choisit « d’enfermer » son récit dans une boucle de film : au début, une imitation de nanar italien et à la fin, un brûlot politique engagé ; entre ces deux moments de cinéma, la vie tout simplement…

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Une semaine de films – du 20 au 26 février 2012

Posted by Axel de Velp sur 28 février 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film….

Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question…

Lundi 20 février

Ip Man (réal. Wilson YIP Wai-Shun, 2008)

Grand succès Hong-Kongais de l’année 2008, le film retrace une période de la vie du grand maître Ip, avant qu’il n’ouvre son école personnelle (et ne devienne, entre autres, le maître de Bruce Lee) et il s’attarde sur deux moments clés de sa vie. Avant la Seconde Guerre Mondiale et pendant l’occupation nippone de la Chine. A ce moment là, Ip Man est désigné simplement comme un (grand) maître des arts martiaux, mais il n’a aucune école et ne forme aucun disciple. Ne manquant de rien, bien qu’il ne soit pas aisé de comprendre d’où lui vient son aisance personnelle, le maître passe son temps à se battre en répondant aux défis qui lui sont lancés et à ménager son épouse qui voit d’un mauvais œil ses constantes rixes (du moins jusqu’à ce que l’une d’elles mettent à mal le mobilier de la maisonnée…). Vient alors l’occupation par les troupes japonaises et la lente mais inexorable descente dans la misère de la famille du maître. Pour aider les siens à survivre, il va donc chercher un emploi, puis participer à un tournoi d’art martial organisé par l’occupant, avant d’entraîner les ouvriers d’une usine locale à se défendre face aux brigands chinois qui cherchent à tirer profit des désarrois liés à la situation de guerre. Finalement, le film sur Ip n’est qu’un prétexte pour un exercice de propagande comme les films chinois en connaissent depuis plusieurs années, avec revalorisation des traditions séculaires (les arts martiaux) et nationalisme exacerbé antijaponais (bien que le film se décharge de toute connotation communiste, quoique le personnage qui est « de mèche » avec l’occupant est un ancien fonctionnaire de police, donc représentant du système anti-communiste pré-guerre).
Cependant, et malgré un charisme moins impressionnant de l’acteur principal que celui de Jet Li ou d’autres stars du cinéma de Hong Kong, le film propose des scènes de combat très impressionnantes et particulièrement bien filmées. Rien de très étonnant non plus à cela dans un cinéma rompu à cet exercice. Au final, je recommanderais ce film à tout amateur de films du genre, et un peu aux autres, car la reconstitution historique est assez qualitative.

Source Code (réal. Duncan Jones, 2011)

Le réalisateur du très remarqué Moon (quoiqu’à mon avis un brin surestimé), Duncan Jones, récidive dans le genre de la science-fiction avec un film sur le voyage temporel. Si les deux films proposent des structures narratives similaires autour de la répétitivité d’une tâche, ils ne les abordent pas conceptuellement de la même façon et pour des questions de récit. Moon travaillait sur la lenteur, l’isolement, la routine, alors que Source Code est dans l’urgence, le fouillis et la recherche de « l’intrus ». Malheureusement, j’ai envie de faire les mêmes reproches que je faisais à Moon à ce film ci. Je trouve que Jones manque d’esprit de perfection. Il nous perd dans des scènes secondaires dont l’intrigue principale pourrait très bien se passer et ne les justifie pas non plus par un quelconque service au déploiement d’une psychologie des personnages ou de leurs motivations profondes. Pour ce film-ci, cela vient alimenter une bluette insignifiante, prétexte à l’insert d’un rôle féminin dans ce film pour public masculin, ou encore les affres d’un vétéran envers la figure tutélaire du père (quid de la mère dont il n’est jamais fait mention de tout le film et qui décidément en dit long sur l’image de la femme chez Jones – image déjà pas très reluisante dans Moon soit dit-en passant…). Cela étant, le film reste divertissant et relativement prenant, jusqu’à la fin qui travaille sur les univers parallèles si chers à tous les scénaristes de films sur les voyages temporels.

