"Not a Pax Americana" – réflexions cinéphiles…

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Deux semaines de films – du 1er au 14 octobre 2012

Posted by Axel de Velp sur 2 novembre 2012

Je continue de « rattraper » mon retard. Cette fois-ci, c’est presque une dizaine de films que je vous propose. Quelques nouveautés en salles de ces derniers jours, mais aussi du plus ancien. Du film de genre, de l’humour, du drame, mais avant tout des films que je vous recommande chaudement, chacun pour ses propres raisons…

Lundi 1er octobre

Des hommes sans loi (réal. John Hillcoat, 2012)

Repéré pour son western à la très bonne réputation, The Proposition (2005), et remarqué à nouveau pour son excellente adaptation du roman de Cormac McCarthy, La Route (2009), John Hillcoat continue de s’intéresser à la part d’ombre du mythe américain avec Lawless. Il se penche cette fois-ci sur une histoire vraie de bootleggers de la Virginie dans les années de la Prohibition. Violent, rythmé, intelligent dans sa mise en scène, avec une photographie très crépusculaire, le film retranscrit à merveille ce qu’à pu être l’ambiance de cette période là. Même s’il a tendance à faire l’apologie d’une certaine forme de crime, il n’en reste pas moins critique sur les dérives de telles pratiques, mais surtout sur les dérives de ceux qui sont censés faire régner la loi. Tout l’enjeu du film se situe dans cet affrontement entre deux conceptions de la loi et de la liberté, et dans l’affrontement extrême qui en résulte. Les hommes sans loi évoqués par le titre ne sont pas cantonnés à ceux qui l’enfreignent, bien au contraire. La déchéance d’une Amérique qui ne sait plus comment traiter son mal-être et en vient à recourir à la Prohibition, est le lieu idéal pour concrétiser le désir de violence et de mort de ceux qui possèdent un semblant de pouvoir, qu’ils soient flics ou voyous. La force de la véracité de l’histoire tient dans son dénouement. La scène quasi-finale de règlement de comptes entre flics et voyous sert de catharsis à l’expression d’une violence plus ou moins sourde et permet à l’histoire de reprendre son cours normal, d’autant que la Prohibition sera abolie très peu de temps après. Pour le casting, on notera avant tout les excellentes prestations de Tom Hardy et Guy Pearce, ou celle plus discrète de Gary Oldman, qui toutes trois occultent largement celle de Shia Labeouf, assez fade et peu convaincante.

Mercredi 3 octobre

Un plan simple (réal. Sam Raimi, 1998)

Revoir ce film après tant d’années est toujours un réel plaisir. La qualité de l’écriture, l’engrenage diabolique de l’appât du gain sur la psychologie et les motivations des personnages est toujours d’une efficacité redoutable. Si Raimi dénonce ici les travers d’une Amérique cupide, il le fait avant tout par le prisme d’une Amérique abrutie par le délaissement de ses campagnes profondes et de la fin annoncée du rêve américain, qui pousse les protagonistes de ce drame à agir comme ils le font. Le casting est convaincant (remarquable Billy Bob Thornton), et si l’on peut reprocher au cinéaste une certaine forme de misogynie dans cette histoire de « mecs », les actrices accomplissent néanmoins à merveille les rôles qui leur ont été confiés. La mise en scène comme à son habitude chez Raimi est très inspirée, la photographie est splendide, en particulier dès qu’il y a un peu de soleil sur la neige et le film se moule parfaitement dans cette imagerie américaine de petit coin de (faux) paradis perdu, hors du temps et de la réalité. Mais l’argent, la violence qui l’accompagne (et pas seulement celle qui va exploser parmi les protagonistes mais aussi celle figurée par l’argent lui-même – enlèvement, mafia ?), le chômage, la perte des idéaux et des espoirs de jeunesse, sont autant de révélateurs que ces « paradis perdus » le sont vraiment et pour toujours et qu’ils doivent maintenant réintégrer la réalité d’une Amérique en crise sur ses valeurs, au crépuscule du XXème siècle…

Jeudi 4 octobre

Les Enfants loups, Ame & Yuki (réal. HOSODA Mamoru, 2012)

HOSODA a déjà une carrière bien remplie : animateur ou animateur-clé sur de nombreuses séries à succès et parfois réalisateur de nombreux films à licence (One Piece, Digimon, Samurai Champloo), il est connu depuis quelques années en Occident pour ses deux précédents films, La Traversée du temps et Summer Wars. Avec ce dernier film, le cinéaste explore encore le fantastique : des enfants-loups nés d’un père lycanthrope, mort peu de temps après leur naissance, sont élevés par leur mère seule. Son humanité « simple » à elle la désarçonne quant à la marche à suivre pour s’occuper de sa progéniture. Après avoir tenté de survivre en milieu urbain, elle comprendra que la seule solution réside dans l’ostracisme relatif en partant s’exiler à la campagne. Là-bas, les enfants découvriront en même temps que la nature, la véritable dimension de leur capacité de métamorphose. Viendra alors le temps de faire des choix. Devenir pleinement humain, en reléguant sa nature de loup au second plan, ou bien faire le choix inverse… Outre une animation toujours aussi fluide et une mise en scène rythmée, le chara design est toujours dans la même ligne esthétique que celle des films précédents du réalisateur. Personnages longilignes, traits fins et subtils, la délicatesse du dessin et du design en général se retrouve également dans l’écriture. Souvent en non-dit et en silence, la psychologie des personnages évolue au fil du temps qui passe. HOSODA le dépeint d’ailleurs avec merveille en peignant la vie à la campagne, avec ses langueurs, sa dévotion à la terre et à ses occupations. Sans perte de rythme, le film nous emmène sur une allégorie de l’adolescence et de ses questionnements, ainsi que de la place de chacun dans la société des hommes (ou pas) !