Highlander – Soif de vengeance (réal. KAWAJIRI Yoshiaki, 2006)

Réalisateur des excellents Wicked City (1987), Demon City Shinjuku (1988), Cyber City Oedo 808 (1990), Vampire Hunter D: Bloodlust (2000) et bien évidemment Ninja Scroll (1993), KAWAJIRI reprend ici la saga Highlander, épaulé par un des scénaristes de la série, David Abramowitz. Malheureusement, l’héritage d’une telle franchise est lourd à porter et l’on sent bien que de nombreux films et saisons préexistants compromettent grandement l’originalité d’un tel sujet. Comment ne pas sentir mille références au film originel et à toutes ses séquelles dans le scénario convenu que Abramowitz donne à KAWAJIRI à mettre en images. Le problème n’est d’ailleurs pas tant dans la référence (cela peut toujours permettre d’approfondir une idée, un point de vue, mais il n’en est cure ici), que dans la platitude des enjeux dévoilés. Finalement KAWAJIRI, qui d’habitude sait si bien s’intéresser aux personnages torturés et complexes, donne corps à un héros monolithique, à peine capable d’enchaîner plus de trois mots ou émotions différentes.
Sorti de ce récit, dont la narration faussement déstructurée en multiples flash-backs peine à le rendre intéressant, il ne reste que « l’enrobage » à examiner. La musique, elle aussi, est tellement ancrée dans l’univers référent que cela en devient risible (les riffs de guitare « semi hard » rappellent péniblement la bande son originelle de Queen). Le chara design est proche de l’esthétique habituelle du cinéaste, mais là encore on sent une influence américaine pas toujours très heureuse. Les layouts sont parfois un peu grossier, en particulier lorsque trop de CGI viennent s’intégrer à l’image, travail que les studios japonais ont toujours eu du mal à réaliser avec succès (à l’exception peut-être de Gonzo, sous l’influence de MAEDA). Heureusement, l’animation est d’une très grande qualité, en particulier les scènes de combat, toujours réputées chez le cinéaste, qui sont très réussies : dynamiques, fouillées, précises et virevoltantes.

Mardi 21 février

The Company Men (réal. John Wells, 2010)