Después de Lucia (réal. Michel Franco, 2012)

Film mexicain, dont l’intrigue se passe dans la bourgeoisie aisée, Después de Lucia raconte la lente descente aux enfers d’une jeune fille qui a perdu sa mère et va vivre avec son père à Mexico. Elle se retrouve victime d’abus et harcèlement de la part des autres élèves du lycée qu’elle fréquente, à tel point que cette situation entraînera plus d’un drame. La violence des situations et leur naturalisme donnent au film une force quasi hypnotique et en même temps très dérangeante. Tous les personnages font sens, y compris dans la circulation de leur motivation : le jeune garçon, qui avant l’arrivée de l’héroïne était le souffre-douleur, participera allègrement à son « bizutage » extrême, avant d’être le premier à se dénoncer lorsque les autorités parentales interviennent. Par ailleurs, l’intrigue ne fonctionne pas vraiment sur un principe de suspense, mais le spectateur est néanmoins fasciné par ce qu’il advient sous ses yeux. Cette captation est en grande partie due à la mise en scène. Franco privilégie les plans longs, enfermés, la caméra posée et très peu mobile. Il laisse le temps aux comédiens d’installer leurs personnages à l’écran, de leur donner corps (la manière de les filmer est ici importante). Le jeu d’acteur et la caméra ne cesse de montrer les corps comme des extensions des problèmes psychologiques que les personnages rencontrent : impossibilité de rester en place, tics, procrastination, souffle lourd d’une respiration haletante… Le titre renvoie à l’absence de la mère, qui est la seule personne omniprésente du film. Dans le long plan de début du film où le père et la fille font le trajet en voiture, son absence/présence est immanquable, comme le sera celle de la fille dans le long plan final sur la barque. La mort de l’être cher, qu’elle soit réelle, supposée ou à venir, occupe la place centrale de la construction scénaristique et de composition du cadre et des mouvements de caméra. Par ailleurs, cette focalisation sur un événement particulier à filmer, quitte à l’étirer au maximum (comme la scène de la barque ou celle du viol dans la salle de bains), montre toute la résolution des personnages à aller jusqu’au bout de leur logique personnelle. Les comédiens ne font jamais défaut aux ambitions du film, les deux rôles principaux en tête, mais aussi le casting des jeunes lycéens qui est à particulièrement réussi.

Samedi 6 octobre

Savages (réal. Oliver Stones, 2012)

Lorsque l’on regarde Savages, on ne peut s’empêcher de se dire que Oliver Stone est un cinéaste constant et dont l’âge et la durée de sa carrière n’ont finalement que peu d’effets sur la force et l’intelligence de son cinéma. Même si Savages n’est pas un film inoubliable, il n’en reste pas moins très plaisant. Qualité de la mise en scène, du rythme de l’écriture, photographie travaillée (voire maniérée mais tellement réussie), le film accumule les « bons points ». Stone n’a pas perdu de sa nervosité et de sa violence visuelle et l’on sent poindre les héritages évidents de U-Turn ou Natural Born Killers, en moins réussi cela dit. Les comédiens sont efficaces, en particulier les seconds rôles (Benicio del Toro, Salma Hayek, John Travolta) qui réussissent, l’espace de scènes qui leur sont consacrées, à voler la vedette au trio plus fade, qui compose les trois personnages principaux. Si l’intrigue n’est pas particulièrement originale et l’usage d’un vrai-faux twist de fin un peu attendu et éculé, on appréciera en revanche les nombreuses références cinématographiques qui peuplent le film, tant sur le plan visuel que sur celui du récit.

Dimanche 7 octobre

J’irai dormir à Hollywood (réal. Antoine de Maximy, 2008)

Version « grand format » de l’émission télévisée « J’irai dormir chez vous », le film d’Antoine de Maximy propose dans un étirement constant son principe de découverte d’un pays et d’une culture en allant à la rencontre des autres et en s’imposant chez eux (quitte à se casser le nez à l’occasion), pour mieux les connaître et les découvrir. Si le principe fonctionne assez bien sur une émission à la temporalité réduite et pensée donc pour, il n’en va pas exactement de même dans le cas présent. Le choix de l’Amérique eut pu semblé un choix intelligent, étant donné la grandeur du pays et la diversité des personnes et des parcours que l’on peut y croiser, mais de Maximy semble néanmoins quand même sauter de saynètes en saynètes, sans jamais trouver d’autre liant que sa propre personne. Travaillant parfois sur et parfois à l’encontre de certains clichés, il n’enfonce finalement que des portes ouvertes (c’est le cas de le dire) et à l’exception de celle de George Clooney, toutes semblent bien vouloir s’ouvrir à lui. Il est intéressant de noter que le seul échec de demande d’hospitalité présenté dans le film soit celui-là. Il y a des choses que l’Amérique ne partage pas et celle de l’opulence et de la désinvolture de ses stars en est certainement une. Finalement sans s’en rendre compte peut-être vraiment, de Maximy termine son film sur une posture bien plus politique que d’autres plus évidentes tout au long du film. La rencontre finale avec le SDF de la plage de Los Angeles résume assez bien l’Amérique d’aujourd’hui et les fossés qui existent en son sein, mais elle ne permet pas de mettre en perspective toute l’étendue des différences qui peuplent ce pays.