Producteur, scénariste et réalisateur de séries TV (Urgences, À la Maison blanche), John Wells marque avec ce premier film son passage au cinéma avec une certaine qualité. Le film traite de cols blancs américains, plutôt aisés qui vont connaître les affres de la crise de 2008 et leurs vies vont en subir les frais (tragiquement pour certains). Le casting alléchant (Tommy Lee Jones, Chris Cooper, Kevin Costner et, le-pour-une-fois-passable, Ben Affleck) remplit son rôle, même si l’on sent poindre une certaine lassitude, par exemple dans le jeu d’un Tommy Lee Jones, dont le regard de chien battu est utilisé plus que de mesure. La mise en scène n’est pas particulièrement inspirée mais elle reste de qualité et quelques plans élégants mettent bien l’image au plein service de son sujet (ce très beau plan, où Affleck se retrouve « abandonné » en plein centre d’une ville, qu’il n’arrivera pas à « conquérir » ; ou encore l’aseptisation toute particulière des bureaux de la company, qui la fait ressembler à mille autres et en même temps ne fait d’elle qu’une coquille transparente où viennent se jeter la vie de ses employés). Le film malheureusement n’évite pas certains écueils propres à son sujet et l’on ne peut s’empêcher d’avoir un peu de mal parfois à éprouver une grande empathie pour ces cadres supérieurs qui doivent abandonner les « privilèges » de leur classe ; mais la souffrance de chaque personnage est suffisamment réelle pour qu’elle ne devienne pas ridicule ou déplacée. Bien entendu, la réalité d’un message qui serait que le travail libère l’homme est présente et sa « noblesse » n’est plus à défendre mais on a l’impression que le film ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes.
Finalement, on peut regretter que le cinéaste ne se soit pas plus attardé sur le personnage incarné par Chris Cooper, qui, de soudeur de navire au début de sa carrière, finit (avant d’être licencié) par avoir un poste d’exécutif très haut placé. On aurait aimé mieux comprendre le désarroi de cet homme vieillissant, vraisemblablement marié à une femme alcoolique (le film n’est pas plus explicite là-dessus), dont les repères se perdent et dont la vie vient à ressembler à celle d’un fantôme traînant sa mallette de bar en bar, parce que sa femme ne veut pas que le voisinage apprenne sa mis au banc de la société. Quid de ses angoisses profondes, au-delà de ces quelques informations parcellaires, et qui le pousseront vers le geste fatal ? Quid de la dérive de sa famille qui avait certainement tout pour être heureuse… ou bien ? Le film finalement ne s’attarde que peu sur la nature véritable du bonheur, il ne cherche pas en comprendre les tenants et les aboutissants, juste quelques uns de ces symptômes. Les personnages de cette farce triste finiront plus ou moins par retourner à l’ordre du monde tel que le veut la société américaine et son monde de consommation. Ont-ils grandi entre-temps, de par la parenthèse de réalité, que les aléas économiques du néo-libéralisme les ont contraint à expérimenter ? Rien moins sûr et John Wells ne nous donne que peu de signes quant à cette possibilité, si ce n’est le désarroi du personnage de Tommy Lee Jones qui ne comprend pas ces exécutifs, qui mettent au-dessus de la vie de ceux qui travaillent pour eux leur confort et leur rêves de grandeur, incarnés dans un projet de nouveau bâtiment de la compagnie en crise. Seul autre signe évident de la compréhension de la place de l’humain dans le monde et de la valeur de son travail : le souhait de redonner vie à un chantier naval dans un Boston en pleine déliquescence de son tissu ouvrier (la participation d’Affleck à ce film tient peut-être à ça, lui qui est toujours très attentif à l’image et la promotion de la ville où il a grandi).

Mercredi 22 février

The Hangover – Part II (réal. Todd Phillips, 2011)

On ne change pas une équipe qui gagne et une formule qui a porté ses fruits… Et pourtant, il faudrait peut-être. Car, même si le film est par moments assez drôle, même s’il ne cherche pas forcément à être « encore plus extrême » que le premier (quoique…), The Hangover – Part II manque de cet esprit fou inattendu qui avait fait le succès du premier opus. Le dépaysement thaïlandais fonctionne, mais il est, au même titre que Vegas, un simple plateau de jeu où viennent s’ébattre les personnages principaux de cette comédie déjantée. Sorti des habituels clichés sur la drogue, le tourisme sexuel et l’exotisme, point de propos un tant soit peu original sur cette « intrigante » Asie (sic !). Alors on pourrait bien évidemment me reprocher de vouloir trop d’ambition pour le film, mais l’adéquation parfaite du sujet du premier (identique au second) et de sa localisation géographique dans la Capitale du Vice avait au moins l’avantage d’accompagner la logique « jusqu’au-bout-iste » du film. Le travail sur des personnages, dont on connaît déjà les travers et les ambiguïtés, problématiques déjà bien exploitées initialement, ne peut plus donner lieu à beaucoup d’approfondissement ou de révélation dans ce contexte là.
Deux choses extérieures au film mais contingentées au moment de sa production, rendent sa lecture contextuelle plus « intéressante », à défaut de le rendre lui-même plus captivant. La première tient dans le fait qu’entre les deux Hangover, Todd Phillips va réaliser un film Due Date (2010) qui met en scène un personnage interprété par Zack Galifianakis (le doux dingue) dont la parenté est bien évidemment à aller chercher du côté de son personnage dans le premier Hangover. On peut dire que Due Date est sa suite logique, véritable et même congénitale. On peut d’ailleurs se rendre compte que Phillips abandonne la bande de copains pour se concentrer sur un duo, qu’il travaille plus profondément les questions ambiguës soulevées par le film précédent (comme l’homosexualité latente entre les deux héros, sujet qu’il abordera à nouveau avec une trop grande légèreté dans le second Hangover) et qu’il abandonne aussi le tropisme quasi-unique de la localisation géographique pour un road movie (acceptant ainsi également une parenté plus affirmée avec le buddy movie). Lorsque le cinéaste s’attaque au second film sur les débauches, on sent bien qu’il n’est plus que dans une logique de suite, sans ambition, et que, en dehors de ses personnages récurrents, on pourrait bien avoir à faire à un remake que le film serait quasi le même… Le même ? Pas complètement, car c’est sur ce point précis, les personnages, qu’intervient le deuxième élément hétérogène au film, la carrière du comédien Bradley Cooper. Avant The Hangover, Cooper a beaucoup joué à la télévision, et un peu au cinéma, principalement dans des seconds rôles efficaces mais pas véritablement marquant. Le succès du film de Phillips va transformer sa carrière et les films qui suivront vont accentuer cette reconnaissance professionnelle, qu’il s’agisse de Valentine’s Day, L’Agence tous risques ou Limitless. Mais se faisant, Cooper va devoir travailler son image d’acteur comme celle de quelqu’un capable d’une plus grande ouverture de répertoire actoral que celui présenté chez Phillips. On notera alors sans surprise l’édulcoration conséquente que son personnage va subir dans le second Hangover, où il ne sert plus que de faire-valoir aux autres personnages hallucinés qui peuplent le film. Il est même par moment, étonnamment pour ceux qui ont encore en tête le premier opus, celui qui cherche constamment à calmer le jeu, à résoudre les tensions et à finalement ne faire aucun véritable dérapage (si ce n’est une banale rixe de bar).

Attack the Block (réal. Joe Cornish, 2011)

Premier long métrage du réalisateur britannique de série télévisée et scénariste, Joe Cornish, Attack the Block dépeint la lutte entre une invasion d’extraterrestres et un gang de jeunes d’une cité londonienne. Le film ne se prenant pas plus que cela au sérieux, la mise en scène est efficace (la course poursuite en scooter est assez sympathique) et passe en revue tous les poncifs du genre sans jamais les traiter par dessus la jambe. Un peu de gore par-ci, un peu de suspense par là, l’obligation de dépasser les différences pour faire face à l’ennemi commun venu d’un autre monde : le spectateur est en terrain connu, un peu trop parfois. Mais l’humour est bien présent, l’usage du « slang » local efficace, les répliques fusent, les situations comiques sont bien plus légions que les horrifiques. L’écriture enchaîne les séquences, présentant parfois des scènes de contextualisation que l’enracinement des personnages dans un milieu défavorisé obligeait quelque peu, mais qui sonne malheureusement un peu faux. On appréciera, pour les amateurs de SF, l’explication inhabituelle de la présence extraterrestre, fournissant un léger sous-texte amusant, que la « tension sexuelle » entre les protagonistes principaux et l’héroïne (malgré la différence d’âge) annonçaient plus ou moins depuis le début du film…

Jeudi 23 février

L’Arnacœur (réal. Pascal Chaumeil, 2010)