Mercredi 10 octobre

Resident Evil Retribution 3D (réal. Paul W. S. Anderson, 2012)

Un peu idiotement, je suis allé voir ce dernier opus de la saga cinématographique Resident Evil, sans avoir visionné le précédent. Étant donné que le film se permet de reprendre l’action exactement là ou celui d’avant s’était arrêté, j’avoue avoir été un peu décontenancé. Cependant, très vite le film met en place un résumé et le spectateur distrait comme moi retrouve très vite ses marques. C’est une caractéristique habituelle finalement de ces films de franchise que de tous se ressembler alors même qu’ils se suivent ou se précèdent (selon les choix des scénaristes). Les situations et les enjeux scénaristiques sont relativement interchangeables. Le plaisir à prendre devant eux relève alors de deux points particuliers. Premièrement, leur capacité à satisfaire les fans de la franchise dans l’exploitation de situations attendues (c’est le cas dans ce film là). Deuxièmement, une mise en scène de qualité dans le genre précis du film. Avec Anderson aux commandes, je dois avouer que j’étais assez rassuré avant même de voir le film. J’ai déjà évoqué dans mes chroniques tout le bien que je pensais de ce talentueux faiseur de films de genre. Retribution ne m’a pas déçu sur ce point précis. Quelques scènes m’ont particulièrement séduites : la bataille à mains nues dans le couloir futuriste, à la sortie de la zone de Tokyo, la course poursuite dans Moscou, la scène finale sur le lac glacé, en particulier le plan magnifique de la pyramide de zombies amphibies venant des profondeurs glacés…

Soul Kitchen (réal. Fatih Akin, 2009)

Comédie dramatique assez réussie, Soul Kitchen s’éloigne néanmoins des préoccupations habituelles de Fatih Akin. Si le film prête plus à sourire qu’à franchement rigoler, c’est peut-être parce qu’il hésite constamment à se placer dans sa double appartenance de genre. Pas assez drôle par moments, le film n’arrive pas non plus à nous faire croire suffisamment au sérieux de certaines situations, car leur résolution est bien trop peu « réaliste ». Le casting est cependant de grande qualité et l’on s’étonne toujours devant ces films allemands où les comédiens sont irréprochables, de ne pas profiter d’eux plus souvent. La photographie de Hambourg magnifie la ville et la réalisation est elle toujours aussi inventive, malgré un léger essoufflement sur quelques gimmicks de caméra un peu trop utilisés par le cinéaste. En revanche le travail sonore du film est exemplaire et la bande originale, un réel plaisir pour les oreilles (et la bonne humeur) !

Dimanche 14 octobre

Zazie dans le métro (réal. Louis Malle, 1960)

Revu pour la première fois depuis plus de vingt ans, je dois reconnaître que mes souvenirs du film n’étaient pas très nombreux et précis. Néanmoins, j’ai tout de suite retrouvé la magie, l’humour si particulier et le caractère « foldingue » de ce film hors du commun. Troisième film de fiction du cinéaste, adapté du roman de Queneau, Zazie dans le métro reste encore aujourd’hui un film d’une rare intelligence et d’une grande force comique (autant avec les petits que les grands). Il nous propose un voyage dans l’imaginaire enfantin confronté au monde incongru et pittoresque des adultes. Mais il est aussi une critique satirique de la vie parisienne à la fin des années 50, et il n’hésite pas à dépeindre une insouciance mêlée à des restes de nostalgie de la Seconde Guerre Mondiale, qui ne signifient rien pour une enfant de 12 ans. Ce qui intéresse Zazie, c’est le métro : symbole d’une fausse modernité, qu’elle voudrait prendre en marche, mais qu’une grève est venu immobiliser. Elle finira par apprendre la douce folie du monde adulte, au travers des errements amoureux de son oncle et de plein d’autres personnages alentours. Par une mise en scène très rythmée, un montage assez nerveux pour l’époque, une direction d’acteurs exemplaire, avec un jeu plutôt loufoque, Malle donne naissance aux personnages de Queneau. Il est aidé en cela par une distribution de qualité, comme la France pouvait en fournir dans ces années-là : Philippe Noiret y apparaît dans l’un de ses premiers rôles au cinéma et déjà l’on peut sentir chez lui une présence à l’écran remarquable et la grande diversité de son jeu.

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Trois semaines de films – du 9 au 29 juillet 2012

Posted by Axel de Velp sur 4 août 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Ah les vacances… ! Je réunis donc trois semaines de visionnages de film en un post pour me rattraper sur mon retard. Les vacances n’étant pas encore terminées (je ne m’en plains pas d’ailleurs), le rythme risque de continuer à ralentir encore un peu. Mais la diversité reste de mise pour un été 2012, qui réservera, je pense, plus de surprises sur le petit écran que le grand. Qu’importe, l’important c’est de s’enrichir visuellement, quel que soit la méthode. Profitez bien du beau temps, si vous en avez, et n’oubliez pas quand même de vous perdre dans un film ou deux, les vacances c’est aussi fait pour cela.

Lundi 9 juillet

Dark Shadows (réal. Tim Burton, 2012)

Avec Dark Shadows, on pourrait croire que Burton revient à ses premiers amours. Ambiance gothique et monstrueuse, romance impossible, personnages hauts en couleur, mise en scène baroque et kitsch en même temps, univers barré et fantastique mais séduisant et parfois amusant… Burton ne fait d’ailleurs pas que retrouver le chemin et les inspirations qu’il avait perdu (selon moi) avec La Planète des singes, Big Fish ou encore Alice ou Charlie et la chocolaterie, il sait aussi quelque peu se renouveler : Dark Shadows parle et met en scène le sexe comme rarement Burton ne l’aura fait auparavant. Le spectateur peut donc s’enthousiasmer face à ces annonces de retrouvailles, enrichies et augmentées, avec le cinéaste perdu en chemin. Seulement voilà, l’école buissonnière qu’a suivie Burton ces dernières années, n’avait pas fait que le détourner de ses thématiques et figures stylistiques, malheureusement elle a aussi émoussé son sens de l’écriture et de la mise en scène. Combien de personnages secondaires, attachants au demeurant, mais dont on aurait pu se passer dans ce dernier film, tellement ils sont peu travaillés ? Combien de lenteurs et de lourdeurs, y compris dans son renouvellement : la scène de « cul » entre Johnny Depp et Eva Green est à ce titre exemplaire, excellente idée, bien mise en scène, drôle et irrévérencieuse, elle est malencontreusement bien trop longue et répétitive… Et cette dégradation se retrouve dans la mise en scène : la scène du bal (avec la présence anachronique, de par son étrangeté, d’Alice Cooper à l’âge qu’il a aujourd’hui replacé dans les années 70, alors même que le film ne propose aucune lecture de l’idée de la star de rock’n’roll comme icône immortelle), cette scène est d’une mollesse accablante et la caméra a du mal à décoller des plans classiques d’un filmage de mauvais concert, même pas digne d’un live de MTV ! Au final, Tim Burton nous propose quelque chose de plus « Burtonien » que ses dernières œuvres mais aussi moins achevé, plus mou. Le film confirme une chose que j’ai toujours pensée le concernant : Burton est moins un cinéaste qu’un conteur…

Mercredi 11 juillet

Les Lyonnais (réal. Olivier Marchal, 2011)

Ancien flic, Olivier Marchal a toujours su donner à ses films un ton naturaliste, pour ne pas dire réaliste, aux ambiances de films de flics qu’ils dépeignent. Mais avec Les Lyonnais, le cœur du sujet change de camp et les flics ne sont plus le centre de l’histoire mais bien au contraire les voyous. Et là, malgré l’inspiration directe du livre « autobiographique » de Edmond Vidal, on ne peut pas dire que Marchal s’en tire avec autant d’efficacité que pour ses précédents films. Si Gangsters reste à mes yeux son film le plus réussi, Les Lyonnais n’en demeure pas moins un film de qualité, avec quelques scènes très bien emmenées et un casting intelligent. Le problème vient plus de la crédibilité de cette vieille rengaine d’une forme d’honneur ou de code qui régirait la mafia (quelle  qu’elle soit) : miroir aux alouettes des scénaristes de films et de romans policiers, tentative de réécriture de la vérité par ceux qui l’ont vécue, aujourd’hui il reste difficile de faire croire un instant que le milieu de la pègre ait jamais fonctionné ainsi. Cependant, le film travaille aussi bien le mythe que le réalisme et cette conjonction d’opposés donne dans l’ensemble un très bon résultat (d’autres avant Marchal s’y étaient aussi frottés, pour certains avec succès). Alors pour le plaisir de retrouver du polar français de qualité avec un casting bien choisi, pour une modernité de la mise en scène, qui ne cède en rien au trop spectaculaire, je ne saurai que trop conseiller ce film qui, pour les amateurs de polar, ne sera pas une déception, sans pour autant être la révélation de l’année.

Samedi 14 juillet

Le Château de Cagliostro (réal. Hayao Miyazaki, 1979)

Deuxième long métrage issu de la série télévisée Lupin III, elle-même adaptée du manga éponyme de KATÔ Kazuhiko, le film fut réalisé par Miyazaki pour ce qui fut sa première expérience de réalisateur de long métrage d’animation. Dans cette œuvre de commande, répondant aux exigences d’une bible scénaristique très arrêtée (comme souvent pour les longs métrages adaptés d’anime ou de manga), on peut déjà sentir poindre les particularismes de Miyazaki qui se développeront lors de sa future carrière : les inspirations internationales (qui ne manquaient pas cela dit dans la série puisque le héros est censé être le petit-fils d’Arsène Lupin) dont la plus emblématique est certainement dans le design du château lui-même dont nombre d’éléments esthétiques et architecturaux ne sont pas sans rappeler le château du Roi et L’Oiseau de Paul Grimault. Le film suit un rythme très nerveux pendant ses 100 minutes, les rebondissements sont légions, là encore dans une parenté évidente à la série, mais sans que jamais cela ne soit ridicule. L’intelligence de l’écriture d’ailleurs revient à petit à petit faire comprendre la place de chaque rebondissement par des indices préalables à leur avènement. La fin digne d’une « catastrophe naturelle » et la valeur non-pécuniaire du trésor des Cagliostro annoncent déjà les opinions environnementales de Miyazaki qui seront plus explicitement démontrées dans ses films suivants : Nausicaä, Le Château dans le Ciel, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke, etc. Le film est réalisé avec beaucoup d’audace visuelle et plusieurs séquences sont de petits bijoux d’animation, encore aujourd’hui (mention spéciale à la poursuite en voiture au début du film). Qui plus-est le film est bourré d’humour et comme souvent dans ce type de production, plusieurs niveaux de lecture permettent aux petits comme aux grands de savourer le film.