J’avoue avoir été agréablement surpris par cette comédie romantique à la française, bien qu’au final le film m’a aussi quelque peu déçu. Ne proposant pas uniquement une succession de saynètes prétextes à telle ou telle situation comique (écueil de plus en plus fréquent dans la comédie française contemporaine), le film arrive à proposer une écriture rythmée et très drôle par moment, même si certaines scènes capitalisent plus sur le jeu des comédiens (Duris et Damiens en tête). Le film est une sorte de conte de fées contemporain et certains gimmicks sont clairement identifiables : des lieux « paradisiaques » (Monaco et la French Riviera), une « princesse » à réveiller de son endormissement figuratif, un prince charmant qui l’est finalement moins qu’il n’est manipulateur… Malheureusement, la mise en scène n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Usage du ralenti peu ou pas justifié, voix-off anecdotique dont le sens n’est qu’informatif et traduit le manque d’idée quant à placer ces informations dans le film lui-même… Jusqu’à la fameuse scène de Dirty Dancing qui n’est pas à la hauteur des attentes que le film construit autour d’elle. On lui préfèrera, de loin, celle où Duris s’entraîne seul dans sa chambre d’hôtel. On regrettera aussi une Vanessa Paradis peu convaincante, alors que sa carrière réduite avait su démontrer des choix bien plus judicieux et une performance d’actrice bien plus accomplie. Au final, un film quand même sympathique, pas exempt de petits défauts, mais assez réussi dans l’ensemble, et doté de quelques scènes franchement très amusantes.

John Carpenter’s The Ward (réal. John Carpenter, 2010)

Le réalisateur revient au cinéma depuis Ghosts of Mars en 2001 et sa double incursion dans la série télévisée avec les épisodes « Cigarette Burns » et « Pro-Life » de Masters of Horror en 2005 et 2006. Dire que ces dernières années, l’absence du cinéaste s’est fait remarquée serait un euphémisme, d’autant que ces plus récentes réalisations manquaient clairement de génie et d’inspiration. Il en va un peu de même lorsque l’on regarde le début de ce film, directement sorti en DVD/Blu-Ray en France et sorti que sur quelques écrans aux USA, mais la fin offre au spectateur l’occasion de réapprécier le film et sa construction. Sorte de Sucker Punch du pauvre, The Ward n’est en effet pas sans rappeler le film de Snyder dans ses postulats de départ et son casting féminin, hautement improbable. Mais la comparaison s’arrête là. Car si le film de Snyder propose sa vision toute particulière de l’esprit d’une midinette, celle de Carpenter s’en éloigne très rapidement. Assez classique dans sa construction narrative sur la plus grande partie du film, Carpenter joue avec efficacité des clichés du genre et place un certain nombre d’effets de peur et d’angoisse tout au long des couloirs et des cellules qu’occupent les pensionnaires de l’asile. Scènes de douche commune, dont on évacue rapidement toute ambigüité érotique, scène d’abus sur les pensionnaires là encore déchargée de tout « sous-texte », le film nous emmène dans des directions que les habitués du genre auront du mal, non pas à deviner, mais à en comprendre les exacts enjeux. Car à la fin du film, Carpenter dans un twist assez inattendu va nous pousser non seulement à revoir la lecture du récit du film et sa narration, mais également tous ses choix de mise en scène : pas un plan ou une idée de montage ne vient appuyer cette structure particulière dévoilée par la fin du film. Pour finir, Carpenter, malgré le côté très évident de la résolution du dernier plan du film, nous montre une dernière fois que, bien qu’en perte de vitesse, il reste un des maîtres incontestés de la peur au cinéma…

Johnny Mad Dog (réal. Jean-Stéphane Sauvaire, 2008)