Dimanche 15 juillet

Zarafa (réal. Rémi Bezançon & Jean-Christophe Lie, 2011)

Rattrapage un peu tardif pour ce film, mais la bande-annonce m’avait à tort un peu refroidi, alors qu’en réalité le film est un petit bijou. Histoire sympathique, intelligente et bien rythmée, dessins fins, travaillés et bénéficiant d’un style bien identifié, qui donne à l’œuvre une cohérence esthétique forte, animation de qualité avec quelques scènes très impressionnantes, Zarafa est un film à découvrir pour les petits, mais aussi pour les grands. Les différents niveaux de lecture du scénario donnent à chacun matière à réflexion et à se divertir. Le film ne s’éternise pas non plus et alternent agréablement les scènes sérieuses, voire dramatiques, avec des séquences plus légères, voire hilarantes… Zarafa est l’exemple même de film français d’animation sans grande ambition, du moins sans grande opération marketing, mais qui démontre le savoir narratif, esthétique et technique de grande qualité, qui remonte jusqu’au Roi et l’Oiseau de Grimault et plus loin encore…

Toy Story 3 (réal. Lee Unkrich, 2010)

Décidément ce fut la semaine de l’animation. Que dire de ce troisième opus de la série la plus célèbre de Pixar ? Malgré la réputation déclinante du studio (certains de leurs derniers films sont quand même un cran en-dessous des précédents), malgré les nombreuses années écoulées entre cet opus et le précédent, malgré les inquiétudes qu’une telle suite pouvait soulever, il faut bien admettre que Pixar nous surprend une fois encore. D’abord, techniquement le film est une perle d’animation en images de synthèses. Le rendu des matières, textures, couleurs, est certainement l’un des plus aboutis de tous les films d’animation 3D (je ne parle pas ici de 3D Relief bien sûr), de même pour leurs mouvements. Ensuite l’intelligence du scénario, d’avoir su faire mûrir autant ses personnages que son public, est une trouvaille qui permet à tout un chacun d’y trouver son compte. De plus, comme souvent chez Pixar, le film est rempli d’humour, de tolérance, et de bonnes intentions, sans que jamais cela verse dans la mièvrerie. Que l’on soit petit ou grand, le film sait parfaitement aller nous chercher, pour nous attendrir, nous faire rire. Qui plus-est le film sait faire appel à notre culture cinématographique, le film étant rempli de clins d’œil cinéphiliques comme c’est l’habitude chez Pixar. Au final, le film clôt avec brio une trilogie du cinéma d’animation moderne et nous donne l’espoir que Pixar soit capable de se reprendre à l’avenir.

Death Race 2 (réal. Roel Reiné, 2010)

Suite à ma redécouverte du premier volet de la série par Paul W. S. Anderson, et sur les conseils d’un ami, j’ai voulu approfondir cet univers en regardant ce direct-to-video, ou DTV, (y compris aux Etats-Unis). Force est de constater que l’univers du film est bien développé (ce deuxième volet propose de voir comment la Death Race a été créée) et donne une ampleur au scénario, classique (par moments même un peu trop attendu) mais efficace dans le genre ; la présence d’Anderson en production n’y est certainement pas pour rien. Pour ce qui est du casting, bien que l’absence d’un acteur à la hauteur de Jason Statham soit un vrai manque, le reste du casting s’en tire bien. La mise en scène est globalement très moyenne, voire médiocre par moments, mais quelques scènes viennent véritablement racheter le film dans son entier. Je ne dirai pas que le film est un must-see (loin de là, même), mais si le premier film vous avait plu et que vous n’êtes pas contre un bon film de série B de temps à autre, alors il ne faut pas hésiter à vous plonger dans les joies et les violences de ce DTV fort sympathique…

Lundi 16 juillet

Les Trois Mousquetaires (réal. Paul W. S. Anderson, 2011)

On enchaîne avec le dernier film d’Anderson. Toujours dans la série B à grand spectacle, le film revient sur cette histoire très connue des Trois Mousquetaires, mais avec un environnement à la steampunk avant l’âge. Navires volants, appareillages sophistiqués, le film sort volontairement de la représentation médiévale classique pour coller à un modernisme visuel finalement assez réussi. Comme toujours chez Anderson, la mise en scène est de très bonne facture, rythmée, inventive et au service de l’action. Pour ce qui est du scénario, on a là quelque chose de pas très novateur, voire même par moments ennuyeux. Le casting fait ce qu’il peut (parfois très bien comme Christoph Waltz) mais souvent il est à la limite du correct (le très mou d’Artagnan en est l’exemple parfait). Encore une fois, Anderson signe un film efficace d’action, dans une ambiance relativement originale, mais peine cela dit à se montrer à la hauteur de premières, voire ses dernières productions. N’ayant pas vu le film en 3D Relief, je ne me prononcerai que sur ce qui semblait évident comme effets et qui paraissait exploiter essentiellement les effets de surprise et de « flêches vers le spectateur », à l’exception d’une ouverture du film en images de synthèses, très appréciables déjà en 2D et qui devait l’être encore plus en Relief…