Produit par Kassovitz et réalisé par Jean-Stéphane Sauvaire, dont c’est le premier long métrage, Johnny Mad Dog est un film rare. D’abord parce que c’est un film, bien que « fait » par des français, qui traite d’un sujet africain et qui est joué exclusivement par des africains. Ensuite parce que c’est un film sans concession dont le sujet, les enfants soldats en Afrique, auraient peut-être amené des choix de narration ou de récit qui auraient soit versé dans le pathos, soit dans l’à-peu-près, pire encore dans l’inexactitude. On est d’ailleurs à la fois étonné et content de l’implication importante du gouvernement du Libéria dans sa production, car on sent ici le souci, non pas d’un vérisme ou d’un réalisme qui serait déplacé, mais le souhait d’une authenticité donnée à la fiction. Et cette authenticité transparaît. D’abord dans le jeu des comédiens, enfants en tête, qui montre, avec un aplomb et un travail actoral assez réussi, la détresse de ces situations quelque soit le côté du conflit où l’on se trouve, victime ou bourreau. Ensuite la mise en scène n’est pas en reste : nerveuse, dynamique, cadres très construits, le tout appuyé par une photo qui sublime constamment la lumière des tropiques africains, la réalisation approche son sujet avec efficacité et non sans quelque effet de manière, mais jamais de façon outrancière ou malvenue. Reste un récit dont le constat est sans appel, mais qui sait à la fois replacer les responsabilités de chacun tout en montrant efficacement la spirale de la violence. Le parcours des deux héros, Johnny et la jeune fille perdue, trace des contours dans cette capitale en désolation complète, que leurs deux rencontres au début (ou presque) et à la fin du film viennent dessiner en les clôturant : les contours d’une foi en la vie, aussi mince l’espoir soit-il, et ceux d’un désespoir profond qui jette l’humain dans le chaos et l’enfer, dont il est difficile de revenir vivant, a fortiori indemne, au sens propre comme au figuré.

Vendredi 24 février

Bon à Tirer (B.A.T.) (réal. les frères Farrelly, 2010)

Dernier film des frères Farrelly, Hall Pass est finalement très décevant. Passons sur la réalisation qui n’a jamais été le ressort essentiel de leur comique, bien qu’elle ait su toujours ce mettre avec intelligence au service des situations comiques de leurs films, ce qu’elle fait ici une fois encore. Le problème vient plus des enjeux que le film soulève. En effet, il construit son statut de comédie sur deux orientations différentes. La première c’est l’habituelle gag, sketch ou scène comique, où le contexte général du film n’est pas du tout nécessaire à son bon fonctionnement et son efficacité humoristique : c’est là que le film donne ces meilleurs moments (malheureusement, car ils sont finalement indépendants de lui en quelque sorte). La deuxième orientation est l’enjeu moral du film : une fois autorisés par leurs épouses respectives à faire ce qu’ils veulent pendant une semaine, faut-il que nos héros les trompent (si une opportunité se présente) ? Et bien, oui et non. Le film ne se pose pas en lecture morale de la situation (encore heureux quelque part…), mais il n’arrive pas non plus à la gérer de façon comique. Que ce soit la scène de passage à l’acte pour l’un ou de renoncement pour l’autre, mise à part dans des adjuvants à la scène (la tante de la baby-sitter, l’ex un peu fou), le comique ne passe pas. Pour finir, là ou les frères Farrelly osaient parfois le politiquement incorrect, le final du film nage en plein « bon pensant » : ceux qui trompent sont trompés à leur tour (alors même qu’ensuite cela ne remet pas en cause leur couple et leur amour) et ceux qui ne trompent pas sont récompensés par la fidélité de l’autre. En somme le film décrit  un monde parfait et idyllique, où il n’existe pas de mauvais arrangements, y compris pour ceux qui enfreignent la morale bien pensante, donc pas de culpabilité possible (puisque, soit elle n’a pas lieu d’exister, soit l’autre nous en dédouane). Une drôle de façon de contourner les problèmes que posent la crise de la quarantaine chez les hommes WASP, sujet fondamental du film.

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2011 – Top Ten des films vus en salle

Posted by Axel de Velp sur 20 décembre 2011

Alors une fois n’est pas coutume, je vais me plier au jeu du Top Ten des films que j’ai vu en salle en 2011 (ne seront donc pas inclus les découvertes en DVD, BR ou à la télé).

Et je vais essayer de commenter mon choix par une ou deux phrases rapides, forcément réductrices, mais traduisant au maximum mon engouement pour le film.

1/ The Tree of Life (réal. : Terrence Malick)

Pour moi, l'une des plus belles affiches de cette année.

Un monument à la gloire de l’univers et un conte intimiste sur l’adolescence. Seul Malick pouvait réussir ce grand écart a priori impossible.

2/ Sucker Punch (réal. : Zack Snyder)

Zack Snyder nous propose sa vision déjantée, post-moderne et « gamer » du psychisme d’une jeune fille (laquelle ?) qui se rêve autrement qu’elle n’est… Visuellement splendide, bien plus sérieux et intriguant qu’on ne pourrait le supposer au départ.

3/ L’Exercice de l’état (réal. : Pierre Schoeller)

Sans concession sur une forme ou une autre de démagogie ou d’orientation politique, le film de Schoeller propose l’expérience politique comme voyage intime à travers les errances, les doutes et les questionnements qui font des hommes des êtres humains.

4/ Angèle et Tony (réal. : Alix Delaporte)

Quand le cinéma français sort de son nombrilisme parisien, il peut nous donner de très grands films intimes et populaires à la fois (au moins dans le discours et l’ambition – le résultat en salle c’est autre chose malheureusement…). Alix Delaporte donne ici à ses comédiens la chance d’un scénario et d’une mise en scène justes et mesurés.

5/ Drive (réal. : Nicolas Winding Refn)

Quand Refn donne à Gosling son meilleur rôle à ce jour (n’en déplaise aux détracteurs du comédien), il le fait avec l’un des plus beaux hommages aux films des années 80 de cette décennie (avec Miami Vice, bien sûr). Hommage transcendé par la Refn touch, toujours aussi surprenante quelque soit son sujet…

6/ Pater (réal. : Alain Cavalier)

Si le cinéma français est forcément trop parisien, cela ne me pose aucun problème lorsqu’il mélange l’acteur – propriétaire du VI° arrdt. – Vincent Lindon, et son rôle de premier ministre dans une séquence hallucinante de « cinéma-vérité ». Mais Cavalier ne fait pas que mélanger les réalités et rendre les frontières plus floues des limites du cinéma, il propose en plus un discours politique ! Chapeau bas, l’artiste !

7/ Winter’s Bone (réal. : Debra Granik)

Des hillbillys perdus dans leur misère et leur survie quoi qu’il en coûte (morale pour certains, pitoyable pour d’autres), Debra Granik se sert de son sujet (un thriller) pour dépeindre une Amérique que nous avons trop tendance à ignorer. Et puis la séquence de la voiture arrêtée par le shériff vaut à elle seule tous les discours sur une mise en scène magistrale !

8/ The Artist (réal. : Michel Hazanavicius)

Parce que Dujardin y fait la démonstration de son talent multiforme et déjà envisagé précédemment comme dérivant du burlesque. Parce que le cinéma est à l’honneur au cinéma. Parce que Bérénice Bejo est irrésistible. Parce que Hazanavicius fait redécouvrir le muet et le noir et blanc à tous ceux qui les auraient oubliés (à en croire le box office, ils furent nombreux).

9/ Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme (réal. : Tsui Hark)

Tsui Hark nous revient plus en forme que jamais et propose au-delà de l’éblouissant spectacle pyrotechnique une parabole ingénieuse sur la Chine d’aujourd’hui et ses nombreuses complexités. Et puis difficile de ne pas être sous le charme (comme toujours) d’Andy Lau (ci-dessus) et Tony Leung Ka Fai.

10/ Hugo Cabret (réal. : Martin Scorsese)

En un plan, Scorsese résume tout son film et son amour du cinéma. Hugo Cabret au-delà du film pour enfants réussi qu’il est, nous rappelle une autre enfance, celle du 7ème Art et nous fait comprendre que ce qui définit si bien la nature de toute chose, c’est l’innocence imaginaire de son commencement !

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