Mardi 17 juillet

John Carter (réal. Andrew Stanton, 2012)

Réalisé par un cinéaste tout droit venu de l’animation (1001 pattes, Le Monde de Némo, Wall-E), John Carter est une adaptation des œuvres du romancier américain de fantastique et de science-fiction, Edgar Rice Burroughs. Si l’on peut reprocher au film son côté Disney (et pour cause puisque le film est produit par la société de Mickey) – costumes flashys et kitsch, décors par moments en carton-pâte, mièvrerie consommée pour certains aspects du scénario – le film n’en demeure pas moins une agréable surprise, surtout quand on repense à la campagne marketing qui l’avait entouré. Bien moins simplet qu’il ne pouvait paraître, le film prend le temps de bien exposer les enjeux de chaque faction martienne face à laquelle Carter va devoir survivre. Les effets spéciaux sont assez réussis et finalement, porté par une mise en scène classique mais redoutablement efficace, le film nous entraîne dans cette épopée martienne avec facilité et plaisir. On regrettera un casting un peu en demi-teinte, particulièrement le rôle principal qui malheureusement peine à nous convaincre, alors que le film repose largement sur ses épaules.

Jeudi 19 juillet

Moneyball (réal. Bennett Miller, 2011)

Réalisé par le cinéaste qui nous avait donné Truman Capote (avec l’excellent Philip Seymour Hoffman), Le Stratège (Moneyball dans son titre original) raconte l’épisode récent qui secoua le monde du baseball aux Etats-Unis. Moins un film de sport qu’un film sur le monde qui gravite autour d’un sport, peu connu hors des USA, Moneyball est avant tout un film sur la détermination d’un homme à changer son destin et celui de son équipe. Bien écrit, prenant, même quand on ne connaît rien au baseball, le film déploie une énergie calme et lente, portée par des comédiens efficaces et habités par leurs personnages. Qu’il s’agisse de Brad Pitt, Jonah Hill, ou dans des rôles plus secondaires Robin Wright et Philip Seymour Hoffman, le casting est réussi. Le film, classique dans sa forme, reste correct sur la mise en scène, la caméra est posée et laisse le temps aux comédiens de déployer tout leur art. Reste alors un film mineur sur un sujet peu populaire hors de son pays, mais qui a le mérite de parler des hommes qui gèrent ce sport et le font (ou pas) évoluer…

Vendredi 27 juillet

La Vie sans principe (réal. Johnnie TO, 2011)

Réalisateur de plus d’une cinquantaine de films, Johnnie TO est certainement l’un des cinéastes hongkongais les plus prolifiques de cette génération. Du polar à la comédie romantique ou loufoque, TO est un touche-à-tout talentueux, dont les enjeux scénaristiques sont toujours à la hauteur de ses recherches formelles en matière de mise en scène et de jeux de caméra. Qu’il soit question de remettre en question la manière dont le cinéma de Hong-Kong a filmé l’action avec The Mission, Running out of Time ou Breaking News (pour ne citer que ceux-là), de considérer la question des triades (la mafia chinoise) avec les deux Election, ou encore de s’intéresser aux mésaventures d’un moine repenti (Running on Karma) ou d’un couple de cambrioleurs (Yesterday Once More), TO a toujours à cœur de s’intéresser autant à la psychologie de ses personnages qu’à leurs actions et conséquences. Avec La Vie sans principe, le cinéaste s’intéresse aux effets de la crise financière sur la vie de gens plus ou moins ordinaires : un flic, une banquière et un voyou. L’objectif est de montrer comment l’appât du gain a pu, ou su, transformer la morale de vie des habitants de Hong-Kong. Alternant scènes d’une rare intelligence dans l’écriture dramatique des tensions dévoilées par cette crise et des scènes plus légères où l’humour est omniprésent (figure de style propre à TO), le cinéaste ne laisse jamais la caméra supplanter le jeu des comédiens, lui pourtant virtuose des mouvements de mise en scène. Il utilise sa capacité à étirer les plans pour laisser les comédiens évoluer, tout en hésitant pas à accentuer le rythme quand la narration le suggère, en s’appuyant sur une bande originale dont la mélodie en boucle est plus hypnotisant qu’entêtante…

Samedi 28 juillet

The Dark Knight Rises (réal. Christopher Nolan, 2012)

Que dire sur ce ratage complet ? Même si Nolan n’est pas un de mes réalisateurs préférés (bien loin de là même), je dois reconnaître que chaque tentative du cinéaste de confirmer son statut de chouchou de Hollywood me donne envie de revoir mon jugement. Je n’ai jamais boudé mon plaisir potentiel et, mise à part Le Prestige, j’ai toujours pris le temps d’aller voir en salles les films du réalisateur. Les deux premiers Batman m’avaient déçu, pour des raisons différentes chacun, mais ce troisième volet cumule les erreurs des deux précédents. Absence totale de dimension fantastique (manquement inacceptable à mes yeux en ce qui concerne le vengeur masqué), écriture brouillonne manquant cruellement de profondeur (les « mois » écoulés sous le règne de Bane n’ont aucune valeur dans le film), personnages secondaires faisant plus de la cameo qu’autre chose (à l’exception peut-être du personnage de Robin) ou bien la complète dédramatisation de la figure du méchant (la mort de Bane est complètement éclipsée dans un plan rapide et confus, alors que celle de Miranda est sur-jouée et sur-dramatisée, aux antipodes de ce que fut l’attention apportée à chacun d’entre eux dans le film). Que dire du ridicule de l’anonymat de Batman dans cet opus, où le moindre péquin peut connaître la double identité de Wayne. Mais le pire reste à mon sens l’écueil éternel des films de Nolan, son incapacité à filmer correctement une scène d’action. Que l’on regarde la course poursuite en voiture ou les combats de rue entre flics et « voyous-rebelles », tout cela est toujours aussi confus, peu rythmé, manquant cruellement de naturalisme d’un côté ou alors de souffle épique de l’autre. La caméra est souvent mal posée ou mal cadrée, le montage pas assez nerveux ou inventif et dans la scène de combat final entre Bane et Batman, quelques grossières erreurs de montage sont venus me piquer les yeux. De plus, la critique sociale du film d’une certaine forme de capitalisme sauvage (le braquage de Wall Street) est finalement évacuée comme un acte de pure piraterie financière, Nolan passant complètement à mon sens sur ce sujet potentiel. Ce troisième opus était l’occasion de pointer la toujours très ambiguë position de Batman quant à la liberté et l’ordre dans la société, faisant de lui selon les premiers comics de Bob Kane, un personnage oscillant entre le Bien et le Mal, l’Ordre et le Chaos (plus encore que la plupart des autres super-héros). Ici, il n’en est point question, Batman est soit un opportuniste vieillissant, soit un bras armé d’une certaine Justice, qui ne rend de compte à personne, au service de l’Ordre et de la Morale… Il serait opportun de considérer à quel point les films de Nolan sont des films conservateurs, voire réactionnaires, mais là c’est un pas que je n’oserai franchir ici et que peut-être un jour je creuserai, dans un post spécifiquement dédié à cette question.

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Une semaine de films – du 2 au 8 juillet 2012

Posted by Axel de Velp sur 16 juillet 2012

Je vous propose, à l’occasion, un récapitulatif des films que j’ai visionnés sur une semaine et de vous en donner une lecture, à la fois critique, partiale et plus ou moins succincte, selon ce que les films m’inspireront au fil de l’écriture de ces billets, que je souhaite les plus spontanés possible. J’espère parfois vous donner envie ou vous dégoûter, selon chacun, chacune et chaque film…
Dans la mesure du possible, je m’abstiendrais de dévoiler trop des films, sauf quand j’estimerai qu’ils font partie du patrimoine cinéphilique obligatoire (j’exagère bien entendu), ou bien lorsque mon propos ne pourrait se passer, pour être limpide, d’explications précises, ou bien aussi lorsque je n’aurai que trop peu d’estime pour le film en question.

Semaine peu riche, mais avec une belle surprise pour démarrer, car je n’aurai pas cru que le Tintin de Spielberg me séduirait autant. Le reste est inégal et peu profond, mais néanmoins divertissant, avec à chaque fois des raisons différentes !

Jeudi 5 juillet

Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne (réal. Steven Spielberg, 2011)

Après avoir vu ce Tintin « nouvelle sauce » sur mon écran HD, je regrette vivement de ne pas avoir pris le temps d’aller le voir en salles (en 3D pourquoi pas ?). Évacuons la question de l’adaptation (qui me semble être un faux problème comme souvent avec cet exercice) : je la trouve très correcte dans son respect global d’un univers, bien évidemment avec des choix de rythme et d’action qui, eux, sont quelque peu éloignés de l’univers originel d’Hergé, mais comment ne pas comprendre ces choix là. Les précédentes adaptations « cinématographiques » du petit reporter belge avaient cruellement fait sentir la rythmique toute particulière de la bande dessinée d’origine et la volonté de proposer quelque chose de plus moderne est un choix qui me semble cohérent dans une volonté à la fois de respect de l’œuvre, de son esprit mais aussi d’un jeune public différent de celui qui découvrait en son temps les aventures de Tintin lors de leurs parutions. Le film, même s’il ne colle pas exactement au récit du volume dont il s’inspire (nommément, Le Secret de la Licorne), en propose une relecture agréable et divertissante, remplie à foison de clins d’œil divers et variés à la saga d’Hergé. Pour mieux apprécier le travail des comédiens, dont il ne faut pas oublier que leur performance est présente à l’écran par la technologie, ici superbement démontrée, de la motion capture, j’ai choisi de regarder le film en VO. Si j’ai apprécié donc de pouvoir retrouver via leurs voix toute l’étendue du travail d’acteurs donné par Jamie Bell, Andy Serkis (excellent) ou encore Daniel Craig (excellent également), je dois quand même avouer que cela m’a fait bizarre d’entendre Milou se faire appeler Snowy ou bien de ne pas vraiment reconnaître les jurons et injures réputés du Capitaine Haddock. Maintenant venons au plus important du film selon moi : la réalisation. Spielberg et Jackson démontrent ici toute l’étendue de leur talent de metteur en scène. Plusieurs séquences sont de véritables scènes d’anthologie : l’évasion du bateau, la course poursuite dans la ville orientale, la bataille navale avec les pirates, mais parfois aussi quelques scènes simples et sans action : à chaque fois l’inventivité de la caméra dans l’univers en image de synthèses n’a rien à envier à un Zemeckis ou un Fincher…

Vendredi 6 juillet

Death Race (réal. Paul W. S. Anderson, 2008)

Au risque de me mettre à dos un certain nombre de mes lecteurs (mais un blog de critique entraîne aussi cela), je me vois contraint de dire d’emblée que je considère Paul W. S. Anderson comme un très bon « faiseur ». Réalisateur de films efficaces et plutôt réussis à mon goût dans leur genre (Resident Evil, Alien vs. Predator, Resident Evil : Afterlife), il est même le réalisateur d’un vrai chef d’oeuvre contemporain du cinéma de science-fiction et d’horreur : Event Horizon. Avec Death Race, Anderson signe un film d’action mené tambour battant, sans faute de rythme, porté par l’un des acteurs-stars du genre, Jason Statham. Alors si le film est un remake du Death Race 2000 produit par Corman et réalisé par  Paul Bartel en 1975 (avec Stallone dans le rôle titre), la nouvelle mouture est incontestablement plus réussie que l’original. Le scénario n’est pas particulièrement recherché mais la simplicité de sa structure permet au film de s’attarder sur ce qui fait tout son sel et son intérêt : la réalisation. Inventive, nerveuse, jamais classique, la mise en scène porte le film du début à la fin. Entre les scènes d’ouverture, dont le travail de la photo est d’excellente qualité, et les scènes de course en voitures, Anderson nous montre à quel point il maitrise son sujet. Le montage et les effets sonores sont redoutables tant ils accompagnent à la perfection le film et sa violence graphique très explicite. Pour parachever le tout, le casting est assez réussi et les gueules des comédiens secondaires sont raccord avec le sujet et son ambiance. En bref, un film de genre très réussi et que je conseille vivement, avec la réserve qu’il s’agit bien évidemment d’un film qui ne se prend pas plus que cela au sérieux et dont les ambitions se limitent à ce que ce type de film a à offrir.

Samedi 7 juillet

Star Wars Épisode I : la menace fantôme (réal. Georges Lucas, 1999)

Je n’avais pas revu le film depuis sa sortie, il y a une douzaine d’années et décidément, Georges Lucas aura réussi à me décevoir encore et encore… Passons d’abord sur le syndrôme « Star Wars prequel » qui veut que la technologie de l’époque de la trilogie des années 2000 soit plus avancée que celle des années 80, alors qu’elle se déroule plusieurs décennies avant. Si l’on comprend bien que les avancées techniques en termes d’images de synthèse sont telles que des différences évidentes allaient se faire jour, il aurait fallu faire des choix esthétiques qui auraient travaillé dans le sens inverse (à l’instar de Prometheus et de son vaisseau, en rapport avec le premier Alien). Or justement Lucas ne va pas du tout faire ce choix là, bien au contraire. L’esthétique de cette prequel est particulièrement aseptisée et beaucoup trop technologique et colorée par rapport à la trilogie originelle. Ensuite, l’écriture est ampoulée, et le choix évidemment suspect du personnage de Jar Jar Binks est une grossière erreur de « casting » ; même ma fille de 7 ans le trouvait énervant. Au final, le film se traîne et l’on peut sentir le désir de la production d’en tirer un maximum de produits dérivés dans la succession de scènes que le film propose. Heureusement, les deux épisodes qui suivront seront bien plus réussis que cette médiocre mise en bouche de l’une des sagas les plus célèbres de l’Histoire du cinéma.

Dimanche 8 juillet

L’Âge de glace 4 : la dérive des continents (réal. Steve Martino & Mike Thurmeier, 2012)

Dans mon esprit j’ai toujours opposé pour je ne sais quelle raison deux séries d’animation récentes, Ice Age et Madagascar. Comme la première est un poil plus ancienne que la seconde (ce qui explique le décalage du nombre d’épisodes), elle souffrait au départ d’une réalisation un brin moins aboutie et plus « grossière ». Malheureusement, c’est encore le cas aujourd’hui et, à l’exception peut-être de gros efforts sur le n°3, les détails au niveau du background ou de l’esthétique des personnages ont toujours été un cran au-dessous de la série de Dreamworks, qui elle au contraire a toujours été, à mon goût, moins fine et moins élaborée, en termes d’écriture que la série de la Fox (toute proportion gardée bien entendu, car on ne peut pas dire que ces séries d’animation brillent par l’intelligence ou la profondeur de leur scénario). Ainsi, je me délectais plus facilement de l’histoire des Ice Age, mais ce 4ème épisode aura eu raison de cet état de fait. Je ne boude pas mon plaisir non plus, j’ai bien rigolé devant ce film et quelques séquences (en particulier celles avec Scrat) certains ou personnages (surtout celui de la Mémé) m’ont beaucoup fait rire, mais je trouve que le film manque de souffle et de la folie qui avait fait du troisième opus un film très réussi. Reste une bonne partie de rigolade, plus sympathique que Madagascar 3, moins bien réalisée peut-être (et c’est dommage) mais quand même plus divertissante.

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